Passé le début de mois assez calme, les cinémas ont retrouvé une très belle dynamique ponctuée par une excellente Fête du Cinéma. Ils réalisent, pour la cinquième fois en 2026, la deuxième meilleure performance post-Covid.
13,04 millions (M) d’entrées ont été engrangées par les cinémas en juin 2026 d’après le CNC. Les salles françaises progressent de 14,6% par rapport à l’année dernière, et atteignent leur deuxième plus haut niveau depuis 2014, derrière les 14,1 M de 2024. Un résultat remarquable après les 15 M de mai 2026, qui constituaient déjà une performance supérieure aux moyennes post-Covid. Pour autant, la trajectoire de juin est, en de nombreux points, opposée à celle de mai. En effet, malgré certaines sorties d’envergure, le début de mois a été plutôt calme en raison, entre autres, des fortes chaleurs. Ce n’est qu’à partir de la semaine du 17 juin et de la sortie de Toy Story 5 et de Backrooms que la donne a changé. La dynamique s’est poursuivie jusqu’à la fin du mois avec rla Fête du Cinéma qui atteint son deuxième meilleur total de la décennie et, cette fois, la canicule semble avoir eu un impact positif sur la fréquentation. À l’arrivée, le premier semestre de 2026 réalise 90,12 M d’entrées, et se positionne juste en-dessous des 91,2 M de 2023, pour l’heure le meilleur résultat post-Covid. Il reste cependant inférieur de plus de 13,8 % à la moyenne 2017-2019, qui s’établit à 104,5 M de spectateurs. L’année glissante (juillet 2025 à juin 2026) pointe quant à elle à 170,96 M d’entrées, contre 171,17 M sur la période juillet 2024-juin 2025.
Au total, 52 longs métrages inédits sont sortis en juin 2026 ; 8 américains et 28 français, contre respectivement 4 et 28 le même mois de 2025. Toy Story 5 s’impose comme le plus grand succès de la période avec 2 M d’entrées, et reste pour l’instant dans les temps de passage de Toy Story 4 (2,4 M d’entrées au même stade). Il est suivi de La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer qui attire plus de 1,3 M de spectateurs, et connaît une dynamique bien atypique : après deux premières semaines assez calmes qui le portent à 620 000 entrées, le premier volet du diptyque d’Antonin Baudry a connu un rebond de 17 % en troisième semaine, qui s’est poursuivie par une hausse de 71 % en quatrième semaine et une moyenne de 43 entrées par séance, sa meilleure jusqu’alors. D’autant que le deuxième volet, J’écris ton nom, avancé au 26 juin par Pathé, a bouclé ses cinq premiers jours à 400 000 entrées et 64 e/s. L’aventure De Gaulle est donc partie sur une trajectoire inédite, et qui pourrait très bien dynamiser les salles sur tout l’été.
Au global, l’animation est en forme avec Des Minions et des monstres qui a réalisé 970 000 d’entrées pour 43 e/s en une semaine, et peut toujours espérer atteindre les quelque 4 M du deuxième volet. Du côté des indépendants, l’excentrique Jim Queen attire 170 000 spectateurs, après notamment une hausse de 30% en deuxième semaine et une moyenne de 46 e/s. En début de mois, la sortie sous visa exceptionnel de The Amazing Digital Circus : Acte final a renversé les cinémas avec 157 000 entrées en 490 séances, soit une moyenne impressionnante de 322 e/s.
Juin 2026 a également été fourni en horreur avec Backrooms qui a réalisé 860 000 entrées en deux semaines, dont un premier jour excellent à 85 e/s qui confirme l’engouement que la série avait suscité sur Internet. Autre phénomène, Obsession ne cesse de confirmer son statut de phénomène, avec une hausse d’entrées de 40 % lors de la semaine du 3 juin, et une autre de 51 % lors de la semaine du 24 juin. Le film de Curry Barker cumule pour l’instant 1,2 M d’entrées, et est bien parti pour atteindre les 1,5 M.
Qu’attendre de juillet ? Il s’agit d’un mois qui repart généralement fortement à la hausse, avec une pointe post-Covid à 18,3 M en 2023, grâce notamment au phénomène Barbenheimer. Est-ce que la fréquentation de cette année sera à cette hauteur, ou de celle de 2025, qui avait terminé à 14,3 M ? Il apparaît déjà que la Fête du Cinéma amplifie des dynamiques de bouche-à-oreille positives (La Bataille de Gaulle, Toy Story 5, Obsession…), qui peuvent continuer à infuser dans les salles tout au long de l’été. Ensuite, le calendrier de sorties est chargé, de Supergirl en début de mois à Spider-Man: Brand New Day dans les derniers jours, en passant par la version live-action de Vaiana et, bien évidemment, L’Odyssée. Le tout sans oublier Permis de détruire, On l’appelait Robin des Bois, Evil Dead Burn, The Last Viking d’Anders Thomas Jensen (première sortie du néo-distributeur Motel) ou encore De la Comédie-Française. Enfin, si l’été est généralement moins propice à l’art et essai, on notera les sorties de In Waves de Phuong Mai Nguyen, de La Chaleur de Stéphane Demoustier ou encore de L’Aventure rêvée de Valeska Grisebach, Prix du jury à Cannes.


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