Le futur Vox de Rambouillet se dessine

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Fermé le 5 novembre au soir, le cinéma historique de deux salles va prochainement être détruit pour laisser la place, en 2021, à un complexe de cinq écrans. Petit tour d’horizon du projet mené par Marie-Laure Couderc et Jean-Baptiste Brunet.

C’est un clap de fin émouvant qu’a connu le Vox de Rambouillet (Yvelines) mardi 5 novembre au soir. À l’issue de la dernière séance, il a baissé définitivement le rideau de ses deux écrans. La fin d’une ère pour ce cinéma à la façade art déco érigé dans les années 1930. Le site de 272 sièges était devenu obsolète ; il sera détruit cet hiver, après une phase de désamiantage, puis des fouilles archéologiques. La construction devrait commencer l’été prochain. En 2021 ouvrira le nouveau Vox composé de cinq salles et 592 places, réparties sur trois niveaux. « C’est notre format de cinéma habituel et celui, pour moi, de l’avenir », glisse Marie-Laure Couderc, propriétaire du fonds de commerce via C2L. C’est l’un des trois derniers établissements opérés par le réseau depuis la transaction avec UGC en avril.

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Bourgeois et contemporain

« Un gros travail a été fait avec les bâtiments de France car le cinéma est implanté dans le centre historique de Rambouillet », explique Gilbert Long, l’architecte en charge du dossier. « L’idée est donc d’ériger une sorte de maison bourgeoise dans un esprit contemporain, qui se matérialisera notamment par la toiture plissée rouge tuile. » Du bardage Reynobond (composé de panneaux en aluminium) et du béton matrice habilleront respectivement les deux autres niveaux (voir visuel ci-dessous). De son côté, l’héritage du cinéma sera incarné par les trois lettres de l’ancienne enseigne du Vox. Les deux entrées rue d’Angiviller ou via un porche rue du Général de Gaulle déboucheront sur un hall de 139 m2 donnant accès à une terrasse extérieure. Outre un vaste comptoir qui fera office aussi bien de billetterie que de confiserie, deux zones de consommation assise sont prévues. Par ailleurs, un espace vitré dédié à l’animation sera agencé dans le soubassement. Le budget sera supérieur à 4 millions d’euros.

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150 à 200 000 entrées visées

Dans le détail, les cinq salles possèderont 71, 74, 119, 139 et 189 fauteuils dont un total de 19 sièges PMR. Les écrans cinémascopes varieront entre 8 et 13 mètres de base. « Comme dans nos autres projets, nous proposons des salles avec un fort gradinage, une circulation par les côtés et un écran sol/plafond. » Concernant les spécificités technologiques, rien n’a pour l’heure été arrêté par Marie-Laure Couderc et son neveu, Jean-Baptiste Brunet, associés via la Société nouvelle des cinémas de Rambouillet, qui exploitera le site. 150 à 200 000 entrées annuelles sont visées contre les 40 000 réalisées l’an passé par le Vox.

Boucler la boucle

Ce projet ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire du cinéma de Rambouillet. L’établissement, construit en 1931, a pendant longtemps été programmé par UGC. En 1988, le groupe ferme le site qui sera repris par Claire Leluc-Deroin et Patrick Chaperon, deux associés locaux, rejoints l’année suivante par Didier Deroin. Via la société Les Vrais instants de l’image, ils exploitent le Vox ainsi que deux autres sites : le Central de Gif-sur-Yvette (Essonne) et le Normandy de Vaucresson (Hauts-de-Seine). Favorables au projet de nouveau cinéma, Claire et Didier Deroin décident, faute de budget, de vendre leur société à C2L en 2015. Une manière de boucler la boucle puisque l’exploitation revient à Marie-Laure Couderc, petite-fille de Jean-Charles Edeline, cofondateur d’UGC.