Le Chaplin, cinéma des temps modernes

Le Ciné Chaplin a renoué avec ses spectateurs ce 24 juin à 10h30 © Mélody Besset

Après de grands travaux de rénovation, le cinéma municipal de Rive-de-Gier rouvre ce 24 juin, avec 3 salles, un espace d’animation et un vrai café.

Dans la commune de la Loire, située entre Saint-Étienne et Lyon, la réouverture du Ciné Chaplin était attendue depuis presque deux ans, le temps qu’il aura fallu pour le remettre à neuf et l’agrandir. Passé de 2 à 3 salles (de 156, 77 et 47 places) désormais accessibles aux PMR grâce à un ascenseur et entièrement rééquipées (fauteuils, écrans, projection laser…), le cinéma municipal a également agrandi son hall pour y créer un espace dédié à l’animation. « Et nous avons aussi racheté le café mitoyen et percé une ouverture pour qu’il communique directement avec le cinéma, se réjouit Mélody Besset, directrice et programmatrice du Chaplin. Ce café historique du centre-ville s’appelait Le Club, et nous l’avons rebaptisé le Ciné Club Café. » 

Un élément important de la convivialité d’un établissement qui reste implanté en cœur de ville, soit un « vrai choix politique », souligne la directrice. « Notre centre-ville s’est paupérisé au fil des années. Autrefois cité industrielle, Rive-de-Gier a perdu la plupart de ses commerces de proximité et une part de son dynamisme. » Pourtant, il y a un vrai potentiel, avec 15 000 habitants sans compter les coteaux très peuplés, qui représentent un bassin de 376 000 personnes. 

Ce choix de réhabiliter l’établissement existant n’était pourtant pas évident. En effet, le Ciné Chaplin est encastré dans une roche qui, elle-même, soutient l’autoroute A47. La colline menaçant de s’effondrer, le chantier a été extrêmement lourd et complexe. Construire un cinéma neuf en périphérie aurait coûté moins cher, mais la municipalité a fait « le choix de ne pas renoncer », comme l’indiquent ses élues, et a « pris ce projet à bras-le-corps, pour proposer un équipement culturel de qualité ». La Ville a financé les travaux dans le cadre du PRIR (Programme de renouvellement urbain d’intérêt régional), avec l’aide sélective du CNC et le soutien de Saint-Étienne Métropole, du Département de la Loire, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de la Préfecture de la Loire. Mais au final, le coût du projet « a amplement dépassé les 3 millions d’euros prévus ». Comme auparavant, le cinéma est entièrement sous régie municipale et fonctionne avec cinq salariés, qui seront bientôt rejoints par deux personnes à mi-temps, pour s’occuper du café. 

Un cinéma historique transformé

Autrefois, le Ciné Chaplin s’appelait Les Variétés, dernier des quatre cinémas que comptait Rive-de-Gier dans les années 50, et qui a tenu jusque dans les années 1970. La municipalité communiste arrivée dix ans plus tard l’a racheté et ouvert le Ciné Chaplin en décembre 1982, alors mono-écran. Une deuxième salle a été ajoutée en 1995 mais, depuis, rien n’avait été rénové. « Le cinéma était devenu de plus en plus vétuste et, confronté à l’arrivée du Véo Saint-Chamond de six salles fin 2018 (à 15 km au Sud), puis du Megarama de Givors de 7 salles il y a trois ans (15 km au Nord), nous ne pouvions plus maintenir notre fréquentation », explique Mélody Besset. La directrice précise que « le projet n’est pas de développer une nouvelle clientèle, mais de maintenir nos entrées [26 000 en 2024] et un service aux Ripagériens, avec une offre généraliste et art et essai ». 
Pendant les travaux, le Chaplin a poursuivi son activité dans la salle de spectacle de la ville, en proposant 6 à 7 films par semaine. « Et si nous avons perdu nos trois labels, nous n’en avons pas moins conservé une vraie ligne éditoriale et un noyau dur de cinéphiles, et menons un travail important d’éducation à l’image – avec 14 000 scolaires par an », précise Mélody Besset, qui programme le cinéma« en toute indépendance ». 

Pas moins de 20 films sont à l’affiche pour la semaine de réouverture, dont Toy Story 5 en 3D mais aussi La Grande Rêvasion pour les plus petits, Supergirl en avant première et Persepolis en hommage à Marjane Satrapi, Michael avec une démonstration de danse et Le Garçon qui faisait danser les collines précédé d’un apéro musical, ou encore une soirée Cannes avec Le Corset et La Vie d’une femme en avant-première. Suivront des animations et rencontres pour tous les âges et tous profils, au rythme d’une douzaine de films par semaine. Le prix des places du Chaplin va de 8,50 € à 4,50 €. Mais à partir de ce 24 juin et jusqu’au 1er juillet, un tarif “spécial réouverture” de 5 € sera proposé. Le Ciné Club café, lui, proposera un cocktail spécial coco curaçao… pour la sortie de Vaiana.

Le Ciné Chaplin a renoué avec ses spectateurs ce 24 juin à 10h30 © Mélody Besset

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