La sélection cannoise à la loupe

©Mathilde Petit/FDC

[Mis à jour] Quelle présence pour les distributeurs ? Quand sortiront les films en compétition ? Quid des plateformes de streaming ? Petit tour d’horizon de la 74e Sélection officielle qui vient d’être dévoilée.

C’est un joli total de 61 longs métrages qui seront présentés sur la Croisette en Sélection officielle et dont l’identité a été révélée ce matin par Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes. 

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Des distributeurs bien placés en compétition

Sur l’ensemble de la Sélection officielle, 24 films vont se disputer la prestigieuse Palme d’or. Parmi eux, 22 sont déjà accolés à un distributeur français, avec en tête des sélections, Le Pacte et ses quatre titres (Tre Piani, Flag Day, Red Rocket et La Fracture). Dauphins, Ad Vitam, Memento et Diaphana se sont positionnés sur trois longs métrages : Lingui, Nitram et Haut et fort pour le premier, Les Olympiades, Un héros et Julie (en 12 chapitres) pour le second ; Drive my car, Tout s’est bien passé et Titane pour le troisième. Deux sociétés arrivent ensuite à égalité avec deux films dans la besace : Les Films du Losange (Bergman Island et Les Intranquilles) et Pyramide (Le Genou d’Ahed et L’Histoire de ma femme). Enfin, six distributeurs concourent avec un titre : ARP Sélection (France), Bac (La Fièvre de Petrov), Disney (The French Dispatch), New Story (Memoria), Pathé (Benedetta) et UGC (Annette). 

L’automne sera aussi cannois

Si tous les regards du cinéma mondial seront tournés vers la Croisette début juillet, on observe que la grande majorité des films de la Sélection officielle sortiront dans les salles françaises après l’été, qui aura toutefois eu son lot de beaux rendez-vous « cannois » : Annette de Leos Carax, Benedetta de Paul Verhœven et Bergman Island de Mia Hansen-Løve, et Bonne mère de Hafsia Herzi (21 juillet) et Bac Nord de Cédric Jimenez (18 août). Ainsi, pas moins de six films sont pour l’heure datés sur septembre : France de Bruno Dumont et Cette musique ne joue pour personne de Samuel Benchetrit le 1er, Haut et fort de Nabil Ayouch le 8 et Tout s’est bien passé de François Ozon, Tromperie d’Arnaud Desplechin et Stillwater de Tom McCarthy le 22. En octobre, quatre titres en compétition sortiront : Les Intranquilles de Joachim Lafosse le 20 avant le trio The French Dispatch de Wes Anderson, Tre Piani de Nanni Moretti et Les Olympiades de Jacques Audiard le 27. Six films au programme en novembre dont quatre calés le 10 : Lingui de Mahamat Saleh-Haroun, Un monde de Laura Wandel, Moneyboys de Yilin Chen Bo et l’attendu Aline de Valérie Lemercier ; suivront Julie (en 12 chapitres) de Joachim Trier le 17 puis De son vivant d’Emmanuelle Bercot le 24. Enfin, en décembre, sont pour l’instant prévus Flag Day de Sean Penn au 15 et Un héros d’Asghar Farhadi au 22. Sans dates précises mais également attendus pour le second semestre, notons Oranges Sanguines de Jean-Christophe Meurisse et Lamb de Vladimar Johansson (The Jokers/Les Bookmakers), mais aussi Blue Bayou de Justin Chon (Universal).

Rookies mais habitués

Chaque sélection permet à des cinéastes, souvent découverts à Cannes dans les sections parallèles, de se frotter pour la première fois à la compétition. Première donc pour Julia Ducournau avec Titane, elle qui avait secoué la Semaine de la Critique en 2016 avec son premier long, Grave. Révélée  par La Quinzaine des Réalisateurs en 2007 avec elle aussi son premier film, Tout est pardonné, puis passée par La Semaine de la Critique en 2009 avec Le Père de mes enfants, Mia Hansen-Løve fait son retour dix ans plus tard dans la catégorie reine avec Bergman Island. Joachim Lafosse suit un peu le même chemin avec Les Intranquilles, après avoir connu La Quinzaine en 2008 avec Elève libre et en 2016 avec L’Économie du couple, et Un Certain Regard en 2012 avec À perdre la raison. Jeune talent du cinéma indépendant américain, Sean Baker fera aussi ses premiers pas avec Red Rocket, après un passage par La Quinzaine en 2017 avec The Florida Project, au même titre que le plus expérimenté cinéaste marocain Nabil Ayouch avec Haut et fort, passé en 2012 par La Semaine de la Critique avec Les Chevaux de Dieu et en 2015 par La Quinzaine avec Much Loved. Première aussi pour le réalisateur finlandais Juho Kuosmanen, lauréat du prix Un Certain Regard en 2016 avec Olli Mäki, en lice cette année avec Compartment NO.6. Enfin, caméra d’or en 1989 avec Mon XXe siècle, la cinéaste hongroise Ildikó Enyedi fait son retour deux décennies plus tard en compétition.

Les plateformes encore absentes

« Le Festival a une règle : les films en compétition doivent sortir dans les salles françaises », a rappelé Thierry Frémaux, en préambule de sa réponse sur la non présence de plateformes. « Or, Netflix souhaite avoir des films en compétition mais sans les sortir au cinéma. Et depuis notre première expérience ensemble en 2017, la plateforme n’accepte pas de venir hors compétition et n’accepte pas les règles du Festival. Nous dialoguons pourtant et il y avait deux films potentiels qui nous intéressaient. Mais nous regrettons cette absence et cette attitude. » À voir si les négociations actuelles autour de la nouvelle chronologie des médias et les obligations d’investissement des plateformes dans la création française permettront de faire évoluer les lignes. Toujours est-il que cette année, seule Apple TV+ sera présent sur la Croisette, pour la séance spéciale du documentaire The Velvet Underground de Todd Haynes.

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