La production cinéma rattrape son retard en 2021

Le dyptique LES TROIS MOUSQUETAIRES, en tournage pendant 27 semaines jusqu’en mai 2022. ©2021- Chapter 2 – Pathé Films – M6 Films

L’étude annuelle du CNC montre qu’après les difficultés de 2020, les tournages ont été d’autant plus nombreux en 2021 qu’il fallait rattraper le temps perdu. Avec des investissements à hauteur de l’avant crise sanitaire. 

On comptait seulement 237 films français agréés en 2020 ; il y en a eu 340 en 2021, soit +13 % par rapport à 2019. Bien sûr, cette forte augmentation s’explique par un report des projets non tournés, et si l’on observe la moyenne 2020-2021, on dénombre 289 films par an. Soit un peu moins que les 300 films au cours des trois années précédant le Covid, mais un niveau tout à fait honorable.

Autre bon signe : les investissements totaux ont atteint leur deuxième plus haut niveau de la décennie. 1,1 Md€ a été investi dans la production française l’an passé, soit 24 % de plus qu’en 2019 et le plus gros montant de la période depuis 2016 (1,2 Md€). Plus de la moitié des films ont coûté moins de 4 M€, et contrairement à 2020, les films à moins de 1 M€ sont peu nombreux (25,3 % en 2021).  À l’inverse, la part des films de 1 M€ à 4 M€ et celle des films de 4 à 7 M€ atteignent un de leurs plus hauts niveaux, respectivement 38,1 % et 22,3 % de la production. Sur la moyenne 2020-2021, la part des films à moins de 4 M€ recule par rapport à 2019 et celle des films entre 4 et 7 M€ progresse.
Enfin, quatre films, tous chez Pathé, ont un devis supérieur à 30 M€ : Astérix et Obélix : L’Empire du milieu, Les Trois Mousquetaires – Milady et D’Artagnan – et Notre-Dame brûle.
Si l’on ne compte pas ces 4 derniers, le devis moyen par film est de 3,7 M€.

Une structure de financement constante

La crise sanitaire n’a pas eu d’effet majeur sur la répartition des investissements. Les chaînes de télévision ont réinjecté les sommes non investies en 2020 et assument 30,1 % des devis des films d’initiative française. Elles restent donc les deuxièmes financeurs derrière les producteurs (37,1 %). Avec un niveau supérieur à 300 M€ dès 2021, leur apport augmente de 28 % par rapport à 2019, notamment celui des télés payantes (+35 %), Canal+ représentant à lui seul 40 % des contributions des chaînes.
La part des soutiens publics (aides sélectives, soutien automatique mobilisé dans l’année et aides régionales) atteint en 2021 le plus haut niveau depuis dix ans (10 %). Après les mesures d’urgence de l’année précédente, le CNC a en effet continué d’accompagner les entreprises de production, notamment à travers des majorations du soutien généré par les entrées en salles, lesquelles ont subi les effets du passe sanitaire. En revanche, la part des apports étrangers est à son plus bas niveau (4,6 %), malgré un nombre de coproductions en hausse. 

À noter que la part des mandats (préfinancements des distributeurs salles, vidéo et exportateurs), en moyenne par film, est plus élevée qu’avant la crise (+17 % par rapport à 2019). Concernant les films sortis pendant les deux années de crise, le coût définitif moyen (coût de production + frais d’édition) a reculé, en raison de la déprogrammation des gros titres français (‐17 % entre 2019 et 2021). 

Frais d’édition des films sortis en 2020

Deux fois moins de titres sont sortis en 2020 en raison de la fermeture des salles, mais les frais moyens d’édition des distributeurs ont augmenté de 4 % par rapport à 2019. Ils restent toutefois inférieurs à 500 000 € par film. Ces frais, qui représentent 10,1 % du coût définitif d’un film, sont liés en majorité à des achats d’espaces (62,2 %), lesquels ont augmenté en 2020 de 4,2 points par rapport à 2019. La part de l’affichage ne représente plus que 36 % des dépenses, celle d’internet atteint son plus haut niveau en 2020, tandis que l’ouverture de la pub des films à la télévision entraîne une hausse de la part du média à 7,4 %.  La part des frais techniques, elle, recule avec la fin des VPF (8,6 % des frais contre 27,7 % en 2011). 

L’intégralité de l’étude est à retrouver ici

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