La majorité des cinémas du Québec rouvrent le 26 février… sans maïs soufflé

Cineplex Odeon Beauport ©Cineplex

Annoncée il y a seulement une semaine par le gouvernement, cette réouverture assortie de restrictions ne satisfait pas tous les exploitants québécois, privés de recettes confiserie.

Le premier ministre québécois François Legault a donné le 16 février le feu vert pour rouvrir la centaine de cinémas que compte la Belle Province, y compris en zone rouge où se trouvent les gros marchés de Montréal et de Québec, à partir du vendredi 26, début des vacances scolaires. Une annonce rassurante par rapport à la précédente, qui ne devait au départ concerner que les six régions classées « orange » en terme épidémique.
Passée la joie exprimée par l’Association des propriétaires de cinémas du Québec (APCQ), même si « le délai de 10 jours avant la réouverture est un peu serré », les exploitants ont assez vite déchanté face aux règles qu’ils estiment difficilement compatibles avec leur modèle économique. Car au-delà des protocoles incontournables – masque obligatoire, distanciation physique de deux mètres, capacité limitée à 250 personnes par salle – et au-delà même du maintien du couvre-feu à 20 h en zone rouge, c’est surtout l’interdiction de vendre du pop-corn qui a fait réagir les exploitants. 

Un pop-corn gate inattendu

« Nous ne rouvrirons pas si nous ne pouvons pas vendre de nourriture », a ainsi  déclaré à Radio-Canada Vincent Guzzo, président et directeur général des cinémas Guzzo, qui représentent 141 salles. Plus largement, l’APCQ a estimé que l’interdiction de la confiserie privera ses membres de 50 % de leurs revenus. Sensible à ces arguments, le gouvernement Legault a décidé de prolonger son programme d’Aide aux entreprises en régions en alerte maximale (AERAM), soit une aide allant jusqu’à 15 000 $ par mois pour les cinémas situés en zone rouge. Pas convaincant pour Vincent Guzzo, qui a répondu sur son compte facebook : « Je ne veux pas que l’argent des contribuables compense ma perte de revenus sur les produits de confiserie (…). J’attendrai que nous soyons autorisés à ouvrir en toute sécurité et à manger du pop-corn à l’intérieur. »

De son côté, le coprésident de l’APCQ, Éric Bouchard, indiquait samedi dernier sur Radio Canada que « 60 % des cinémas au Québec vont être ouverts – ou plus : certains réfléchissent encore ». Selon lui, « 15 000 $ n’éponge pas les pertes. On a pris la décision d’aller de l’avant, parce qu’on s’est dit que pendant la semaine de relâche, économiquement, on allait peut-être pouvoir y arriver. Par contre, ça risque d’être difficile après le 8 mars ».
Passée la période de vacances scolaires en effet, le couvre-feu impactera forcément l’activité.
Le circuit Cineplex a quant à lui confirmé lundi que seize de ses cinémas du Québec rouvriront dès cette fin de semaine. Dans un communiqué, le groupe a précisé qu’il se conformerait aux mesures sanitaires, dont l’interdiction de vente de pop-corn en zone rouge. « Mais nous n’avons aucun doute sur le fait que les dispositifs de sécurité que nous avons mis en place nous permettraient de le servir et de le consommer en toute sécurité », a ajouté le vice-président de l’exploitation chez Cineplex, Daniel Séguin, pour qui « les films et le maïs éclaté vont de pair ».

Des films québécois

Côté programmation, les écrans ouverts le 26 devraient faire la part belle aux productions québécoises : La Déesse des mouches à feu d’Anaïs Barbeau-Lavalette, sorti le 25 septembre, soit six jours avant la re-fermeture des salles*, et le film d’animation Félix et le trésor de Morgäa pour les familles, puis Mon année Salinger de Philippe Falardeau, prévu pour le 5 mars. Mais aussi des films français, que le distributeur K-Films Amérique attendait de sortir, notamment Slalom de Charlène Favier et Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret, tous deux nommés aux César. A l’affiche des Cineplex, on retrouvera des (super)héros tels De Gaulle et… Wonder Woman 1984
En attendant, sur le site du cinéma Beaubien, indépendant art et essai de Montréal, on peut lire le message suivant : « Il y a actuellement un nombre élevé de transactions en ligne. Merci de réessayer plus tard. » Bon signe. 

* Depuis mars 2020, les cinémas québécois n’ont opéré que pendant les trois mois d’été.

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