La FNCF regrette que « des films au potentiel mondial ne sortent pas en salles »

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Dans un communiqué, la Fédération nationale des cinémas français a réagit à l’annonce de Disney de sortir Mulan directement sur Disney Plus. À l’échelle mondiale, l’UNIC s’est également exprimée.

« Les salles de cinéma regrettent profondément que certains films, notamment à potentiel mondial, ne puissent sortir en salle en France », indique la FNCF, en réaction à la sortie directement sur la plateforme de streaming Disney Plus de Mulan, renonçant ainsi à toute exploitation en salles. « Les chiffres de fréquentation quotidiens montrent que les films, même s’ils ne sont pas assez nombreux, trouvent individuellement leur public en salle. »

La FNCF tient à remercier les distributeurs ayant confirmé la sortie en salle de leurs titres, à l’image de Tenet, « faisant ainsi le meilleur choix pour leur film et pour le public ». Elle déplore toutefois que certains contribuent à « accentuer la crise que connaissent les salles de cinéma, et plus largement notre secteur, en optant pour des modes de diffusion bien moins créateurs de valeur que la sortie en salle et très éloignés du principe au cœur du spectacle cinématographique : rassembler un public ensemble pour partager des émotions et faire vivre la culture au cœur de la cité et des territoires ».

Dans ces conditions, la Fédération réitère sa demande à destination des pouvoirs publics « pour l’adoption en urgence de mesures de sauvegarde pour les salles de cinéma qui connaissent une situation des plus catastrophiques. Les cinémas remercient les spectateurs qui sont au rendez-vous des films à l’affiche et qui se mobilisent à leurs côtés ».

Richard Patry, président de la FNCF, en appelle également à « la solidarité de la filière ». « C’est aberrant de voir que certains dans le cinéma français ont l’air de découvrir, et de reprocher, que 50 % du public vient au cinéma pour des films américains. Mais il faut savoir que c’est ce public aussi qui abonde le compte de soutien qui permet ensuite aux films français d’être produits et réalisés. Nous devons faire preuve de davantage de solidarité. »

À l’échelle mondiale, cette décision des studios Disney a également fait réagir l’Union internationale des cinémas. « Alors que beaucoup d’acteurs de la distribution ont rappelé que « nous étions dans le même bateau », les récentes annonces montrent plus que jamais que ce sentiment doit être soutenu aussi bien par des paroles que par des actes. » Pour l’UNIC, les nouveaux films doivent être d’abord projetés dans les salles de cinéma et être exploités sur une période exclusive importante, faisant, sur ce deuxième point, référence à l’accord entre AMC et Universal aux États-Unis. Ces deux éléments sont essentiels pour « la survie et la santé de l’industrie » et est « un modèle commercial éprouvé et crucial pour garantir au public puisse une vraie diversité de films ».

Alors que le cinéma est confronté à des défis sans précédent, l’UNIC martèle que les décisions doivent être prises dans une perspective à long terme. « Si nos studios partenaires obligent les salles à attendre que le secteur sorte de la crise aux États-Unis avant de fournir de nouveaux films, il s’avérera trop tard pour de nombreux cinémas européens et leur personnel. » Pour l’union, « tous ceux qui dépendent du succès de l’industrie cinématographique devraient s’engager à assurer la santé future de l’ensemble du secteur » afin qu’il se remette et ressorte de cette crise « plus forts et plus résilient que jamais ».

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