Géographie du cinéma 2020 : synthèse d’une année de crise

Le bien nommé Majestic Le Volontaire, a ouvert le 7 octobre 2020 à Remiremont dans les Vosges.

À l’occasion du congrès de la FNCF, le CNC publie son étude annuelle sur l’évolution du parc de salles et de la fréquentation. Pour une année certes particulière, mais qui permet de relever les différences, y compris sur l’offre de films, selon les régions, départements ou communes.

En 2020, 27 cinémas ont ouvert ou réouvert tandis que 31 ont fermé : ils sont donc 2 041 à être actifs en Métropole, soit quatre de moins qu’en 2019. Mais il y a un plus grand nombre de salles : dans le détail, on compte 6 127 salles, soit 13 de plus que l’année précédente. Certes, il y a eu moins d’ouvertures qu’en 2019, mais 92 nouveaux écrans ont vu le jour malgré le contexte de crise sanitaire, principalement dans la petite et la moyenne exploitation.  37,0 % des nouveaux écrans se situent dans des cinémas de 4 à 7 écrans, contre 32,6 % dans des multiplexes et 30,4 % dans des établissements de 1 à 3 écrans.
Davantage de salles donc, ce qui selon le CNC « permet de proposer une programmation plus diversifiée et d’attirer un public plus large, voire de le fidéliser » mais, pour la première fois depuis 2011, un nombre de fauteuils en recul. Alors qu’il ne cessait d’augmenter ces dix dernières années, 2020 marque la fin de cette tendance : le nombre moyen de fauteuils par salle est ainsi passé à 186 en 2020, contre 192 en 2011. 

Une baisse de la fréquentation variable selon le type d’établissement

L’étude détaille aussi le nombre de séances et le nombre d’entrées selon le nombre d’écrans… chiffres qui en 2020, sont bien sûr marqués par la chute de la fréquentation. Où il apparaît que les cinémas de 4 ou 5 écrans et ceux de 12 écrans ou plus sont les plus touchés par la crise (-72,9 %) quand ceux de 8 à 11 écrans (-65,8 %) et ceux de 2 et 3 écrans (-66,0 %) ont moins baissé.
Dans ce contexte, l’art et essai est en relative bonne santé. En 2020, 1 237 cinémas sont classés (60,6 % des établissements) contre 1 217 en 2019. Parmi eux, plus de la moitié sont des mono-écrans. Près de 40 % de la fréquentation nationale est réalisée dans les cinémas classés, et l’étude du CNC confirme que la baisse entre 2019 et 2020 y a été moins rude : – 65,5 % contre -69,4 % sur l’ensemble du parc. « Cela tend à prouver que ces établissements ont su maintenir un contact privilégié avec leur public pendant la fermeture et les faire revenir dès la réouverture », commente le CNC. 

Le public et ses pratiques

Côté public, on constate que les établissements art et essai attirent davantage le public occasionnel : c’est l’un des enseignements de l’enquête réalisée par l’institut Vertigo pour le CNC, qui détaille la sociologie des spectateurs selon leurs habitudes de fréquentation, leur âge ou leur catégories professionnelles. Il ressort notamment que les très jeunes (3-14 ans) et plus âgés (de 50 ans ou plus) sont plus nombreux dans les petits établissements, tandis que les 15-49 ans représentent près de 46 % du public des multiplexes en 2020. L’âge des spectateurs varie aussi selon la géographie : les plus de 50 ans étant plus nombreux, par exemple, dans les petites communes et les zones rurales.

Au-delà de l’année 2020, l’étude montre aussi le gros impact du pass sanitaire : interrogés deux jours avant, 50 % des spectateurs déclaraient qu’ils ne seraient pas en mesure de retourner en salles le 21 juillet. Concernant leurs pratiques, on notera que le taux de réservation à l’avance a doublé avec les restrictions sanitaires. Et aujourd’hui, près de 34 % des jeunes utilisent les réseaux sociaux pour s’informer sur la sortie des films.

La programmation en 2020

365 films en première exclusivité sont sortis dans les salles françaises en 2020, dont 195 français et 55 américains. Parmi ces films, 206 sont recommandés art et essai. Au niveau national, la part de marché des films français a été de 44,9 %, celle des films américains de 40,8 % et celle des films art et essai de 36,0 %. Avec, là aussi, des disparités selon les départements et communes : les films français font plus d’entrées dans les petites unités urbaines, tandis que l’agglomération parisienne enregistre la part de marché des films art et essai la plus élevée avec 36,8 %.

En effet toutes ces données, qu’elles concernent le parc de salles, la programmation ou le public, sont comme chaque année détaillées au niveau des régions, départements et communes. Le CNC donne aussi des chiffres sur les circuits itinérants et l’Outre-mer, sans oublier l’emploi dans l’exploitation cinématographique.

La Géographie du cinéma 2020 dans son intégralité par ici.

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