Coronavirus : Le SDI évoque les défis de l’après-crise

Un fils de Mehdi M. Barsaoui, avec Sami Bouajila et Najla Ben Abdallah. Le film, sorti le 11 mars et arrêté en plein élan, sera au rendez-vous du grand écran à la réouverture des cinémas. © Jour2Fête
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L’avancée de la fenêtre VOD, la durée de la fermeture des salles, la re-répartition du calendrier des sorties, la solidarité interprofessionnelle… Le Syndicat des Distributeurs Indépendants envisage l’après-confinement de manière constructive et optimiste. 

Pour beaucoup de distributeurs indépendants concernés, la dérogation exceptionnelle, désormais officielle, à la chronologie des médias qui leur permet une exploitation VOD anticipée de leurs films déprogrammés, est loin d’être une solution miracle. « Nous n’avons ni les mêmes types de structures, ni les mêmes types de films », rappelle Jane Roger, co-présidente du SDI, qui devait sortir Brooklyn Secret le 18 mars, sa plus grosse mise de l’année (en termes de programmation, de plan média…). Alors, hors de question pour la dirigeante de JHR Films « de noyer » son film dans la masse de l’offre VOD. Même son de cloche chez son homologue co-président du SDI et gérant de Jour2Fête, Etienne Ollagnier. Un fils du Tunisien Mehdi M. Barsaoui, que la structure venait de déployer sur 129 copies, fait partie des sorties naufragées du 11 mars. « Le film n’a eu que quatre jours de vie, déplore le dirigeant, alors qu’au terme d’une stratégie de communication de six mois, d’une centaine d’avant-premières très remplies – dont celles du Festival Télérama — , il était promis à un joli succès, avec déjà 21 000 spectateurs. » Le distributeur, qui misait entre 150 000 et 250 000 entrées, compte bien sur une ressortie du film à la réouverture des cinémas, « par respect pour l’auteur, et parce que c’est économiquement indispensable. La VOD ne peut pas remplacer ses perspectives de recettes en salle. » 

Les films reprendront leur place sur grand écran, mais dans quel ordre ? Parmi les mesures envisagées, celle d’un simple décalage du calendrier pour l’ensemble du marché nécessite adaptation et compromis de la part de tous. « Avant la fermeture des salles, on nous a demandé de jouer le jeu et de maintenir nos sorties », rappelle Jane Roger en faisant référence à la réunion du 10 mars tenue au ministère de la Culture. « Ce que nous demandons en retour, c’est d’être assurés de reprendre le calendrier là où nous nous étions arrêtés, avec des mesures incitatives voire coercitives. » La distributrice, qui ne pourra pas refaire l’investissement média déjà engagé sur Brooklyn Secret, attend aussi un coup de pouce des régies publicitaires. Et au-delà des médias importants qui ont déjà proposé des pages gracieuses, Etienne Ollagnier reste par ailleurs confiant sur le fait que les films à l’affiche au 14 mars n’auront pas disparu de la tête des gens. 

Brooklyn Secret d’Isabel Sandoval © JHR Films

Reste l’inconnue majeure de la durée de l’interruption des séances et du temps que le public mettra à retrouver le chemin des salles. « Leur réouverture sera une fête en soi », estime le co-président du SDI. « Au sein du syndicat, nous avons créé un groupe de communication. On sent une vraie solidarité de tous les indépendants dans cette phase de crise, pour partager perspectives et propositions, trouver des idées et envisager le plus sereinement l’avenir. Nous allons tous être impactés. Mais c’est aussi l’occasion de nous rendre compte des aspects néfastes de l’économie telle que nous l’avons vécue jusqu’à présent, de mettre en place une réflexion collective, partageuse et humaniste. Je veux rester optimiste : de cette crise majeure germeront, dans tous les domaines, des comportements différents et bénéfiques. »

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