Le nouveau complexe cinématographique de 3 salles ouvre ses portes ce 4 mars, sur l’emplacement de l’ancienne piscine municipale de la commune landaise.
Lorsqu’ils rachètent Le Galaxie (2 salles), en mai 2021, Romain Davoine, ancien directeur des opérations de CinéAlpes, et la famille Pfister, implantée historiquement dans les Landes, ont déjà le projet de moderniser l’offre cinématographique à Aire-sur-l’Adour. « Nous souhaitions nous agrandir, et les échanges avec le maire nous ont menés à l’ancienne piscine, qui avait fermé pendant le Covid… et n’avait jamais rouvert depuis », explique Romain Davoine. C’est donc sur une friche en cœur de ville, « à moins de 300 m d’une cathédrale du 12e siècle », qu’est lancé le projet du nouveau cinéma destiné à remplacer Le Galaxie, et dont les travaux ont débuté en janvier 2025, « après la CDACi obtenue en juin 2023 et le temps de boucler les financements et de finaliser les études ».

Une reconversion architecturale et environnementale
Si le site est acquis « pour un euro symbolique » auprès de la Ville – en contrepartie de l’engagement des nouveaux propriétaires à y construire un cinéma –, il implique des surcoûts. « Le vieux bâtiment a notamment nécessité plus de 100 000 euros de désamiantage, et quelques centaines de milliers d’euros de reprise en sous-œuvre », explique Romain Davoine, en décrivant les défis techniques que présente la reconversion d’un équipement aquatique à ciel ouvert en un ERP culturel.
En cohérence avec la vertu “zéro artificialisation des sols” de leur projet, les exploitants souhaitent construire de la manière « la moins impactante possible ». Ils optent donc pour une structure bois (murs, charpente, bardage et gradinage). Résultat : l’ancien grand bassin accueille désormais la salle principale de 162 places, la pataugeoire a laissé place à deux salles de 37 fauteuils chacune, tandis que les anciens vestiaires abritent aujourd’hui les espaces d’accueil, les bureaux et les sanitaires du cinéma. Enfin, pour compléter ses efforts écologiques, Le Grand Bain est équipé de trois projecteurs rétrofités en laser – dont les deux anciens projecteurs du Galaxie – et de 300 m² de panneaux solaires en toiture, « qui vont permettre au cinéma de produire autant d’électricité qu’il n’en consomme ».
Le budget de 3,5 M€ – dont 600 000 € d’aide sélective du CNC, 400 000 € de la Région et de 300 000 € du Fonds vert attribué par l’État aux projets “recyclant” des friches, complétés par un financement bancaire – a conduit les exploitants à réduire leur projet initial. Mais passer des 4 salles et 314 fauteuils à 3 salles et 236 fauteuils représente finalement, selon Romain Davoine, un atout qui leur a permis de « privilégier le confort ». Pratique encore rare dans la ruralité, Le Grand Bain proposera en outre le placement numéroté, de manière à conjuguer les meilleurs taux de remplissage de ses petites jauges avec le confort des spectateurs, qui pourront choisir leur place à l’avance.

Une fréquentation déjà en forte progression
Depuis la reprise du Galaxie en 2021, les exploitants ont déjà engagé un travail de reconquête du public aturin. Ainsi, à sa récente fermeture, « un peu anticipée par des problèmes de pompe à chaleur » le 11 janvier dernier, l’ancien cinéma de la commune était remonté de 11 000 entrées en 2019 à 19 000 en 2024. Dans ce Grand Bain « que les habitants attendent avec impatience », l’objectif est désormais d’atteindre 80 000 entrées annuelles, dans une unité urbaine de 7 600 habitants, mais dont la zone d’influence est estimée à 30 000 habitants. En effet, dans un rayon de vingt minutes, Aire-sur-Adour ne compte que les mono-écrans associatifs de Nogaro (au nord-est) et Garlin (au sud). Sans oublier, à 30 km au nord, le Grand Club de Mont-de-Marsan (8 salles) où Romain Davoine est associé à la famille Pfister à part égales depuis juillet 2025. Une nouvelle collaboration et des compétences « très complémentaires » dont se réjouit Romain Davoine, en saluant Benoît Pfister, sa sœur Barbara ainsi que leurs cousins Thomas et Mathieu Paul, également à l’œuvre au Grand Club de Dax, au Rex de Hossegor ou encore au Rio de Capbreton.
C’est désormais Romain Davoine qui est en charge de la programmation à Mont-de-Marsan et à Aire-sur-Adour. Au Grand Bain, elle sera naturellement généraliste et visera, avec 25 % de séances art et essai, le classement ainsi que le label jeune public. Au-delà de la modernisation des équipements, le nouveau cinéma compte faire la différence avec une politique d’animation étoffée. Le directeur Gabriel Collard, assisté de David Destouroune (déjà présent au Galaxie), peut en cela compter sur le renfort de Stephen Zanetti, médiateur culturel partagé avec le cinéma de Mugron (50 km à l’ouest). Et pour pleinement plonger dans Le Grand Bain, un tarif “découverte” à 5 € la séance est proposé durant le premier mois d’exploitation.

Plus d’infos dans le Boxoffice Pro du 18 mars 2026


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