Carlotta révèle une réalisatrice japonaise

Kinuyo Tanaka ©Carlotta Films

Avec ses rééditions d’Antonioni et de Béla Tarr, mais surtout la restauration de l’œuvre intégrale de Kinuyo Tanaka, le distributeur poursuit son travail exemplaire de (re)découverte du patrimoine… et du matrimoine mondial.  

Kinuyo Tanaka, réalisatrice de l’âge d’or du cinéma japonais, sera à l’honneur sur grand écran à partir du 16 février, avec ses six films, inédits en France et restaurés en 4K. Le succès de cette intégrale au Festival Lumière 2021 a décidé Carlotta à avancer sa sortie en salle, initialement prévue pour le printemps 2022. L’occasion de découvrir l’œuvre d’une pionnière, qui fut d’abord l’une des plus grandes vedettes du cinéma japonais, avant de mettre en scène en scène de puissants personnages féminins.

Les films de la rétrospective :

Lettre d’amour (1953)
Magnifique portrait du Tokyo d’après-guerre, le film raconte la double réconciliation d’un homme à la dérive, avec son pays et avec lui-même.

La lune s’est levée (1955)
Le parcours sentimental de trois sœurs dans un Japon qui prend doucement le virage de la modernité.

Maternité éternelle (1955)
La trajectoire d’une héroïne sublime et tragique, qui ne faiblit jamais et qui assume jusqu’au bout son désir de liberté, puis son désir tout court.

La Princesse errante (1960)
À la fois récit d’aventure et fresque historique, le film retrace la vie de l’aristocrate japonaise Hiro Saga, jeune fille de bonne famille devenue princesse en Mandchourie.

La Nuit des femmes (1961) 
Étonnant portrait de jeune femme en résistance, ballotée d’un emploi à l’autre, et menacée, à chaque instant, de retomber dans la fange.

Mademoiselle Ogin (1962)
Le dernier film en tant que réalisatrice de Kinuyo Tanaka, qui s’attaque au mélodrame en kimono, comme ceux qui firent la gloire de Kenji Mizoguchi.

Michelangelo Antonioni et Béla Tarr

Avant Tanaka, Carlotta ressort le 26 janvier, sous l’intitulé Antonioni X 2, deux films du maître italien : son premier long-métrage de fiction, Chronique d’un amour (1950), avec la débutante Lucia Bosé, mais aussi Le Désert rouge, Lion d’Or à Venise en 1964, avec sa muse Monica Vitti.
Et à partir du 6 avril, ce sera Béla Tarr, Le Maître du temps qui sera à redécouvrir au cinéma à travers trois films dont deux inédits, témoignant de la radicalité visionnaire du cinéaste hongrois. Son premier long,  Le Nid familial (1977) ; L’Outsider (1981) et le premier volet de sa « trilogie démoniaque », Damnation (1987).