Cannes 2020 : Le Festival fait le point sur son possible report

Cannes ©Mathilde Petit : FDC

Après avoir annoncé mi-mars qu’il ne pourrait se tenir aux dates indiqués, le Festival de Cannes précise aujourd’hui ce choix et répond, par communiqué, à plusieurs interrogations.

Le 19 mars, les organisateurs du festival officialisaient ce que le monde du cinéma redoutait : le report de la manifestation pour cause de coronavirus. « Le Festival de Cannes ne prend pas de décision unilatérale. Ce sont la situation sanitaire mondiale et les conditions d’un retour normal à la vie sociale et économique qui diront la vérité d’un terme qui n’est pas connu à ce jour », assurent ce jeudi les organisateurs.

Mais alors, pourquoi un report plutôt qu’une annulation ? Le Festival indique aujourd’hui que la première option est « peut-être » encore possible. Une décision également motivée par la demande des acteurs de la filière, pour qui le festival joue, au delà de sa dimension artistique et médiatique, « un rôle primordial dans l’économie du cinéma ». Et le Festival d’ajouter : « Nul ne connaît l’avenir proche mais Cannes doit travailler à des solutions avec les acteurs du secteur qui souhaitent que l’événement ait lieu. Le Festival agit donc dans cette perspective mais restera à l’écoute de l’évolution de la situation sanitaire mondiale. In fine, ce sont les instances publiques qui donneront le feu vert, comme elles nous ont autorisées à annoncer un possible report. »

La prise de position du Festival s’est longtemps fait attendre, ce qui n’a pas échappé à la critique. Sur ce point, les organisateurs expliquent que « la préparation concrète (installation, constructions, etc.) du Festival de Cannes commence un mois avant l’événement et n’avait pas débuté mi-mars. Nous avions jusqu’au 15 avril pour évaluer la situation et nous l’avons fait un mois plus tôt alors que nombreux étaient ceux qui nous appelaient à « tenir bon ». Il ne s’agit pas de tenir bon, mais d’analyser la situation avec lucidité et responsabilité ». Le Festival réaffirme également que le processus de sélection des films « se déroule normalement », malgré une évolution des conditions de travail. Depuis l’annonce du confinement, les équipes sont en télétravail et visionnent les œuvres via des liens internet.

Si l’annonce de la sélection ne se déroule plus le 16 avril, le Festival précise que, si la manifestation est confirmée pour fin juin ou début juillet, la conférence de presse « aura lieu environ un mois avant, à Paris, à une date qui reste à définir ». Par ailleurs, les accréditations restent ouvertes et sont prolongées d’un mois et demi ; celles déjà allouées sont maintenues.

Enfin, sur l’aspect illusoire d’une tenue cet été, le Festival de Cannes apporte une réponse claire. « Pour l’instant, le 2nd tour des élections municipales est annoncé pour le dimanche 21 juin et le Tour de France part le 27 juin. Donner des dates précises n’est évidemment pas encore possible. Nous avons choisi de nous positionner fin juin car au-delà n’est pas envisageable. Le confinement auquel la France, mais aussi de nombreux pays, est soumis en est seulement à sa deuxième semaine et en connaître l’issue exige un certain délai, comme il demande de la patience, de la sérénité et de la bienveillance. De la solidarité également, tant il apparaîtrait dérisoire de se pencher avec fébrilité sur les dates d’une manifestation culturelle quand le monde entier vit des heures douloureuses. Des gens comptent sur nous, du distributeur japonais au cafetier cannois et quand viendra le moment où il faudra remonter la pente tous ensemble, accueillir des festivaliers, montrer des films, rouvrir les salles du monde entier, retrouver les artistes, les journalistes, les professionnels, accueillir ceux pour qui voir la création, la distribution, l’exploitation, la production reprendre vie est important, le Festival devra être prêt. Les équipes du Festival ont le devoir et la mission de s’engager pour cela, au nom de l’ensemble de la filière internationale. »

Et de conclure : « Nous agissons dans la perspective d’un report, s’il se révèle possible. Et si ça n’est pas le cas, nous l’accepterons. Car nous agissons avec humilité et discrétion, sans jamais perdre de vue la priorité sanitaire nationale et internationale de la crise, ni la difficulté et la douleur des jours dans les hôpitaux, pour les malades et les soignants. Nous voulons exprimer notre solidarité et notre admiration envers ces derniers, comme avec tous ceux qui, là où ils sont, donnent leur temps, leur énergie, leur empathie. »