L’Alliance de Guipry-Messac fait peau neuve

© Jacky Cerisier

Aboutissement d’un projet global de revitalisation urbaine au sein de la commune d’Ille-et-Vilaine, le cinéma associatif de deux écrans rouvre ses portes ce 6 mai, et compte repartir de l’avant, après un exercice 2025 délicat.

Un projet d’union

Entre Guipry et Messac, l’alliance n’a jamais été bien loin. Les communes voisines ont régulièrement entretenu des liens intenses, ayant poussé les habitants des deux villes à créer en 1960 l’association L’Alliance pour appeler à leur réunion. Cette dernière n’arrive qu’en 2016, dans le cadre de la loi du 16 mars 2015 relative à l’amélioration du régime de la commune nouvelle, et dès lors un projet de rénovation urbaine est pensé. Le quartier de la gare est complètement remodelé et de nouveaux immeubles sont construits, à l’instar du cinéma, implanté dans un bâtiment pensé comme un pôle culturel et social. Cette initiative s’imposait face à l’état critique du précédent site, doté d’une seule salle, tout en longueur, typique des constructions d’autrefois. « Le bâtiment datait d’il y a un siècle, et était devenu une véritable passoire thermique ; la poursuite des activités à l’intérieur était devenue très difficile », décrit Jacky Cerisier, co-président de l’association. Comme l’évoquait Damien Deby, architecte chez Linéaire A, lors de la journée « Vers la salle de cinéma durable » de l’ADRC, cette construction a été orientée vers un modèle écologique, dont une ventilation et un chauffage naturels. Ainsi, bien que le nouveau bâtiment soit quatre fois plus grand en surface que l’ancien, ses charges énergétiques ne seront que légèrement supérieures. Cet effort est couplé à une modernisation technologique intégrale, notamment avec l’installation de projecteurs laser.

© Jacky Cerisier

Créer un lieu de vie

Avec ce nouveau complexe, l’association double son nombre d’écrans : la première salle, de 187 fauteuils dont 5 PMR, est équipée en Atmos, tandis que la deuxième compte 112 places dont 4 PMR, et un son en 7.3. En complément, une salle est entièrement dédiée à la Micro-Folie, un espace culturel modulable proposant ici des expériences de réalité virtuelle et un musée numérique ; une activité qui nécessitait auparavant l’arrêt du cinéma. Pour Jacky Cerisier, l’objectif est de se positionner comme « le pendant de la médiathèque, mais pour les images qui bougent ». La programmation événementielle sera de son côté accentuée dans les prochains mois avec l’ajout de cinés cafés et de cinés échanges. La touche globale sera orientée art et essai, de manière à conserver le classement et le label Jeune public. Le label Patrimoine et répertoire, bien que dans le viseur, n’est pour l’instant pas une priorité tant il demande un travail spécifique et « une éducation du public » qui s’avère prématurée dans cette période où l’équipe cherche à « prendre ses marques ». Le tout sans oublier une offre plus généraliste et familiale, qui possède toutefois sa particularité : « Des titres comme Marsupilami fonctionnent très bien, contrairement aux sorties comme Avengers. » De quoi créer un espace de vie essentiel dans un bassin de 7 500 habitants, rayonnant sur une dizaine de communes à moins de dix minutes en voiture, et dont les principaux pôles culturels sont situés à 30 km, à Rennes ou Redon. « En dehors de quelques événements ponctuels, il n’y a pas beaucoup de sorties culturelles à Guipry-Messac : il y a donc un espace à combler. »

© Jacky Cerisier

Retrouver l’ascension post-Covid

Avec ce nouvel écrin, L’Alliance compte gagner en attractivité et conquérir de nouveaux publics, à l’instar des 15-25 qui sont, pour l’instant, la cible la plus dure à atteindre. L’association peut pour cela compter sur une équipe de 85 bénévoles, en hausse depuis trois ans pour préparer ce déménagement, ainsi que deux salariés et un service civique. Le nombre de séances sera quant à lui doublé, et les prix seront « tout à fait raisonnables » : plein tarif à 6 €, une carte d’abonnement qui revient à 5 € le film, et tarif réduit de 4,50 € pour les enfants. De quoi retrouver la dynamique post-Covid qui avait permis au cinéma de revenir près des 18 000 entrées d’avant la pandémie, avant un triste exercice 2025 à -18 % de fréquentation hors scolaires. Ici, l’étude par Ciné Conseil table sur 30 000 entrées d’ici 3 ans, même si Jacky Cerisier sait que ce résultat ne pourra être atteint « sans une offre forte de titres porteurs généralistes ».

© Jacky Cerisier

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