Le CNC a publié le 12 juin les résultats du classement art et essai 2026 – avant commission d’appel – qui prend en compte la deuxième partie de la réforme. Un nombre de cinémas classés qui augmente, pour un montant global des aides qui n’a pas baissé : focus sur les chiffres avec le cabinet d’études Hexacom.
Comme annoncé à Cannes lors de l’assemblée générale de l’AFCAE, la deuxième partie de la réforme art et essai a abouti à une augmentation des salles classées, et n’a pas entraîné de baisses globale sur les cinémas de catégories D et E. Si, pour l’heure, la subvention diminue pour certaines salles, c’est principalement en raison de l’écrêtement appliqué (de 8 % environ). Et la procédure de classement 2026 n’est pas terminée : les cinémas peuvent solliciter un nouvel examen de leur demande, en faisant appel auprès de la Commission nationale, avant le 31 août 2026.
La synthèse d’Hexacom
– 1 357 établissements sont classés en 2026 (1 317 en 2025) – soit près des deux-tiers du parc, Outre-mer inclus –, dont 73,4 % avec au moins un label, soit une baisse de plus de 4 points par rapport à 2025 (77,6 %), liée au recul du label Jeune Public, le plus répandu.
– 19,6 M€ d’aides art et essai ont été distribuées, un montant identique à celui octroyé l’an dernier avant la commission nationale, qui avait ensuite permis d’attribuer près de 300 000 € supplémentaires aux dossiers traités en appel.
– Conséquence mécanique de l’augmentation du nombre de cinémas classés et d’une enveloppe globale temporairement moindre (dans l’attente des demandes de réexamen), le montant moyen d’aide par cinéma diminue de 4,3 % par rapport à 2025, de près de 15 100 € à un peu plus de 14 400 €. Mais là encore, l’écart pourrait se réduire après l’examen des appels.
– Si le label Jeune Public reste, de loin, le plus représenté, il accuse un recul inédit, avec 920 établissements titulaires (68 % des cinémas classés), contre 956 en 2025 (73 %).
– 2e label le plus répandu, Patrimoine et Répertoire a été attribué à 594 cinémas, soit 44 % du parc art et essai, une part stable par rapport à 2025 (43 %).
– Les trois autres labels affichent un poids comparable, chacun ayant été décerné à un petit quart des cinémas classés. On notera la forte progression des labels Recherche et Découverte et 15-25 (respectivement +26 % et +28 % de cinémas labellisés en un an), contre seulement 4 % d’établissements supplémentaires pour le nouveau label Court Métrage.
– Le nombre de cinémas titulaires des cinq labels a été multiplié par 1,5, passant de 73 en 2024 à 109 en 2025, soit 8 % du parc art et essai (6% en 2025).

**Après ajustements budgétaires et avis de la commission nationale
« Le recul du label Jeune Public est à mettre en lien avec la forte augmentation du label 15-25, avec très probablement un effet de vases communicants, estime Sophie Girieud, consultante chez Hexacom. La progression plus dynamique de ce label récent par rapport au label Court Métrage – 2e nouveau label instauré par la réforme – traduit aussi un effet de rattrapage : le label 15-25 est désormais presque aussi répandu que le label Court Métrage, qui avait déjà fait une belle percée dès sa mise en place en 2025, avec plus de 300 cinémas titulaires. »
– En catégorie A, l’aide moyenne par cinéma reste stable en 2026, autour de 43 000 €, alors que ceux de la catégorie B ont vu leur subvention moyenne par établissement progresser de près de 5 % (environ 1 800 €), de 39 600 € en 2025 à 41 400 € en 2026. A contrario, les montants moyens d’aide de tous les cinémas du 2e groupe (catégories C, D et E) ont diminué. Ces évolutions résultent essentiellement des écrêtements budgétaires, qui concernent davantage les établissements du 2e groupe (celles du 1er groupe étant plus nombreuses à obtenir un coefficient multiplicateur d’appréciation égal ou supérieur à 180 %).

**Après ajustements budgétaires et avis de la commission nationale
Ainsi, comme cela a été souligné par le CNC, Sophie Girieud confirme que « la mise en œuvre du second volet de la réforme art et essai (surpondération des séances dédiées à des œuvres fragiles et sous-pondération des séances consacrées à des films à fort potentiel commercial) n’a pas produit d’impact majeur sur les équilibres du classement entre les différentes catégories de salles. »
Le classement 2026 est téléchargeable sur le site du CNC.


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