Le Saint-Germain-des-Prés réouvre au public

La nouvelle entrée du Saint-Germain-des-Prés © Matteo Verzini

La salle de 208 places, ces dernières années sous enseigne Silencio des Prés, reprend le nom du quartier mythique du 6e arrondissement parisien et sa vocation de “vrai” cinéma art et essai.

Le “nouveau” Saint-Germain-des-Prés de la rue Guillaume Apollinaire a été inauguré hier soir, et ouvre au public ce 3 juin à 19h, avec l’avant-première de Fatherland de Pawel Pawlikowski suivi de Congo Boy de Rafiki Fariala. Des films « choisis main dans la main » avec leurs distributeurs, Pathé et Jour2Fête, « qui veulent célébrer avec nous la réouverture », souligne Mathilde Lamour, désormais directrice de l’établissement historique, après avoir été adjointe de direction au Balzac pendant trois ans. Pour sa première semaine, le cinéma propose une sélection de 10 reprises du Festival de Cannes, la plupart en présence d’équipes, annonçant la tonalité de sa ligne éditoriale. « Après plusieurs années de location privée, nous avons la volonté de redonner au public du quartier, mais aussi de tout Paris, la programmation d’une vraie salle art et essai. » Le cinéma, ouvert en 1969 sous le nom de Bilboquet, puis rebaptisé au fil des années – Olympic, Étoile Saint-Germain-des-Prés et Silencio des Prés – reprend donc le nom du quartier et sa vocation première, avec de nombreux événements cinéphiles. 

Cette renaissance était attendue depuis plus d’un an et demi. En effet, Les Films du Losange ont racheté l’établissement en décembre 2024, mais la reprise à la barre a été… acrobatique. Si Charles Gillibert et Alexis Dantec rappelaient, au moment du rachat, les liens forts de leur société avec la salle – où sortaient notamment tous les films d’Éric Rohmer pendant des décennies –, ils ont été rejoints depuis par plusieurs associés, dont Éric Lenoir, directeur de la publication des Cahiers du Cinéma – autre lien avec la Nouvelle Vague – et désormais président de la société gérant le Saint-Germain-des-Prés. Plusieurs actionnaires de poids se sont engagés dans l’aventure : l’assureur Hugo Rubini, le banquier d’affaires Grégoire Chertok, le PDG du groupe Atland Georges Rocchietta, ou encore Jean-Sébastien Decaux, Vera Michalski-Hoffmann et Sylvain Mortera… ainsi que Chanel, grand partenaire du cinéma. 

Une association qui a permis notamment d’engager des travaux, avec le soutien du CNC et des collectivités. La devanture et l’entrée, qui étaient liées au restaurant adjacent, ont été refaites ainsi que l’espace cocktail derrière l’écran, toute la déco étant signée par le designer Fabrizio Casiraghi. La salle unique, de 208 fauteuils, a été rafraîchie par un changement de moquette – bleue et reprenant les anciens motifs étoilés du cinéma –, sachant que « les équipements de projection [un écran de 7 m de base et un projecteur Barco 2K] étaient opérationnels et en très bon état ». À noter que le restaurant, qui a été vendu séparément, est aujourd’hui géré par la chaîne Sant Ambroeus.

© Matteo Verzini

La programmation régulière proposera principalement des films d’auteur en continuation et reprises, « pour laisser une grande liberté aux rencontres, avant-premières et ciné clubs ». Mathilde Lamour précise la volonté d’organiser des événements très variés, avec des venues régulières d’équipes, des cycles de films de patrimoine et des rencontres autour des sciences humaines, littérature et philo… « en synergie avec les acteurs du quartier, qui font vivre Saint-Germain-des-Prés ». Le projet est aussi de travailler sur l’éducation aux images.

Et si le Saint-Germain-des-Prés est bien entouré par tous les cinémas du Quartier latin, l’équipe table sur une fréquentation de 28 000 entrées pour la première année complète.

La nouvelle entrée du Saint-Germain-des-Prés © Matteo Verzini

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