[Exclusif] CinemaCon 2026 : Ted Sarandos a aussi rencontré des représentants de l’exploitation internationale

Ted Sarandos © Bestimage

Après avoir rencontré les exploitants américains, le co-PDG de Netflix esquisse de plus en plus une alliance inédite avec le grand écran.

Les rencontres entre le patron de Netflix et les grands circuits américains en marge de CinemaCon – la grand-messe annuelle de l’exploitation mondiale qui vient de se terminer et à laquelle Netflix ne participait pas – ont fait le tour de la presse spécialisée cette semaine. Mais selon les informations exclusives de Boxoffice Pro France, Ted Sarandos est allé plus loin en recevant, dimanche 12 avril à Los Angeles, à la veille de l’ouverture du CinemaCon, une délégation internationale composée de circuits latin américains, asiatiques et européens. Au sein de cette délégation emmenée par Alejandro Ramírez Magaña, le CEO de Cinepolis (groupe mexicain, 4ème circuit mondial), l’Europe était bien représentée par Laura Houlgatte et Phil Clapp, respectivement directrice générale et président de l’UNIC (Union Internationale des cinémas, qui représente les exploitants et leurs associations nationales dans 39 territoires européens), Eddy Duquenne, CEO de Kinepolis, un représentant du groupe britannique VUE et Laure de Boissard, directrice générale de Pathé Cinémas.

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Un dialogue élargi à l’international

Après les échanges avec AMC, Regal, Cinemark et Cinema United, largement relayés depuis les révélations de The Wrap lundi, cette rencontre avec l’UNIC, et des exploitants internationaux représentant tous les continents, donne à la séquence une tout autre envergure. En acceptant de dialoguer avec cette délégation internationale, Ted Sarandos a élargi le périmètre de la conversation bien au-delà du seul marché nord-américain.

Selon nos informations, l’initiative de cette rencontre serait venue des exploitants eux-mêmes. Un signal fort : la profession ne se contente plus d’attendre les mouvements de Netflix, elle prend les devants pour ouvrir le dialogue.

Pour Eddy Duquenne, le dirigeant de Kinepolis qui participait à cette rencontre : « Il y a actuellement une opportunité historique pour tous les producteurs de contenu puisque c’est par manque d’offre, pas de demande, que les cinémas peinent à retrouver leurs niveaux d’activité pré-pandémiques. »

La France, objet d’une attention soutenue

La présence de Pathé dans cette délégation s’inscrit dans un contexte plus large d’attention portée au marché français par les géants américains. En mai 2025, Ted Sarandos était l’un des rares dirigeants américains du divertissement conviés par Emmanuel Macron au sommet Choose France à Versailles, où il avait annoncé de nouveaux investissements à Marseille.

Du côté de Paramount, David Ellison avait mené au début de l’année une offensive de charme auprès de la filière française dans le cadre de la bataille pour le rachat de Warner Bros. Discovery. Le patron de Paramount-Skydance avait rencontré des représentants de l’industrie cinéma française, avant de publier début février une lettre ouverte dans la presse française adressée « à la communauté créative française, aux passionnés de cinéma et de télévision », plaidant le respect de l’exception culturelle et de la chronologie des médias.

Le marché français, avec son modèle réglementé de chronologie des médias et son tissu dense de salles, constitue un terrain d’observation privilégié pour quiconque souhaite repenser les rapports entre plateformes et exploitation.

Après Warner, Netflix n’a pas refermé la porte

Cette séquence intervient dans un contexte stratégique singulier. Fin février 2026, Netflix a renoncé à acquérir Warner Bros. Discovery après la contre-offre supérieure de Paramount Skydance, valorisant l’ensemble du groupe à près de 111 milliards de dollars. Or, l’un des arguments avancés par Netflix pour justifier cette acquisition était précisément l’accès à l’infrastructure de distribution en salles de Warner.

L’échec de l’opération aurait pu refermer la parenthèse. Il n’en est rien. La multiplication des rencontres autour du CinemaCon, avec les circuits américains comme avec les acteurs internationaux, confirme que la discussion sur l’attitude de Netflix à l’égard des salles est bel et bien engagée et qu’elle ne dépendait pas du seul rachat de Warner. Une inflexion prometteuse, qu’il conviendra de suivre de près.

Ted Sarandos © Bestimage

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