Cannes 2026 : La sélection de l’ACID révélée

Barça Zou © Les Films du Sursaut - Blaise © KG Productions - Cœur secret @5A7FILMS - Dans la gueule de l'ogre © Les Films du Bilboquet - La Détention © TS Productions - Living Twice, Dying Thrice © RepassFilm - Promised Spaces © Bocalupo Films - Virages © Cavale Films

Sa déléguée générale Pauline Ginot dresse les contours de la 34e édition cannoise de l’événement organisé par l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion.

Cette année, les treize cinéastes membres du comité de programmation* ont dû arbitrer parmi près de 650 candidatures, un volume record qui témoigne de la vitalité de la création indépendante. Il en résulte une sélection de neuf films marqués par une grande fraîcheur, puisque six d’entre eux sont des premiers longs métrages signés par des auteurs dont le travail n’est pas encore identifié par le grand public. Pauline Ginot évoque notamment la « force de l’Iran » qui traverse cette édition à travers deux longs métrages qui se sont « naturellement imposés par leur puissance », au-delà de toute considération géopolitique. Ainsi, Dans la gueule de l’ogre est un documentaire français mais réalisé par une Iranienne, Mahsa Karampour qui, en suivant son parcours et celui de son frère Siavash exilé aux États-Unis, « pose la question de ce qui est arrivé à la scène pop-rock de Téhéran depuis que les protagonistes ont quitté l’Iran ». Une œuvre qui résonne avec Rear Soul for the Revolution de Pegah Ahangarani, en Séance spéciale dans la Sélection officielle, qui est également un film d’archives articulant l’intime et le politique en Iran. Autre sélection venant de la Perse, Living Twice, Dying Thrice de Karim Lakzadeh, odyssée où, à la suite d’une explosion dans les mines, trois hommes décident de se faire passer pour morts afin que leurs familles soient indemnisées. « C’est une aventure punk qui clame son amour au cinéma des années 70, et dont l’humour noir et le burlesque sont utilisés comme ligne de fuite et moteur narratif. »

Entre la fiction et le documentaire, Virages est un feel good movie signé Céline Carridroit et Aline Suter, qui plonge dans la scène underground genèvoise queer, « autant dire tout un pan de la Suisse qu’on ignore ». Un film « non-binaire », tourné sur quatre étés consécutifs, et piochant aussi bien chez Mad Max que dans la mémoire de sa protagoniste, une femme transgenre. Sur un thème proche, Cœur secret est le premier long métrage de Tom Fontenille. Le réalisateur, suivant sa famille, part du deuil de la mère pour filmer une révolution : la transition de genre de son père. « En voyant ce film, une question inédite m’a frappée, s’interroge Pauline Ginot :comment peut-on faire un documentaire intime, intimiste, familial, très humble, qui s’avère être un mélodrame, une épopée familiale totale ? » Venant tout droit de Serbie, Ivan Marković est l’auteur de Promised Spaces, une fiction se déroulant dans le sud-est asiatique, où l’on suit un ouvrier sur le chantier d’une résidence ultra-moderne. « Nous nous situons dans un Cambodge en pleine mutation et le film s’attache à nous montrer comment les paysages urbains sont aussi des paysages politiques. »

Blaise est, pour l’instant, un des deux seuls films de la sélection à avoir un distributeur. Estampillé The Jokers, il s’agit du premier long métrage d’animation de Dimitri Planchon et Jean-Paul Guigue, inscrit dans une série multimédia, démarrée par une BD quand le personnage de Blaise avait 12 ans, et poursuivie en série quand il avait 14-15 ans. Ici, Blaise a 17 ans, et est le protagoniste d’une « comédie sur le besoin de validation par la bourgeoisie, où tout le monde en prend pour son grade ». Troisième documentaire de la sélection, La Détention est le deuxième long métrage de Guillaume Massart qui, après La Liberté – sorti par Norte Distribution en 2019 –, revient dans l’univers carcéral en suivant pendant un an la formation des personnels pénitentiaires. Le tout… sans jamais filmer la prison. « On pense bien évidemment au cinéma de Frederick Wiseman, car nous nous demandons vraiment comment il a pu filmer certains plans. »

La déléguée générale évoque ensuite Barça Zou, le premier long métrage de Paul Nouhet, qui suit un groupe de quatre copains skateurs en week-end à Barcelone. « Le film articule deux temporalités : celle des récits, des années plus tard, de ce week-end, et celle du week-end lui-même. C’est un film empreint de nostalgie pour un temps suspendu, celui de l’adolescence, le moment où le banal devient fondateur. » Enfin, le film d’ouverture de la sélection, Mauvaise Étoile de Lola Cambourieu et Yann Berlier, distribué par Tandem, prend place dans une banlieue pavillonnaire du sud de la France, dans un climat caniculaire, quand les incendies font rage.

Film d’ouverture

  • Mauvaise Étoile de Lola Cambourieu & Yann Berlier – France – distribution par Tandem – premier long métrage
  • Barça Zou de Paul Nouhet – France – premier long métrage
  • Blaise de Dimitri Planchon & Jean-Paul Guigue – France – The Jokers – premier long métrage
  • Cœur secret de Tom Fontenille – France – premier long métrage
  • Dans la gueule de l’ogre de Mahsa Karampour – France – premier long métrage
  • La Détention de Guillaume Massart – France
  • Living Twice, Dying Thrice de Karim Lakzadeh – Iran
  • Promised Spaces d’Ivan Marković – France, Allemagne, Serbie, Cambodge
  • Virages de Céline Carridroit & Aline Suter – Suisse, France – premier long métrage

Tables-rondes du Café des Cinéastes à venir prochainement

* Valérie Bert, Anne Colson, Sylvain George, Martin Jauvat, Maxime Jean-Baptiste, Julien Meunier, Hélène Milano, Marion Naccache, Thomas Paulot, Philippe Petit, Déni Pitsaev, Paola Termine, Pamela Varela

L’affiche de cette édition est signée Gaetan Sahsah (alias « Azaazelus »)
Barça Zou © Les Films du Sursaut - Blaise © KG Productions - Cœur secret @5A7FILMS - Dans la gueule de l'ogre © Les Films du Bilboquet - La Détention © TS Productions - Living Twice, Dying Thrice © RepassFilm - Promised Spaces © Bocalupo Films - Virages © Cavale Films

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