La structure fondée par Éric Le Bot distribue, le 25 mars, le dixième long métrage du cinéaste japonais Kōji Fukada. Un nouveau pari pour cette sortie qui plonge dans le monde des chanteuses de la pop japonaise soumises à de grandes contraintes, à travers le prisme d’un drame judiciaire.
Entre Kōji Fukada et Éric Le Bot, l’histoire remonte à près de dix ans. Le distributeur – qui, à l’époque chez Version Originale, collaborait avec Condor –, accompagne début 2017 Harmonium, le deuxième film du cinéaste japonais à être distribué en France. Depuis, avec sa société Art House, il a collaboré six autres fois avec le réalisateur, Love On Trial marquant un nouveau chapitre. « Kōji Fukada entretient un lien fort avec la France, relate Éric Le Bot. Son co-producteur, Masa Sawada (Comme des Cinémas), est français, ses films sont souvent post-produits en France… Cela nous a permis de nouer une relation assez profonde. » Le réalisateur s’est, d’ailleurs, fait un nom auprès du public tricolore : Harmonium et L’Infirmière ont tous deux dépassé les 70 000 entrées, et Love Life, sorti au début de l’été 2023, a même atteint les 100 000. Une performance notable pour un cinéaste ni francophone ou anglophone, et dont « aucune œuvre ne ressemble à une autre ».
La J-pop pour toutes et tous
L’aventure Love On Trial marque un changement de dimension dans la carrière du réalisateur, en raison de l’implication tardive de la Toho – un des piliers de la production, de la distribution et de l’exploitation cinématographique au Japon. « Je m’étais engagé sur le film alors que nous n’étions même pas sûrs qu’il puisse être finalisé. Finalement, la Toho s’est positionnée deux mois avant le tournage, ce qui a permis de boucler le financement. Forcément, à sa sortie japonaise, le film est devenu le plus grand succès de Fukada. » Présenté à Cannes Première 2025, le film est daté au 25 mars le printemps suivant, notamment pour « coïncider avec les Saisons Hanabi ». Entre-temps, le cinéaste est intervenu à la dernière Japan Expo, à l’occasion d’une conférence sur les idoles. De quoi sensibiliser un public plus jeune et déjà familier avec le sujet du film : la J-pop. Un univers dont le pendant sud-coréen, la K-pop, a connu une très grande percée en Occident ces dernières années, en témoignent les succès en salles de BTS : Yet to Come, KPop Demon Hunters et, plus récemment, de Stray Kids: The dominATE Experience.
Bien que le film plonge à la fois dans la J-pop et dans le monde judiciaire, à travers une seconde partie principalement dans les tribunaux, Éric Le Bot ne redoute pas la réaction des spectateurs moins familiers de l’art et essai : « Nous avons des retours très positifs. Par exemple, nous avons organisé une grande soirée “Jap’n Pop” au Max Linder Panorama, à Paris, où était projeté Love On Trial. De nombreux influenceurs K-pop sont venus et ont adoré le film, car il aborde plusieurs problématiques qui se posent régulièrement sur leur passion. » Mais le public du long métrage de Kōji Fukada ne se limite pas qu’aux adorateurs de pop, et peut s’élargir aux jeunes comme aux seniors : « Je pense qu’il peut intéresser tous les spectateurs, de 18 à 78 ans. Nous avons mobilisé des influenceurs à travers l’agence INSA, et le film a également obtenu le Coup de cœur 15-25 de l’AFCAE. À côté, nous mobilisons le public “classique” art et essai. Également, nous pensons que des parents peuvent venir avec leurs enfants de 11 ou 12 ans, et tous peuvent aimer le film pour des raisons différentes. »
Des Saisons Hanabi fructueuses
Love On Trial a ainsi bénéficié de nombreuses avant-premières, qui se poursuivront jusqu’au Printemps du Cinéma, juste avant sa sortie. Le long métrage en est pour l’instant à plus de 9 000 entrées payantes, et a connu une belle exposition lors des Saisons Hanabi, qui ont engrangé cette année 52 000 tickets dans 250 cinémas, un record dans les deux cas. La programmation d’avant-premières événementialisées proposée par Art House affiche, de fait, un très bon taux de satisfaction, avec des spectateurs qui voient en moyenne trois films et demi. « La particularité de cette édition est l’homogénéité de la sélection : aucun film ne devance largement les autres », souligne Éric Le Bot. Une bonne nouvelle, sachant que les performances d’un film pendant les Saisons se retranscrivent souvent au moment de sa sortie. Le film le plus plébiscité par le public, Mon grand frère et moi de Ryôta Nakano, sortira le 6 mai.
En attendant, Art House distribuera également, le 15 avril, La Fille du Konbini de Yuho Ishibashi. Le distributeur a récemment annoncé son line-up pour le reste de l‘année : Sous le ciel de Kyoto d’Akiko Ohku le 24 juin, Sham de Takashi Miike le 19 août, Seppuku : L’Honneur d’un samouraï de Yuji Kakizaki le 30 septembre et Fais-moi un signe de Mipo Oh le 16 décembre. Puis devrait venir, en 2027, le Léopard d’or Un été en hiver de Sho Miyake, qu’Art House accompagne pour la troisième fois après La Beauté du geste (2023) et Jusqu’à l’aube, sorti en début d’année.

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