Zinc. amorce sa croissance

"Les Petites Victoires" ©Zinc/Quad

La société de production et de distribution, créée fin 2021, accélère ses activités en 2023 avec une équipe renforcée et un line-up prometteur.

Après son départ de Gaumont à l’été 2020, Jérôme Hilal retrouve son costume de distributeur avec le lancement, en association minoritaire avec David Grumbach (Bac Films), de sa propre société de production et distribution. « J’avais le sentiment qu’il y avait de la place pour une nouvelle entité, qu’un souffle nouveau n’était pas impossible dans ce marché en mouvement. L’idée de Zinc. gravite autour de films d’auteur tournés vers le public, aux potentiels commerciaux variables, sur un rythme d’environ huit titres par an pour avoir le temps de les travailler et les accompagner. D’emblée, nous sommes focalisés sur les projets français, sans rien nous interdire à l’international », explique le dirigeant.

L’équipe de Zinc. a été constituée au fil des mois et se compose de Maxime Durocher, directeur des opérations, Romain Vaxelaire, autre ancien de Gaumont et désormais directeur des ventes, Lilas Pouzin, responsable des ventes après avoir été programmatrice d’Étoile Cinémas, Louise D’Ersu, programmatrice, Jessica Markovic, ancienne de Mars Films et dorénavant en charge des acquistions, et Simon Robert, responsable marketing après avoir travaillé chez Bac puis Le Pacte.

Si décrocher un premier film n’est pas chose aisée pour une nouvelle société, « les films appellent les films », estime Jérôme Hilal. « Nous voulons avoir l’approche la plus flexible possible par rapport aux besoins de chaque titre : pour certains, nous serons en distribution simple, pour d’autres, nous investirons des minimums garantis en prenant tous les mandats et des parts de coproduction, pour d’autres encore, ce seront seulement les droits français. Aujourd’hui particulièrement, l’agilité et la souplesse sont la clé pour notre métier, avec le besoin de stratégies différentes. »

À l’image, par exemple, de celle adoptée par Zinc. pour la sortie de la première fiction de son line-up, Les Petites Victoires, que la société coproduit avec Quad et qui a été présentée ce jeudi 19 janvier, avec brio, en compétition au 25e Festival de l’Alpe d’Huez. Daté le 1er mars, le deuxième film de Mélanie Auffret (après Roxane en 2018) est, depuis le 30 septembre dernier, présenté aux quatre coins de l’Hexagone, essentiellement dans des communes de moins de 3 000 habitants. « Nous remarquons que ce public est touché par la démarche, lui qui n’a que très rarement l’occasion de voir des équipes. Ce film s’y prête car il parle notamment de la désertification des campagnes, et nous pensons que le cinéma doit permettre de développer un vrai lien social. Nous allons poursuivre ainsi jusqu’à quelques jours avant la sortie où les avant-premières seront élargies aux villes moyennes et certaines grandes villes », raconte Jérôme Hilal. La comédie sociale suit Alice (Julia Piaton), maire et institutrice au sein d’un petit village dont le quotidien va être bouleversé par l’arrivée dans sa classe d’Emile (Michel Blanc), un sexagénaire au caractère explosif, qui se décide à apprendre enfin à lire et à écrire.

Cette tournée atypique résulte de l’envie d’adopter un regard marketing différent. « Cela fait plusieurs années que notre secteur fonctionne dans une sorte de vase clos, avec un accompagnement des films rôdé et généralement inchangé, un public nombreux et, donc, la salle comme l’un des principaux lieux de communication où nous avons concentré nos efforts. Or, les habitudes des spectateurs ont évolué et on ne peut plus compter sur les seuls réguliers pour être informés de nos sorties. Il y a une redistribution totale des cartes et il est nécessaire de réfléchir le marketing différemment. »

D’autres initiatives vont être développées et détaillées dans les prochaines semaines, lorsque Zinc. s’attellera à ses sorties suivantes. Outre le film de Mélanie Auffret et le documentaire Service public de Salhia Brakhlia et Mouloud Achour [sur les coulisses de France Info en pleine campagne présidentielle] lancé le 23 novembre 2022, la structure de Jérôme Hilal compte quatre autres titres dans son line-up 2023. Le 26 avril, elle sortira, pour le compte d’Orange Studio, Ma langue au chat, comédie de Cécile Telerman (Les Yeux jaunes des crocodiles) coécrite avec Xavier Daugreilh, qui réunit Zabou Breitman, Pascal Elbé et Marie-Josée Croze dans un « whodunnit » autour de la disparition d’un chat. Suivra, courant mai, l’intriguant Umami, comédie culinaire dramatique de Slony Sow, qui emmène Gérard Depardieu, grand chef étoilé, dans un roadtrip culinaire et existentiel au Japon, à la découverte de l’umami, la cinquième saveur du palais. Sandrine Bonnaire et Pierre Richard complètent la distribution. Enfin, l’été prochain, Zinc. accompagnera Super-bourré de Bastien Milheau, un mélange de Supergrave et Les Beaux Gosses, puis le 16 août Un coup de maître de Rémi Bezançon (Le Mystère Henri Pick, Le Premier Jour du reste de ta vie), avec Vincent Macaigne, Bouli Lanners, Bastien Ughetto et Anaïde Rozam. 

« Le marché a évolué et j’ai l’impression que les dates creuses (de mars à septembre notamment), sont intéressantes. Il me semble important qu’en tant que distributeurs nous répartissions mieux l’offre de qualité sur toute l’année, pour ne pas cantonner les propositions fortes sur les mois porteurs, qui me paraît être une vision d’avant », conclut Jérôme Hilal.

« Un coup de maître » ©capture vidéo Zinc.

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