Un premier cinéma clé en main pour Confluences

©Mennecy

Pour Cédric Aubry, le fondateur du réseau Cinéma Confluences (Varennes-sur-Seine, Sens, Champagne-sur-Seine, Bar-le-Duc et Ballancourt), le nouveau site de Mennecy, en Essonne, est le projet pilote d’un déploiement de concept novateur.

Le cinéma de Mennecy, ouvert depuis le 18 octobre, est doté de 3 salles et 324 fauteuils. Il est le pilote d’un modèle de cinémas clefs en main à faible coût et à la praticité maximale (voir article dans Côté Cinéma n°330 du 17/11/17). « Le concept est novateur par sa simplicité. Je l’ai imaginé pour être un dispositif performant », explique Cédric Aubry. Son objectif est de créer des cinémas rentables et de densifier les zones dites « blanches », en apportant une réponse aux collectivités et en implantant des cinémas dans une logique durable de commerce de proximité. « J’ai eu cette idée en regardant un reportage sur les hôtels Balladins ! Un couple gérait seul un hôtel entier. Il s‘agissait là de développer un outil standardisé pour plus d’efficacité. »

Le résultat est un établissement sorti de terre en une année, du début des négociations jusqu’à la livraison, dont seulement trois mois de travaux effectifs. « Le charpentier est venu sur site le 18 juillet et nous avons ouvert le 18 octobre ! Avec mon architecte Véronique Kirchner, nous avons conçu un bâtiment de plain-pied, sur une surface de 900 m², dont les accès et la circulation sont simples et fluides. Son fonctionnement nécessite peu de personnel. Le budget tout compris de construction s’élève à 1,8 million d’euros. »

Le site est pensé pour être évolutif : deux salles sont prévues pour une extension ultérieure. Le potentiel de fréquentation est estimé à 130 000 entrées, sachant que le projet sera amorti à seulement 90 000 tickets avec un ratio de 500 par fauteuil. Les négociations avec la ville ont été rapides, et ont abouti à la signature d’un bail emphytéotique, Cédric Aubry étant propriétaire des murs.

Pour ce qui est du fonctionnement, en semaine, une seule personne peut gérer la caisse et les cabines, ainsi que l’accès aux salles. Les jauges permettent aussi de rentrer les clients en salle en 15 ou 20 minutes. La caisse est constituée d’un double poste, d’un TMS, ainsi que les écrans des retours de caméras de surveil- lance. « Nous n’installons surtout pas de borne pour privilégier le contact humain. Tout est simple ! » Ce qui ne veut pas dire “cheap”. Les cabines sont équipées entièrement en EclairColor ; le cinéma de Mennecy est d’ailleurs le premier site au monde à en être totalement équipé. Celui de Ballancourt, qui cumule 57 000 entrées en location-gérance, se situe à 7 km et travaille sur une programmation complémentaire, concoctée en totale indépendance par Pascal Lamorinière. Les deux sites devraient à terme cumuler 300 000 tickets.

Avec ce projet, Cédric Aubry espère créer un nouveau maillage et une dynamique de territoire, sans objectif de taille mais animé par la volonté de réhabiliter des cinémas dans les zones desservies. « Je suis dans une logique de création de public, je ne vais voler d’entrées à personne. Pour la suite des projets, je suis en discussion avec des promoteurs et des collectivités. » Le modèle économique sera à la carte et sous forme de franchise, afin d’apporter une expertise et des partenaires financiers. De quoi permettre à de nouveaux exploitants passionnés de se lancer dans l’aventure ou d’agrandir leur parc. Pour Confluences, le prochain chantier sera de fermer le cinéma de centre-ville de Bar-le-Duc et de le remplacer par un nouveau site de 8 salles d’ici la fin de l’année 2018.