Un nouveau Jour de fête à Gisors

le nouveau cinéma Jour de Fête de Gisors © Noé Conémas

Ce 11 février, la commune à la lisière de la Normandie, de la Picardie et de l’Île-de-France accueille son nouveau cinéma, un complexe de 3 salles porté par une collaboration étroite entre la Communauté de communes du Vexin Normand et le groupe Noé.

Après plus d’une décennie d’attente, Gisors retrouve son cinéma Jour de fête, un nom repris – avec l’aval de la fondation Tati – en hommage au précédent cinéma de la ville, fermé en 2014, puis détruit, pour raisons de sécurité. Le mono écran historique, dont la création remontait aux années 1930, était exploité en régie directe par la municipalité, « avec des noms connus de la profession, Olivier Aubry [actuel exploitant du Méliès de Bayeux et co-président de la branche moyenne exploitation à la FNCF, ndlr.] et Jean-Marc Delacruz [actuel programmateur de l’Omnia], qui y ont fait leurs classes », rappelle Richard Patry, dirigeant de Nord Ouest Exploitation Cinémas – alias Noé – et président de la FNCF.

En 2017, alors que l’activité cinéma est temporairement accueillie par la salle de l’évêché, la communauté de communes inscrit la construction d’un nouveau cinéma dans ses priorités, et décide d’en confier la DSP, avec une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO), au groupe Noé. Ainsi, la collectivité a assuré la construction de la coque, tandis que le délégataire finançait l’ensemble des aménagements intérieurs et des équipements, pour un budget de 350 000 euros. « Nous sommes arrivés très tôt dans le projet, ce qui nous a permis d’accompagner les choix stratégiques, d’adapter et d’améliorer les plans initiaux », souligne Richard Patry, saluant la collaboration étroite entre le directeur technique de Noé Cinémas, Alain Surmulet, et les équipes de la communauté de communes.

Un projet culturel… et environnemental 

Implanté en plein centre-ville, le nouveau Jour de fête se déploie sur trois salles équipées en projection laser et totalisant 413 places (de respectivement 231, 178 et 110 fauteuils). Avec son écran polichinelle escamotable, la grande salle a été pensée pour accueillir des « petites formes de théâtre et des conférences ». À quelques mètres, la Ville finalise également le chantier d’une médiathèque pluridisciplinaire, qui renforcera l’offre culturelle du quartier.
Le nouveau cinéma se distingue également par sa “haute qualité environnementale” et son autonomie énergétique, la revente de la production de ses panneaux photovoltaïques couvrant l’ensemble de ses besoins électriques. Par ailleurs, dans une commune récemment touchée par les crues de l’Epte à sa proximité immédiate, le bâtiment intègre un innovant dispositif de prévention : « Le grand parking sous le cinéma a été volontairement conçu comme inondable, afin de servir de bassin de rétention et de régulation en cas de débordement de la rivière. »

Côté programmation, le Jour de fête proposera une vingtaine de films différents chaque semaine, avec notamment une salle entièrement dédiée à l’art et essai, le classement avec labels étant en ligne de mire, sans oublier le “grand public”. « Avec une liaison directe à Paris via la ligne J du réseau francilien, Gisors a un profil résidentiel varié, entre une population qui travaille à Paris en semaine, et des résidents secondaires attirés par son cadre verdoyant le week-end », observe Richard Patry avant de résumer : « L’enjeu est d’aller chercher un public populaire, tout en satisfaisant des cinéphiles exigeants. » À noter que les tarifs s’échelonneront de 6,90 € à 9,70 €, avec un tarif réduit dédié aux habitants, conformément au souhait de la collectivité : « L’idée est de proposer un équipement haut de gamme, mais raisonnablement accessible, en phase avec les attentes culturelles locales », insiste Richard Patry.

Ces dernières années, la salle provisoire “de longue durée” de l’évêché a permis de maintenir une activité minimale attirant entre 12 000 et 18 000 spectateurs annuels – là où le cinéma historique culminait autrefois entre 40 000 et 45 000 spectateurs. Dans ce contexte, et malgré une étude de marché tablant sur un potentiel d’environ 80 000 entrées annuelles, « nous pouvons tout à fait atteindre les 100 000 », s’enthousiasme le président de Noé Cinémas. « D’autant plus qu’aucun cinéma n’est situé à moins de 30 minutes de voiture, hors quelques points de diffusion itinérants », les établissements les plus proches étant Le Palace des Andelys (3 salles, et déjà un cinéma Noé), les Écrans à Gournay-en-Bray (2 salles), le CGR de Beauvais (12 salles), et le mono écran de Vernon. Ce dernier est appelé à être remplacé, à l’horizon 2027, par un grand complexe de 7 salles, « avec une 8e salle en réserve » précise Richard Patry à propos de cet autre projet Noé « mais cette fois à 100 % entre les murs et le fonds, qui sera  le plus gros investissement du groupe depuis sa création ». En attendant, à Gisors, Jour de fête devient le 25e établissement Noé, « un cinéma communautaire, éco responsable et inscrit dans son territoire, avec beaucoup de choses à reconstruire, mais sur les fondations très solides que nos prédécesseurs ont bâti ». 

Plus d’infos à venir dans le Boxoffice Pro du 18 février 2026

Présentation du cinéma à la veille de son ouverture
© Noé Cinémas
le nouveau cinéma Jour de Fête de Gisors © Noé Conémas

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