La lumière est revenue au Querlys ce samedi 13 septembre, grâce à un jeune habitant cinéphile.
Si quelques séances subsistaient encore, orchestrées tous les deux mois par l’association Ciné Noble Val à la salle des fêtes de ce village médiéval de Tarn-et-Garonne, les habitants avaient dû dire au-revoir à leur mono-écran en janvier 2023, suite au départ à la retraite de ses propriétaires et fondateurs. Encouragé par la commune et l’association, Mathias Piroth a alors décidé de racheter le fonds de commerce. « J’avais quelques expériences dans les festivals de la région, comme Ciné Latino ou Cinespaña, et il m’est paru important de ramener cet accès à la culture à Saint-Antonin, d’autant plus que le cinéma était ancré dans les habitudes de la population. » La salle la plus proche, le cinéma-théâtre de Caussade – exploité par Véo et situé à une vingtaine de minutes –, n’avait en effet jamais remplacé la perte du Querlys.
Après quelques travaux de réhabilitation (peinture, électricité et ajout d’une rampe d’accès) menés par le repreneur lui-même, et la réparation du projecteur par Decipro, le cinéma, qui datait des années 1980, a rouvert ses portes. Pour ce premier week-end, Mathias Piroth, qui élabore seul la programmation, a choisi deux titres pour un total de cinq séances : Les Recettes du bonheur, de Lasse Hallström (2014), partiellement tourné à Saint-Antonin et auquel les habitants, dont certains figurants, sont particulièrement attachés, et le biopic multi récompensé de Peter Farrelly, Green Book, également distribué par Metropolitan. Le mono-écran de 108 fauteuils et 1 place PMR accueillera une programmation à 70 % art et essai, avec la diffusion de courts métrages soutenus par l’agence Occitanie Films et l’espoir de décrocher le label Europa Cinemas.

Pour le moment, le Querlys ouvrira quatre jours par semaine, à raison de 6 à 8 séances hebdomadaires, entre deux résidences de théâtre, conférences ou locations de salles (séminaires, colloques, réunions associatives…). Son directeur proposera par ailleurs des séances aux scolaires, ainsi qu’aux résidents de l’Ehpad voisin, et déborde d’idées originales pour attirer les spectateurs, comme des jeux inspirés d’émissions télévisées ou des concours de jeux vidéo.
L’année prochaine, Mathias Piroth espère pouvoir proposer aux quelque 8 000 habitants de la communauté de communes un cinéma rénové, en dépit de sa fragilité économique.



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