Richard Patry : « Notre vœu est que ce Congrès soit celui de la reprise et du renouveau. »

Richard Patry au Congrès 2020 ©Jean-Luc MEGE Photography

INTERVIEW – Alors que le Congrès de l’exploitation cinématographique française débute aujourd’hui à Deauville, le président de la FNCF énonce les objectifs d’un rendez-vous où il sera plus que jamais question d’adaptation et de redressement.

Un après après un Congrès qualifié d’exceptionnel, dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle édition ? 
Il s’agit toujours d’un Congrès exceptionnel, même si on préférerait que ça ne le soit pas. L’année dernière, nous pensions que c’était terminé, nous étions heureux de nous retrouver, et nous avons pris de plein fouet le variant, puis les 200 jours de fermeture consécutifs. Cette année, nous arrivons avec espoir et résilience. Nous avons les outils qui normalement nous permettront de rester ouverts, la vaccination et le passe sanitaire. Les films américains reviennent sur nos écrans. Preuve en est la journée distributeurs qui explose tous les quotas des Congrès passés avec 30 éditeurs, 10 équipes de films !
Notre vœu est que ce Congrès soit celui de la reprise et du renouveau. Même s’il faut faire attention à la santé de nos entreprises et qu’il y a des trous de la raquette pour certains d’entre nous, tout le monde a conscience que nous avons été soutenus.À présent que certaines aides générales vont être supprimées et d’autres sectorielles créées, nous allons entrer dans une nouvelle phase : nous devons absolument renouer avec nos spectateurs pour espérer un dernier trimestre quasiment normal. 

Quelles annonces sont les plus attendues par les professionnels ? 
Nous attendons principalement de savoir comment le gouvernement va nous soutenir, comme il l’a promis, pour la période de l’instauration du passe sanitaire qui n’est pas comprise dans les aides annoncées en juillet et mises en paiement ces jours-ci ; à la fois pour les exploitants mais aussi en amont, pour les distributeurs et les producteurs. La mise en place du passe sanitaire a été compliquée, précipitée et a produit un vrai choc dans nos cinémas. Mais cela a fonctionné puisque les gens se sont fait vacciner et on ne peut que s’en réjouir ! Toutefois, nous l’avons payé très cher : 50 millions d’euros et 7 millions d’entrées, qui n’est contesté par personne. 
Nous constatons d’autre part que le marché peut-être extrêmement dur pour certains films que l’on peut qualifier “du milieu”. Quand un film ne fonctionne pas en ce moment, il ne fonctionne pas du tout. C’est d’une très grande violence.

« Il y a encore beaucoup de choses à inventer pour former notre public de demain et l’ouvrir au plaisir du cinéma et à sa diversité. »

Richard Patry, président de la FNCF

Quels sont les autres sujets primordiaux qui seront sur la table pour la relance ?
Le sujet qui nous mobilise énormément, c’est l’éducation à l’image. D’une part, nous devons nous atteler à la reprise des dispositifs arrêtés pendant deux ans, qui ont montré leur force et leur vitalité essentielles dans la reconquête du public. D’autre part, dans cette période d’élection présidentielle, nous voulons que l’éducation au cinéma soit un élément fort des propositions et des engagements de nos élus. Il y a encore beaucoup de choses à inventer pour former notre public de demain et l’ouvrir au plaisir du cinéma et à sa diversité. 
Nous allons également interpeller notre ministre sur la lutte contre le piratage. Nous n’avons malheureusement pas réussi à faire voter la loi que l’on souhaitait, alors que certains parlementaires, en particulier au Sénat, avaient proposé la mise en place de la transaction pénale, qui aurait été un signal fort. 

Sur l’organisation du Congrès, des particularités ou nouveautés cette année ? 
Nous avons prévu un Congrès à l’image de celui de l’année dernière, sans soirée et moins festif que ce que j’aurais souhaité. Nous devons rester raisonnables, les finances sont difficiles pour les partenaires et pour la Fédération. Cette édition nous permet d’assurer notre Congrès sans prendre de risques financiers. Ça ne veut pas dire qu’on ne va pas s’amuser et que ce ne sera pas un Congrès important. Nous montrerons beaucoup de films, dont le Lion d’or à Venise, quand même ! Mercredi soir, à la place de l’hommage, nous présenterons en avant-première Simone d’Olivier Dahan : un grand film de cinéma !
Ce sera un beau Congrès et on sera très heureux de se retrouver.

Entretien complet à retrouver dans le Boxoffice Pro n°404 du 22 septembre 2021.

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