Rachat de Warner : l’OPA Paramount rejetée, Netflix avance vers la fusion

© Chase Yi/Unsplash

Le conseil d’administration de Warner Bros. Discovery (WBD) recommande aux actionnaires de rejeter l’offre publique d’achat de Paramount, réaffirmant son soutien à la fusion avec Netflix. 

« L’offre de Paramount présente une valeur insuffisante et impose de nombreux risques et coûts significatifs à WBD », estime le conseil d’administration de WBD ce 17 décembre, soit deux jours avant la fin du délai qu’il s’était accordé pour examiner l’offre et quelques heures après le retrait de Jared Kushner de l’offre de Paramount. Le board argumente que, malgré ses déclarations médiatiques, « la famille Ellison n’a toujours pas fourni de garantie en capital » et que son offre, « illusoire et non contraignante », peut être modifiée ou retirée à tout moment, créant un niveau inacceptable de risques potentiels pour les actionnaires de WBD ».

Après un examen « complet, transparent et équitable », les membres du CA déclarent n’avoir identifié « aucune différence significative en termes de risque réglementaire » entre l’offre de Paramount Skydance et celle de Netflix. « Nous sommes convaincus que notre fusion avec Netflix offre une valeur supérieure et plus certaine pour nos actionnaires et nous nous réjouissons de concrétiser les avantages de cette combinaison », conclut Samuel A. Di Piazza, Jr., président du CA de WBD. 

Le scénario Netflix qui s’impose

Dans la foulée, les co-PDG de Netflix, Ted Sarandos et Greg Peters ont, à leur tour, adressé une lettre aux actionnaires de WBD, vantant le financement sans « aucun fonds souverain étranger, aucun prêt personnel ou garantie en actions [d’une] entreprise de grande envergure, capitalisée à plus de 400 milliards de dollars ».

Pour rappel, la transaction – en cash et actions – est valorisée à 27,75 $ par action WBD, pour une valeur d’entreprise totale d’environ 82,7 milliards de dollars (et une valeur en capitaux propres de 72 milliards de dollars). Les co-PDG de Netflix soulignent en outre que « cette opération offrira aux actionnaires une valeur supplémentaire issue de la séparation annoncée du réseau linéaire mondial de WBD, Discovery Global, prévue pour le troisième trimestre 2026 ».

Ted Sarandos a profité de ce courrier pour réaffirmer les engagements de la plateforme, tant en matière de quantité de production que de diffusion en salles. « Netflix et Warner Bros. se complètent, et nous sommes ravis de combiner nos forces avec leur division cinéma, leur studio de télévision de classe mondiale et la marque emblématique HBO, qui continuera de se concentrer sur la télévision de prestige. Nous nous engageons également à continuer de sortir les films Warner Bros. en salles, avec un calendrier traditionnel, afin que les spectateurs du monde entier puissent en profiter sur grand écran ».

Un sujet que le dirigeant de Netflix a également évoqué la veille, dans le cadre de son échange avec Maxime Saada, lors de la soirée Original+ de Canal+, dont se sont faits écho nos confrères du Film français : « Je sais que la question de la distribution en salles sème la confusion dans l’esprit des gens. Notre intention est de continuer à sortir les films du studio Warner dans les salles de cinéma selon les fenêtres traditionnelles, et ces films seront diffusés dans le cadre de l’accord de distribution avec Canal+ », a assuré Ted Sarandos sur la scène de l’Olympia. Une activité dans laquelle Netflix ne s’était encore jamais lancé, « simplement parce que nous ne disposions pas d’un mécanisme de distribution en salles et que nous monétisions les films grâce à notre propre abonnement, car c’était ainsi que nous développions notre activité le plus rapidement possible ». Mais soucieux de ne pas nuire à la valeur de l’entreprise qu’il est sur le point d’acquérir, le co-PDG de Netflix assure qu’il continuera à exploiter Warner Bros. Studios « de manière indépendante et à sortir les films de manière traditionnelle dans les salles de cinéma. Je sais que c’est un sujet très important pour les Français. Le public du monde entier tient à avoir la possibilité de voir ces films au cinéma, et nous avons tendance à soutenir pleinement cette démarche ». 

Enfin, dans son courrier aux actionnaires Paramount du lendemain, Netflix a affiché sa confiance sur le volet des autorisations réglementaires, déclarant avoir engagé les discussions avec les autorités compétentes, dont le Département de Justice américain… et la Commission européenne. La finalisation de la fusion est prévue dans 12 à 18 mois.

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