Netflix exploite officiellement son propre cinéma

Le paris Theatre de New-York ©Marion Curtis/Netflix

La plateforme de streaming a annoncé avoir signé un contrat de location visant à maintenir le Paris Theater de New York ouvert pour des événements spéciaux, des projections et des sorties en salles de ses films.

C’était devenu un secret de polichinelle, c’est désormais officiel : Netflix va bien exploiter sa propre salle de cinéma. Déjà en pourparlers depuis avril dernier pour acquérir l’Egyptian Theater de Los Angeles auprès de la cinémathèque américaine, la plateforme a jeté son dévolu sur l’iconique Paris Theater new-yorkais, qui avait baissé le rideau en août dernier. Le mono écran de 581 places avait cependant rouvert récemment pour la projection de Marriage Story de Noah Baumbach, produit par Netflix. Ce lundi 25 novembre, le géant du streaming a officialisé la signature d’un contrat de location avec la famille Solow, dont les termes n’ont pas été divulgués, visant à maintenir le cinéma en activité. Ainsi, Netflix pourra y organiser des événements, mais aussi et surtout la sortie de ses films, condition essentielle pour briguer les différentes récompenses cinématographiques, tout en évitant de travailler avec les circuits américains, qui ne sont pas prêts à raccourcir leur fenêtre d’exploitation.

« Après 71 ans d’existence, le Paris Theater a un héritage durable et reste l’un des endroits dont l’expérience cinématographique est unique en son genre », a déclaré Ted Sarandos, responsable du contenu chez Netflix. « Nous sommes extrêmement fiers de préserver cette institution historique de New York afin qu’elle puisse continuer à être un foyer cinématographique pour les cinéphiles. »

Inauguré en 1948 par Marlene Dietrich, le Paris Theater est exploité à l’origine par Pathé, qui y programme essentiellement des films français. Le groupe cède ensuite la location au début des années 1990 aux Américains Loews Theatres, qui rebaptisent la salle Loews Fine Arts Theatre. Repris par l’agent immobilier new-yorkais Sheldon Solow, le cinéma est exploité depuis 2009 City Cinemas et retrouve son nom d’origine. Le bail arrivant à son terme, le cinéma ferme le 29 août, témoignant une nouvelle fois de la santé fragile des salles face à l’évolution de l’industrie. 

Cette opération s’inscrit dans un contexte où la distinction entre distribution et exploitation aux États-Unis se fait de plus en plus ténue. Le 18 novembre, Makan Delrahim, procureur fédéral adjoint de la division antitrust du ministère de la Justice, avait annoncé à l’Association américaine du barreau sa volonté de mettre fin au décret Paramount. Entré en vigueur en 1949, il empêche depuis les grands studios d’être propriétaires de salles sans accord préalable des autorités de régulation.

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