Malgré une fréquentation en retrait, les films français s’illustrent à l’international en 2020

Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma @Pyramide

Si la pandémie de COVID-19 a fortement impacté les entrées et recettes du cinéma français, en chute de 70 %, elle n’enlève en rien la belle exposition dont il a bénéficié dans les salles et les festivals mondiaux.

13,7 millions de spectateurs se sont déplacés dans les salles obscures du monde entier pour découvrir des films français, pour 86,6 millions d’euros de recettes, estime UniFrance, qui vient de publier son bilan 2020 sur le cinéma français à l’international dans le cadre des Rencontres de l’Export. Si la baisse de ces deux indicateurs avoisine les 70 % par rapport à l’année précédente, le comparatif reste biaisé compte tenu d’un exercice 2020 chamboulé par la crise sanitaire. 

Dans les grandes lignes, l’organisme chargé de la promotion du cinéma français à l’international indique que 611 films tricolores ont été exploités dans le monde l’an passé, représentant plus de 1 300 sorties. 9,5 millions d’entrées ont été enregistrées par des productions majoritairement françaises, les titres en langue française cumulant pour leur part 10,6 millions de tickets. La comédie reste le genre le plus populaire (31,2 % des entrées), suivi du drame (24,5 %), de l’animation (16 %) et du fantastique/science-fiction (11,2 %). C’est Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma qui réalise la meilleure performance avec 1,47 million de spectateurs estimés à travers 40 territoires, le film devenant le plus gros succès d’une fiction en langue française des cinq dernières années en Corée du Sud (150 000 entrées). Le podium 2020 est complété par J’accuse de Roman Polanski et son 1,41 million de tickets dans 27 pays, et Les Misérables de Ladj Ly qui réunit plus de 670 000 curieux sur 48 marchés.

TOP 10 des productions majoritairement françaises selon leurs entrées à l’international en 2020 :

RangFilm (Exportateur / Producteur délégué)Entrées (en millions)Recettes (en millions €)Entrées cumulées au 31/12/2020 (en millions)Recettes cumulées au 31/12/2020 (€, en millions)Territoires
1Portrait de la jeune fille en feu (mk2 films / Lilies Films)0,977,061,4710,840
2J’accuse (Playtime / Légende, RP Productions)0,734,51,418,9727
3Les Misérables (Wild Bunch International / SRAB Films)0,573,86674,6448
4Hors normes (Gaumont / Quad Cinéma, Ten Cinéma)0,543,830,886,5334
5La Belle Époque (Pathé Films / Les Films du Kiosque)0,442,750,966,4436
6Donne-moi des ailes (SND / Canopée Productions, Radar Films, SND)0,271,260,351,8517
7Les Traducteurs (Wild Bunch International / Trésor Films)0,261,80,281,8717
8La Vérité (Wild Bunch International / 3B Productions)0.251,860,665,1136
9Un divan à Tunis (mk2 films / Kazak Productions)0,231,670,231,6720
10Yakari, le film (Bac Films Distribution / Dargaud Films)0,191,540,191,5413
Source : UniFrance (chiffres non définitifs).

Les films français s’exportent en Europe et s’imposent en festivals

Pour la cinquième année consécutive, l’Europe occidentale maintient sa place de leader comme zone d’exportation des films tricolores avec 51 % de part de marché (7 millions d’entrées). Elle devance l’Europe centrale et orientale (20,5 %) où la Russie, avec 1,47 millions de spectateurs, est devenu le premier marché mondial pour le cinéma français devant l’Italie. L’Asie grimpe sur le podium à la faveur des solides performances des Misérables ou de Portrait de la jeune fille en feu, tandis que l’Amérique du Nord chute en raison de la longue fermeture des salles.

L’an passé, 163 films hexagonaux ont été sélectionnés dans huit festivals internationaux (Cannes, Berlin, Venise, Toronto, San Sebastian, Rotterdam, Busan et Sundance), soit 19,5 % de la totalité des titres sélectionnés parmi lesquels 35 sont des productions 100 % françaises. À noter que les œuvres tricolores comptent 53 sélections dans le festival hollandais, 34 côté cannois, 34 en Corée du Sud ou encore 33 à la Berlinale. « Une des forces du cinéma français réside dans le tissu de coproductions qui le rend multiculturel et multilinguistique et lui permet de circuler davantage entre les manifestations (1,38 sélection en moyenne, le meilleur ratio de 2020) », note UniFrance. Parmi les récompenses, notons l’Ours d’argent de la meilleure actrice pour Paula Beer dans la coproduction Ondine et celui de la 70e Berlinale pour Effacer l’historique de Gustave Kervern et Benoît Delépine, le Lion d’argent à Venise pour Nouvel ordre de Michel Franco ou encore le prix de la mise en scène World Cinema catégorie films dramatiques à Sundance pour Mignonnes de Maïmouna Doucouré.

Retrouvez l’étude dans son intégralité ici.