Le regard des jeunes sur le cinéma selon Brut

Un panel de 1 833 hommes et femmes, dont 1 063 âgés entre 16 et 30 ans, ont ainsi été interrogés sur plusieurs points relatifs à leur rapport aux films et aux salles. @ FIFM

Une étude menée par le spécialiste de la data Kantar pour le média Brut mesure le rapport des 16-30 ans aux salles obscures et aux films qui y sont projetés. Malgré leur appétence plus marquée pour les services de streaming, le cinéma continue de les séduire, notamment grâce aux réseaux sociaux. 

La ferme intention pour Brut de donner la parole aux jeunes dans le cadre d’une grande consultation sur le cinéma s’est matérialisée par une étude, menée par Kantar, sur les attentes et comportements de la nouvelle génération vis-à-vis du 7e art. Un panel de 1 833 hommes et femmes, dont 1 063 âgés entre 16 et 30 ans, ont ainsi été interrogés sur plusieurs points relatifs à leur rapport aux films et aux salles. Si 7 jeunes sur 10 ont fréquenté un cinéma au moins deux fois en 2023, l’étude relève une forme d’exigence quant à la disposition des lieux et aux œuvres qui y sont projetées. 

Moteurs et barrières de la fréquentation

Malgré l’attrait plus accentué pour les services de streaming, en témoignent les 70 % de jeunes qui visionnent majoritairement des films sur les plateformes, 3 personnes âgées entre 16 et 30 sur 10 préfèrent se rendre au cinéma. Les facteurs qui les motivent sont, à 57 %, le besoin “de voir des films sur grand écran”, suivis de près par le fait de les voir avec des amis (43 %) ou des membres de sa famille (35 %). À l’inverse, le prix élevé des billets reste le principal obstacle à la fréquentation, puisque 59 % estiment qu’il est “trop cher”. L’appréhension du cinéma comme espace de socialisation se confirme également par le souhait des plus jeunes de disposer de loges fermées où il serait possible de parler (20 %) ou de séances durant lesquelles il est possible de dîner ou déjeuner (25 %). Les jeunes attendent également que le cinéma questionne leur vision du monde et enrichisse leurs échanges entre amis, alors que 72 % d’entre eux déclarent que c’est avant tout un moment pour se divertir. 

Le poids des réseaux sociaux

Si plus de deux tiers des jeunes se rendent au cinéma après avoir été séduits par une bande-annonce, l’effet de motivation des réseaux sociaux est bien plus important chez eux que chez les personnes plus âgées. Ainsi, 32 % des 16-30 sont allés visionner un film après en avoir entendu parler sur Instagram ou Tik Tok, contre 11 % des 31-64 ans. Les contenus les plus incitatifs sont généralement des extraits de films, des teasers ou des opérations marketing autour d’un long métrage. Certains vont même jusqu’à regarder des films, en intégralité ou en partie, sur Tik Tok (20 %).  Enfin, 30 % pensent que les exploitants devraient diffuser des vidéos et contenus populaires disponibles sur Youtube dans leurs cinémas. 

Un cinéma en phase avec les questions de société

La confiance des jeunes envers le cinéma, lorsqu’il aborde les sujets contemporains, est modérée, mais ils présument que le 7e art peut avoir des conséquences majeures sur les mœurs et idées d’une société, notamment sur la défense des droits des femmes (39 %) et des minorités (34 %). Plus de la moitié ont également modifié leur point de vue sur certains sujets après avoir découvert des histoires et des faits historiques à travers des films, alors que les personnages exercent une influence plus marquée sur les moins de 30 ans. Sur les questions inhérentes aux viols et aux violences sexuelles, les jeunes sont plus susceptibles de prendre position que les générations antérieures : un tiers serait pour l’arrêt de la diffusion des films comprenant un membre de l’équipe condamné pour de tels faits, tandis que 29 % n’irait tout simplement pas les voir. 

Un futur porté par l’IA

Malgré le potentiel créatif de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le cinéma, cette technologie est également perçue comme une menace pour l’industrie cinématographique. 4 jeunes sur 10 estiment tout de même que la génération automatique de nouveaux épisodes de leur saga préférée avec des dispositifs relatifs à l’intelligence artificielle est une bonne chose, tandis que 35 % sont intéressés par l’idée de devenir le personnage principal de leur film préféré grâce à celle-ci. La plupart des jeunes sont néanmoins opposés au remplacement des salles de cinéma par les casques de réalité virtuelle. La préservation de l’expérience et le risque de perdre le plaisir de voir un film en groupe en sont les principales raisons.

Un panel de 1 833 hommes et femmes, dont 1 063 âgés entre 16 et 30 ans, ont ainsi été interrogés sur plusieurs points relatifs à leur rapport aux films et aux salles. @ FIFM

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