Le Grand Central prend racine à Colomiers

La façade du cinéma VEO de Colomiers ©Veo

Après avoir débuté son chantier en août 2020, le nouvel établissement Véo achève ce samedi 23 octobre sa « sortie de terre » avec ses façades en terre crue et son double label “haute qualité environnementale” et “biosourcé”.

D’une superficie totale de 2 000 m², le nouveau cinéma offrira cinq salles et 762 fauteuils, avec des ambitions éco-responsables qui ont haussé la facture de plus de 15 %, pour un budget final de 5,35 M€. Retenu suite à l’appel d’offre de la Ville pour la construction et l’exploitation du nouveau site de la commune de près de 40 000 habitants, à l’ouest de l’agglomération toulousaine, SAGEC-Cinéma – qui regroupe les Véo Cinémas en exploitation directe – dispose d’une DSP de 30 ans. 

« Un cinéma à mi-chemin entre diner américain et grange gasconne » 

Entre son auvent et sa petite réhausse et le métal utilisé pour habiller les salles, « le Grand Central rappelle les tableaux d’Edward Hopper », s’émerveille Jean Villa, directeur de Véo Cinémas, avant de décrire la technique ancestrale des murs en pisé, élevés par tassement de terre argileuse « qui n’a donc pas été chauffée, sans liant, ni ciment, ni chaux, ni paille ; juste de l’argile brute ».

Et qui, bien entendu, remplissent aussi des fonctions de support pour les poutres de la toiture et d’isolation. La terre utilisée aurait pu être celle du terrain du cinéma, mais est finalement venue juste de 5 km plus loin, pour mettre à profit l’excavation d’un chantier voisin de parking sous-terrain. « La belle charpente en bois vient pour sa part du plateau des Millevaches dans le Limousin voisin », détaille Jean Villa. 

Vue latérale du cinéma ©Véo

Outre tous les tests de performance de sa labellisation HQE (isolation, énergie consommée), le label “bâtiment biosourcé” valide de fait le ratio entre l’usage de matériaux renouvelables, comme ici la terre crue et le bois, et celui de matériaux issus de grosses transformations, comme le béton ou le métal. Mais pour Jean Villa, au-delà de la reconnaissance de la qualité du travail réalisé, « le plus important est d’avoir mené un projet cohérent, qui a du sens, et de montrer que l’exploitation française n’est pas dans le greenwashing mais dans les actes concrets ». Le Grand Central conçu par l’agence Encore Heureux et mis en œuvre par ID Ciné « offre ce que l’on attend d’un cinéma en matière de durabilité et d’impact sur la cité ». 

Des salles qui mettent les cinéastes à l’honneur

Outre son grand espace d’accueil, les cinq salles s’inspirent des univers de Sofia Coppola, Agnès Varda, Christopher Nolan, Wes Anderson et Quentin Tarantino. Pour sa programmation, le nouvel établissement situé en plein centre-ville (à 300 mètres à peine de l’ancien cinéma Central), sera « aussi à l’aise pour passer des films grand public que d’auteur. Notre objectif est celui d’un cinéma pour tous ». Avec des tarifs allant de 4,50 à 8,90  € la place, et alors que l’ancien cinéma plafonnait à 50 000 entrées, le nouvel établissement vise, en exercice « normal », entre 160 000 et 200 000 entrées annuelles. Le Central a fermé ses portes le samedi 2 octobre, passant la relève depuis ce samedi 23 à un Grand Central fait de terre, de bois et d’amour du cinéma, qui ne laissera personne de marbre.

Plus d’infos dans le Boxoffice Pro n°406 du 20 octobre 2021.

La salle Agnès Varda ©Véo

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