Le DIRE s’impatiente de l’inaction de l’État contre le piratage

Les distributeurs indépendants réunis européens ont, dans un communiqué, tenu à rappeler le gouvernement à ses promesses en matière de lutte anti-piratage formulées en 2018.

Si depuis plusieurs mois, l’offre légale d’accès aux œuvres s’est développée, le piratage reste toujours présent et pénalise les acteurs du cinéma, dont les distributeurs indépendants, pendant cette nouvelle période de confinement. « Depuis quelques semaines, le phénomène s’aggrave encore avec la mise en ligne massive et frauduleuse de captations réalisées dans les cinémas juste avant leur fermeture. Les films des distributeurs indépendants, qui constituent l’essentiel de l’offre cinématographique depuis le début de la crise sanitaire, en sont particulièrement victimes », déplore le DIRE. 

Dans ce contexte, et alors que le gouvernement demande une nouvelle modification de la chronologie des médias, l’organisation critique son inaction à la suite de la dernière réforme conclue en 2018. « La mise en œuvre de cet accord, par lequel l’ensemble des organisations professionnelles amélioraient considérablement la continuité et la lisibilité de l’offre légale, devait être accompagnée de l’adoption simultanée de mesures destinées à renforcer la lutte contre le piratage. Ces mesures n’ont jamais été prises, tout comme celles proposées aux gouvernements précédents que nous n’avons eu de cesse d’alerter depuis plus de 10 ans sur les ravages d’actes délictueux devenus pratique courante. »

Le DIRE rappelle que « la culture a un coût : de création, de fabrication, de diffusion, et la mise à disposition des œuvres ne peut se faire sans que les créateurs et toute la chaîne des ayants droit ne soient rémunérés ». Pour l’organisation, « toute remise en cause de ce principe menace la création elle-même, ses sources de financements diminuant à mesure que le piratage se développe ». Elle assure que toute réforme de la chronologie sera « vaine » à défaut d’une lutte contre le piratage sous toutes ses formes : « prévention dans le cadre scolaire, déréférencement automatique de l’offre illégale, sanction financière significative des internautes, aggravée en cas de récidive, poursuite pénale des administrateurs de sites pirates, etc ».