Le CNC dévoile les ambitions du Sommet Lumière : vers une nouvelle diplomatie mondiale du cinéma

© Boxoffice Pro/A.Algan

En clôture d’une matinée d’échanges riche en enseignements sur l’état de l’exploitation mondiale, Gaëtan Bruel, le président du Centre national du cinéma et de l’image animée, a détaillé les contours et les grands enjeux du futur Sommet Lumière, qui réunira les décideurs internationaux de l’image animée en septembre prochain.

C’est à l’issue de la matinée organisée au CNC autour du thème “Cinéma en salles : Quelles tendances mondiales ? Quelles stratégies pour l’avenir ?”, marquée notamment par la restitution de l’étude consacrée aux tendances internationales de l’exploitation, que Gaëtan Bruel a pris la parole. « Jamais auparavant le CNC n’avait produit une étude d’une telle ampleur sur l’exploitation cinématographique dans le monde », a d’abord souligné le président du CNC, estimant que les échanges de la matinée avaient mis en lumière «un secteur à un tournant ». Selon lui, si « les défis sont immenses », le niveau de mobilisation de la filière l’est tout autant, dans un contexte où exploitants, distributeurs, producteurs et créateurs « continuent d’innover, d’expérimenter et de réinventer » les salles comme lieux d’expérience collective.

Une gouvernance mondiale face à des défis sans frontières

Le président du CNC a surtout insisté sur l’idée qu’aucun acteur ne pourra affronter seul les transformations en cours. « Chaque territoire, chaque acteur de cet écosystème mondial détient une pièce du puzzle », a-t-il déclaré, appelant à inventer « une véritable diplomatie du cinéma » capable de construire des réponses collectives aux mutations technologiques, économiques et culturelles qui traversent l’ensemble de l’industrie.

Le futur Sommet international du cinéma et de l’image animée, désormais baptisé Lumière Summit/Sommet Lumière, se tiendra le 7 septembre 2026 dans le cadre prestigieux de la Fondation Maeght*, à Saint-Paul-de-Vence dans les Alpes-Maritimes. Un lieu symbolique choisi pour rappeler que « les grandes transformations artistiques naissent toujours d’un dialogue entre les cultures, les artistes et les œuvres ».

Pour incarner sa dimension internationale, le Sommet Lumière sera coprésidé par Emmanuel Macron et son homologue sud-coréen Lee Jae-myung, en partenariat étroit avec le Korean Film Council (KOFIC) – dont le président Han Sang-jun était d’ailleurs présent dans l’assistance à la Plage du CNC. « Il existe de nombreuses agences cinéma dans le monde, mais aucune n’est plus proche du CNC que le KOFIC », a insisté Gaëtan Bruel, évoquant des défis et des modèles communs entre les deux pays.

Un format compact pour des engagements concrets

Organisé dans un format volontairement resserré, le Sommet Lumière accueillera « 120 décideurs internationaux, responsables institutionnels, créateurs et professionnels venus des cinq continents », représentant non seulement le cinéma, mais aussi la télévision, le streaming, le jeu vidéo et la création immersive. Le tout avec l’objectif, au-delà de l’observation des transformations en cours, « de construire ensemble des réponses collectives, forger des alliances, façonner une vision partagée de l’avenir des images animées, et surtout d’aboutir à des engagements concrets ».

Parmi les thèmes prioritaires figurent l’avenir des salles de cinéma, les convergences entre les médias, l’intelligence artificielle, mais aussi l’éducation à l’image. Dans ce domaine, Gaëtan Bruel a notamment comparé le dispositif chinois, qui montre annuellement quatre films à 300 millions d’élèves… dans leurs écoles, aux dispositifs de Ma classe au cinéma en France, « qui représente six millions d’entrées dans les salles à court terme mais, surtout, une manière de développer sur le long terme un goût pour le cinéma… et pour les cinémas ».
Enfin, le président du CNC a posé l’urgence absolue de la sauvegarde des oeuvres, alors que 80 % de notre patrimoine cinématographique n’a pas été numérisé, et que, « même dans des pays comme la France ou l’Italie, nous n’avons même plus assez d’experts, ni assez d’entreprises dans le domaine de leur préservation ».

Mais pour Gaëtan Bruel, « si la période qui s’ouvre devant nous est pleine de défis, elle est avant tout pleine d’opportunités », et si « c’est une révolution, nous devons être révolutionnaires. L’invention du cinéma a été portée par des talents et des entrepreneurs. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est que les décideurs politiques et les militants de l’éducation à l’image fassent également partie de la conversation. » Avant de conclure : « Je crois profondément que le cinéma peut avoir un immense avenir devant lui, à condition d’avoir, désormais, l’ambition de construire cet avenir véritablement ensemble. » Le rendez-vous est pris, pour le 7 septembre prochain, au Sommet Lumière.

* Inaugurée en 1964 par André Malraux, la Fondation Maeght est la première à avoir été entièrement dédiée à l’art contemporain

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