Le Cinéma Pax de Lourdes, le retour

© Cinéma Pax

L’établissement lourdais reprend les séances ce 20 février, modernisé et repositionné sous l’impulsion d’un nouveau trio d’exploitants. Avec l’ambition de reconquérir son public, dans une ville au profil singulier.

Fermé depuis mai 2025, le Cinéma Pax rouvre ses portes ce vendredi 20 février. Une relance portée par une nouvelle gérance, associant Charles Mascagni (Le Régent à Saint-Gaudens, Le Grand Rio à Lannemezan) et Ludovic Graillat, déjà partenaires au Grand Palais de Cahors, aux Toiles du Rex de Pamiers et au Rex de Luchon. À Lourdes, ils sont alliés à Marine Sans, ancienne directrice adjointe du Royal de Biarritz, désormais à la tête du Pax.

Plusieurs semaines de travaux ont été engagées pour remettre l’équipement de trois salles à niveau : hall entièrement refait, « plus un accueil plus lumineux et moderne », création d’un espace d’attente et d’un coin café, nouveau système son dans la grande salle, écran agrandi dans la plus petite, et quelques fauteuils retirés, à la marge, pour améliorer le confort.

« Le Pax, c’est 95 ans d’histoire, marquée notamment par la diffusion de films religieux », rappelle Marine Sans. Et si ces dernières années, le cinéma s’était exclusivement centré sur des titres commerciaux, la nouvelle équipe entend diversifier sa programmation vers l’art et essai. L’objectif est d’obtenir le classement et un label, « voire à terme, en fonction de l’envie du public, l’ensemble des labels », mais également de « casser les clichés sur Lourdes ». 

Un nouvel élan ciné dans la Cité mariale

La petite ville des Hautes-Pyrénées compte 13 000 habitants… et accueille près de trois millions de touristes par an. Une ville « originale dans son fonctionnement, divisée en deux, à la fois au niveau de sa population mais aussi au niveau géographique, avec une partie basse composée de boutiques et de restaurants, et une partie haute, plus résidentielle. Mais tout ça vit ensemble », observe la nouvelle directrice, bien décidée à ce que le Cinéma Pax trouve une place centrale dans cette « petite ville où tout le monde se connaît, et qui ne vit pas que pour les touristes et le tout cultuel ».  

Parmi les autres équipements cinématographiques de la commune, aux côtés du « croquignolesque » mono-écran Majestic « qui ne passe que des films religieux », la Ville avait ouvert la salle du Palais pour pallier l’absence d’offre art et essai et de séances scolaires sous l’ancienne exploitation du Pax. Quel est l’avenir de ce cinéma programmé par le Parvis ? « Ce qui est sûr, c’est qu’au Pax, nous allons faire notre travail, y compris à destination des scolaires », tranche Marine Sans. 

Observant que les anciens exploitants du Pax ne réalisaient qu’environ 15 000 entrées annuelles, « avec trois salles ouvertes tous les jours », la nouvelle directrice espère atteindre les 60 000 spectateurs, tout en restant consciente du « gros travail à faire pour aller chercher un public qui a perdu l’habitude de venir ». À cet enjeu de reconquête s’ajoutent des contraintes très concrètes : implanté en centre-ville, le Pax doit composer avec des conditions de circulation et de stationnement qui s’annoncent d’autant plus complexes à partir du mois de mars. « On est impatients de démarrer », conclut la jeune exploitante, déterminée à relancer la dynamique.

© Cinéma Pax
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