Dans son observatoire de la distribution, le Centre national du cinéma livre un focus sur les frais et les investissements des éditeurs de films en 2024.
Des frais d’édition en baisse pour les films français…
La meilleure année post-Covid en termes de fréquentation se révèle par ailleurs être celle affichant le plus bas niveau de frais d’édition : les distributeurs ont ainsi investi 76 M€ dans les films d’initiative française (FIF), soit -27,5 % par rapport à 2023 et -24,9 % par rapport à la moyenne 2017-2019 ; soit 396,4 K€ par titre en moyenne. Une baisse que le CNC impute à un nombre de FIF moins important – 191 en 2024, vs 229 en 2023 et 195 sur la période 2017-2019 – et qui s’inscrit dans une tendance baissière liée à la numérisation des salles et la fin des VPF (virtual print fee). Ainsi, les frais techniques totalisaient 31,2 % des frais d’édition en 2007 (entre le tirage des copies argentiques, leur transport et leur stockage), contre 6,1 % du total en 2024 (copies désormais numériques). Mais le nouveau recul observé en 2024 s’explique surtout par une diminution du nombre de films ayant des frais d’édition très élevés, supérieurs à 2 M€ : 11 films en 2005, 5 en 2023, contre un seul en 2024, L’Amour ouf. Aussi, le montant total des frais d’édition des films sortant sur une large combinaison (500 établissements ou plus) chute de 43,5 % sur un an, les frais d’édition moyens par film chutant, eux, de 28,0 %.
Hormis les frais techniques, le reste des dépenses est fléché principalement vers l’achat d’espaces publicitaires (59 % des frais d’édition), devant les frais divers de promotion (organisation d’avant-premières, location de salles, déplacements, à 22 % du total) et la fabrication du matériel publicitaire (affiche, site internet, spots radio, clips vidéo, à 12 %). 235,3 K€ sont investis en moyenne par film en achat d’espaces publicitaires, la salle de cinéma bénéficiant du plus d’investissements (28,9 % de l’enveloppe), devant l’affichage (26 %) ; troisième, internet (21,9 %) suit une progression continue avec 53,5 K€ investis par film, soit +118,6 % comparé à 2007 et +13,9 % par rapport à la moyenne 2017-2019.
Globalement, le CNC note d’importantes disparités de frais d’édition suivant la nature du film d’initiative française distribué : 440,5 K€ en moyenne pour une fiction, 301,1 K€ pour un long métrage d’animation, 126 K€ pour un documentaire et 260,8 K€ pour un titre art et essai.
L’intégralité de l’étude est à retrouver ici.
… et des investissements promo en recul toutes sorties confondues
Les investissements dans la promotion des films sortis en 2024, toutes nationalités confondues, ont été les plus bas de la décennie. 453 films, parmi les 744 en première exclusivité, ont fait l’objet d’une campagne publicitaire et seulement 6 films sur 10 ont été promus sur les cinq grands médias (affichage, cinéma, presse, radio, télévision). Cela représente une baisse de 6,1 points par rapport à 2023, au plus bas niveau des 20 dernières années. La promotion des films américains s’est encore plus réduite que celle des films français, même si, sans surprise, on observe toujours des écarts entre le nombre de films promus par les majors (86,8 % en 2024), les intégrés/TV (79,5 %), les distributeurs très actifs (75,8 %) et moyennement actifs (63,6 %) et les peu actifs (30,1 %). Mais une part plus importante de films art et essai est promue : 70,2 %, contre 48,9 % pour les films non recommandés.
Les investissements publicitaires bruts pour les sorties de 2024 s’élèvent à 365,6 M€, en recul de 15,4 % par rapport à 2023 et de 27,5 % par rapport à la moyenne 2017-2019. L’investissement moyen par film (807,0 K€ en 2024) suit la même tendance baissière, en lien avec la raréfaction des grosses productions américaines qui tirent généralement la moyenne vers le haut. L’investissement publicitaire moyen pour un film art et essai reste quatre fois inférieur à celui d’un film non recommandé, mais on note par ailleurs que pour les films européens ou d’autres nationalités, il dépasse légèrement le niveau d’avant crise.
Là encore le cinéma est le premier support de promotion des films, ayant triplé sa part de marché en 20 ans (48 % en 2024 contre 16,9 % en 2005). Il passe devant l’affichage dont la part de marché recule, quand celle de la télévision est à la hausse depuis l’ouverture à la publicité cinéma en 2020. En 2024, elle atteint 14,1 % et se maintient comme le troisième support de promotion des films. Cette pub télévisée n’a pas entraîné de hausse des investissements publicitaires, mais a donné lieu à un arbitrage entre les différents médias, au détriment notamment de l’affichage et de la presse.
Enfin, toujours sur cette année 2024, près de la moitié des investissements ont été assumés par les cinq premiers distributeurs et 31,5 % par les trois premiers, tous américains (Walt Disney, Universal et Warner Bros.). Le premier français en termes d’investissements publicitaires bruts, SND, est 5e.


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