La 77e Mostra de Venise maintenue du 2 au 12 septembre prochain

[Mis à jour le 22 avril] Le plus ancien festival de cinéma du monde se déroulerait donc aux dates prévues, comme l’a indiqué le 20 avril la Biennale de Venise à l’Agence de presse italienne ANSA. Une collaboration avec Cannes, sans être actée, est toujours possible.

Alors que les Biennales du théâtre et de la danse contemporaine ont été reportées, le festival de cinéma devrait donc se tenir malgré le contexte de pandémie. « Je crois que le festival doit jouir d’une « extraterritorialité  » en ce qui concerne les mesures de sécurité, un signal qui pourrait s’étendre à d’autres lieux de spectacle », a déclaré le nouveau président de la Biennale Roberto Cicutto, pour qui « Venise peut être un excellent laboratoire ». 

Concernant les mesures sanitaires à mettre en œuvre, Roberto Cicutto dit en effet attendre des dérogations spéciales de la part des autorités italiennes, indiquant qu’elles seraient clarifiées d’ici la fin du mois de mai, même si les salles italiennes n’ont pas encore repris leur activité normalement. Selon lui, « ce n’est pas la même chose de gérer six ou sept salles dans une zone limitée, que des milliers sur le territoire national ». 

Le président s’attend, bien entendu, à ce que la fréquentation étrangère soit moindre cette année que lors des éditions précédentes, précisant que « la technologie numérique sera importante pour la presse internationale ». Quant à une possible collaboration avec le Festival de Cannes, évoquée par Thierry Frémaux dans les colonnes de Variety mercredi 15 avril, Roberto Cicutto indique que « tout est possible et tout peut être étudié », mais « trouve déconcertant que Thierry Frémaux dise qu’il continue de réfléchir sans dire ce qu’il veut faire ». Pour le président de la Biennale, « nous poursuivons notre programme, si Cannes y réfléchit encore, il n’y a pas de dialogue. Il n’y a pas d’hypothèse aujourd’hui. »

Deux jours plus tard cependant, le directeur artistique de la Mostra de cinéma Alberto Barbera déclarait, toujours à l’ANSA, qu’« avec Thierry Frémaux, la discussion est encore ouverte ». Pour lui, il existe une volonté concrète des deux côtés et « la possibilité d’une véritable collaboration avec le Festival de Cannes serait également le signe d’une solidarité envers le monde du cinéma, plus que jamais en difficulté. Et ce, au-delà de toute compétition ».

Par ailleurs, Barbera précise que la Mostra 2020 fera aussi une grande utilisation du numérique. Le premier grand festival « post-Coronavirus », sera « forcément expérimental ». Avec les mesures de distanciation sociale, il faudra probablement réduire le nombre d’accrédités et « il est clair que de nombreux films, notamment étrangers, ne seront pas accompagnés de talents qui ne voudront ou ne pourront pas venir ». Il faudra donc prévoir des conférences de presse en ligne et des projections sur des plateformes sécurisées pour les journalistes qui ne seront pas sur place. « Cela s’appliquera également à certains spectateurs », ajoute le directeur artistique, mais « l’avantage d’être présent au Lido sera toujours là. Le tapis rouge, les interviews individuelles, les rencontres et l’atmosphère sont irremplaçables et ne peuvent pas se reproduire en ligne. »