Interview : L’ADRC et Hexacom présentent le nouveau guide « Créer ou transformer un cinéma »

Eric Lavocat et Christian Landais.

12 ans après la 2e édition, l’Agence pour le Développement Régional du Cinéma (ADRC) a collaboré avec Hexacom pour élaborer la nouvelle version du guide “Créer ou transformer un cinéma”. Christian Landais, architecte conseil et responsable des études à l’ADRC, et Éric Lavocat, dirigeant du cabinet de conseil Hexacom, détaillent le contenu de cet ouvrage disponible à partir du 2 avril.

Que retrouve-t-on dans ce guide ?

Christian Landais : Nous avons structuré une méthode d’approche avec les grands fils conducteurs, de la genèse du projet cinématographique jusqu’à sa finalisation : définition du projet d’exploitation, du projet architectural, des modes de gestion potentiels. 
Éric Lavocat : C’est un guide qui s’adresse aux collectivités et aux exploitants, même si ces derniers vont retrouver beaucoup de choses qu’ils connaissent. On n’a pas la prétention de leur apprendre à gérer une salle. Mais sur la dimension juridique, sur le pilotage de projet, même sur des aspects architecturaux, il y a des éléments qui leur seront utiles.
C.L. : Le guide répond à un besoin de méthodologie dans une dynamique de projet. Puis ensuite, à un besoin de pointer des objectifs, des tendances, avec des recommandations par exemple sur la question de la reconquête du centre ville par le cinéma.
E.L. : On s’est dit qu’il fallait apporter des éléments méthodologiques et pédagogiques importants pour les collectivités. C’est une manière de remettre un peu à plat le mode de fonctionnement de l’exploitation.

Quelles sont les principales nouveautés ?

C.L. : Beaucoup de choses ont évolué depuis la précédente édition du guide. Le premier chapitre sur la typologie des salles a été étoffé : il s’agissait d’établir le contexte de l’exploitation actuelle et de tenter de définir ce qu’est une salle de proximité. 
E.L. : C’est un concept que tout le monde manie, parfois à tort et à travers, et on voulait lui redonner quelques bases fondatrices. On a aussi enrichi le chapitre dédié au projet d’exploitation, la dimension architecturale et revu le chapitre juridique.
C.L. : Dans le précédent guide, ce chapitre se centrait sur la collectivité et se cantonnait à la régie, la DSP et l’exploitation privée. Aujourd’hui il existe des montages plus complexes, en allant au-delà des moyens de financement classiques. Beaucoup ne s’adressent pas spécifiquement au cinéma, mais il peut correspondre à leurs critères d’éligibilité. 
E.L. : Dans une période de forte contrainte budgétaire, les villes et les exploitants recherchent les montages les plus astucieux pour maximiser les aides. Notre volonté est de rester pédagogique, d’informer sur le panel existant, sans pour autant faire du conseil juridique.
C.L. : On a aussi travaillé sur le calendrier prévisionnel des études et travaux, via une mise en page clarifiée, avec les différences entre la maîtrise d’ouvrage publique et privée. C’est à géométrie variable, c’est un calendrier théorique, adapté à la nature du projet.

Comment avez-vous travaillé ?

C.L. : La deuxième édition du guide datait de 2007, juste avant la loi LME de 2008 qui a changé les règles des CDAC, et comportait encore la mention de CDEC, ce qui interpellait régulièrement les exploitants. Il était donc nécessaire de se pencher sur une nouvelle version. Mais l’emballement des projets nous a laissé peu de temps pour la rédaction du guide, ce qui explique cette longue attente. C’était important de travailler avec Eric afin d’avoir une vision extérieure à l’ADRC, ce qui était le cas dans les deux versions précédentes. On a donc mutualisé nos efforts.
E.L. : On a chacun pris en charge la rédaction d’un chapitre puis collaboré sur la relecture pour apporter des précisions et des ajustements. La partie sur les multiplexes, qui datait de l’époque où ce type de cinéma se développait a été édulcorée, pour revenir à une typologie de proximité.

Quelles ambitions portez-vous avec ce guide ?

C.L. : Il existe peu de littérature sur l’exploitation et nous souhaitons en faire un objet de référence. Il sera accessible en format PDF sur notre site pour les exploitants et les collectivités le 2 avril, et nous l’imprimerons en 300 exemplaires à destination des institutions.
E.L. : Une des nos ambitions communes est aussi d’inciter les salles au développement de leur proximité territoriale, avec leur public, avec le tissu associatif, économique. Cette inscription du cinéma dans un territoire est primordiale et c’est le message de ce guide. On souhaite qu’il soit utile pour les projets mais aussi qu’il incite les exploitants, les collectivités, à nous faire part de leurs remarques, de leur souhait d’approfondir tel ou tel aspect.

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