Inde : les cinémas entre soulagement et prise en otage ?

Sooryavanshi, de Rohit Shetty. Une grosse sortie bollywoodienne pour avril 2021, mais d’aussi grandes exigences auprès des cinémas… ©Reliance Entertainment/Rohit Shetty Productions/Dharma Productions

Dans le contexte d’une forte amélioration de la situation sanitaire, les salles indiennes ont reçu le feu vert pour une reprise totale d’activité depuis le 1er février, avec une capacité de jauge revue à 100 %.

La levée de la restriction de jauge est un grand soulagement pour le parc cinématographique indien qui peut accueillir le public depuis octobre 2020, mais où la limitation à 50 % de la capacité entretenait non seulement la méfiance des spectateurs, mais aussi celle des producteurs et distributeurs de films. La nouvelle autorisation gouvernementale promet de donner tout son élan à la reprise sur les écrans qui s’apprêtent à accueillir de grosses productions bollywoodiennes, jusque-là frileuses de tenter leur chance dans un contexte d’exploitation bridé. Et alors que le line-up des semaines à venir se consolide avec de nombreux films locaux à fort potentiel, des personnalités du 7e art ont pris la parole pour se réjouir des retrouvailles annoncées dans les salles.

À l’occasion de l’annonce de la date de sortie de son nouveau film Karman en avril prochain, Venkatesh Prabhu Kasthuri Raja – plus connu sous son nom de scène Dhanush – a remercié le producteur du film Kalaipuli S. Thanu de « penser aux exploitants, aux distributeurs et tous ceux dont la subsistance dépend des films et des cinémas, bien qu’il ait eu d’autres options ». « Désolé d’avoir mis tant de temps à revenir vers les exploitants », a quant à lui tweeté l’acteur Salman Khan, qui espère que la sortie de Radhe en mai leur apportera un soutien conséquent. « En retour, j’attends de leur part qu’ils portent un soin extrême au public qu’ils vont accueillir pour voir le film », a ajouté la méga star indienne. 

Parmi les autres grosses productions bollywoodiennes, le film d’action Sooryavanshi de Rohit Shetty se redate en avril mais ses producteurs demanderaient, selon le site spécialisé Bollywood Hungama, un partage de recettes à 70 % ainsi qu’un raccourcissement de 4 à 2 semaines de son exclusivité salles. Des exigences auxquelles les exploitants s’opposent, tandis que, dans un calendrier de printemps qui s’annonce serré, le film de cricket 83 de Kabir Khan se décale, une fois de plus, sur juin 2021. 

Les mesures de port du masque et de distanciation physique de deux mètres en dehors des salles restent bien entendu toujours en vigueur dans les cinémas, qui sont résolument prêts pour de grandes retrouvailles, mais aussi de nouvelles batailles. 

Après un box-office record à 10 000 crores de roupies (environ 1,14 milliard d’euros) en 2019, ComScore chiffrait la baisse de l’exploitation indienne à environ à -78 % pour 2020.