Gaumont poursuit sa conquête audiovisuelle

MENTEUR d’Olivier Baroux, est, à ce jour, la meilleure performance 2022 de Gaumont dans les salles françaises (plus de 890 000 entrées). ©Arnaud Borrel-2022 Gaumont-M6 Films

Après deux années fortement marquées par la crise sanitaire, la firme présidée par Nicolas Seydoux confirme sa montée en puissance sur le terrain de la production et de la distribution audiovisuelles… tout en anticipant un avenir moins prolifique.

Côté cinéma, Gaumont se contente d’un chiffre d’affaires de 3,4 M€ dans les salles françaises au premier semestre de l’année, contre 4,1 M€ en 2021. Le chiffre d’affaires lié à la diffusion de films à l’étranger a, pour sa part, atteint 8,9 M€ sur le semestre écoulé (contre 6,8 M€ en 2021), et comprend notamment « une vente exceptionnelle du Cinquième élément réalisée ce semestre ».

Côté audiovisuel (production et distribution), Gaumont atteint un chiffre d’affaires de 73,7 M€ au premier semestre 2022 (contre 44,4 M€ en 2021), soit 67 % du chiffre d’affaires de l’ensemble du groupe, avec la finalisation et la livraison de quatre programmes : la série d’animation américaine Samurai Rabbit: The Usagi Chronicles livrée à Netflix, la deuxième saison de la série américaine El Presidente à Amazon, les séries de fiction françaises Hors saison à France Télévisions et Totems à Amazon.

Sur ce premier semestre 2022, les investissements de Gaumont en matière d’œuvres cinématographiques s’élèvent à 9,6 M€ (contre 18,5 M€ au premier semestre 2021), et ses investissements dans les œuvres audiovisuelles à 19,1 M€ (contre 46,9 M€ au premier semestre 2021, dont le niveau élevé était principalement dû aux reports des tournages prévus en 2020).

« Si la guerre en Ukraine n’a pas d’incidence directe significative sur l’activité de Gaumont, elle crée une incertitude géopolitique mondiale dont les seules conséquences économiques, au-delà d’une forte inflation, de taux d’intérêt en hausse et de taux de change volatiles sont difficilement prévisibles », estime la firme. Cette dernière prévient, en outre, que dans ce contexte, « aux effets accentués par la restructuration des studios et la saturation du marché mondial de la SVOD, certaines plateformes révisent leurs investissements à la baisse engendrant des annulations de commandes qui affectent directement Gaumont ». 

Au global, au premier semestre 2022, les pertes de Gaumont reculent à 4,1 M€ (contre 6,2 M€ au 30 juin 2021), pour un endettement net à hauteur de 1,9 M€.