Étude ADRC : Coûts prévisionnels des projets de cinéma 2020

La restructuration de l’Omnia République à Rouen est une quasi-reconstruction.

Comme de coutume à l’occasion du Congrès de Deauville, le département Études et Conseil de l’Agence passe à la loupe les budgets des projets de cinéma en 2020, sous le signe de la crise sanitaire… et sans échéance électorale. 

L’étude se base sur les 29 projets soutenus en 2020 par la commission d’aide sélective du CNC, contre 36 l’année précédente. La diminution du nombre de projets est d’autant plus significative que celui de 2019 était déjà en baisse par rapport à la moyenne de 44 projets soutenus sur les dix dernières années. « 2019 était une année pré-électorale et voyait [pourtant] déjà le nombre de projets diminuer. La crise sanitaire ayant posé nombre de difficultés dans le secteur de la construction, il est logique que 2020 suive ce mouvement », note l’ADRC.

Des investissements toujours soutenus… et plus privés 

En 2013, soit en amont des élections municipales de 2014, les investissements avaient atteint un record de 87,7 M€ en 2013, avant de baisser fortement les deux années suivantes. Dans la même logique, en 2020, ils sont en baisse de 20 % : 74,8 M€ investis en 2020 contre 94,4 M€ en 2019. « Cette valeur reste forte alors que le nombre de projets soutenus n’a jamais été aussi bas. » Une situation qui s’explique par la mise en accessibilité des établissements existants « qui nécessitent des réhabilitations lourdes, entraînant des coûts de restructuration ou rénovation plus élevés ».
Aussi, après l’équilibre entre projets publics et privés de 2019, en 2020, seuls trois projets de création soutenus par le CNC sur huit étaient publics –, de quoi démontrer une fois de plus l’impact des années électorales. Or, si les projets privés sont prépondérants, leur différence de coût avec les projets publics a tendance à diminuer « par le retour vers le centre-ville et la prise en compte de contraintes urbanistiques, d’articulation avec les collectivités et d’objectifs de qualité (accessibilité, développement durable) ».

Plus petits mais plus complexes

En 2020, les créations représentaient 28 % des projets soutenus (contre 50 % en 2019), la proportion de projets structurants – soit de création ex nihilo et adjonctions de salles – représentant toujours la majorité des projets (52 % en 2020 contre 67 % en 2019) . Et si la part de rénovation est en diminution (de 19 % à 10 % en 2020), celle des réhabilitations augmente (de 11% à 17 %). « Ces proportions sont en prise avec les transformations de la petite exploitation qui, pour répondre aux évolutions de la diffusion tout en maintenant la diversité de l’offre, nécessite la création d’écrans supplémentaires », souligne l’agence. Et comme dans de nombreux cas, une simple extension n’étant pas envisageable dans les établissements de centre-ville parfois exigus et complexes à restructurer, le transfert du projet sur une parcelle offrant plus d’espace impose des coûts en conséquence. À noter que dans le cas de l’étude de l’ADRC, ces opérations sont considérées comme des  créations ex-nihilo, « même si l’exploitation agrandie dispose déjà d’une autorisation d’exercice par le CNC ». 
Les investissements qui se concentrent sur des projets complexes, « qualitatifs mais onéreux », maintiennent un ratio au fauteuil élevé compte tenu de capacités plus faibles. De fait, « cette année, les ratios surfaciques sont ceux qui subissent une augmentation parfois importante. Cela s’explique à la fois par des objectifs qualitatifs et environnementaux de plus en plus élevés, ce qui fait augmenter le coût global des constructions, mais aussi par des opérations concernant des cinémas aux surfaces plus réduites mais non moins contraintes », observe l’ADRC. 

La stabilité du coût moyen par projet – 2,58 M€ contre 2,62 en 2019 –  tout comme celle du coût médian, sont considérées comme le signe de leur préservation, pour l’heure, d’un quelconque impact de la crise sanitaire. Toutefois, « il est probable que les véritables variations se verront dans les années à venir. En effet, en 2020, l’épidémie a surtout provoqué des ralentissements, notamment sur les chantiers, mais également d’un point de vue logistique », rappelle l’ADRC tout en notant que la plupart des projets de 2020 avaient été chiffrés et préparés avant l’arrivée du virus  Car les répercussions économiques sont déjà visibles dans le secteur de la construction, notamment au niveau de l’approvisionnement en matériaux. Nul doute que l’année prochaine, les effets de la crise seront plus visibles. Reste à savoir quelle sera l’ampleur de la remise en question du nombre de projets et de leurs investissements. 

L’étude en intégralité sur le site de l’ADRC.

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