C’est par le GNCR, dont elle était l’un des piliers, que nous avons appris le décès de celle qui a dirigé, pendant 30 ans, le Café des images à Hérouville-Saint-Clair, et qui avait lancé, avec les Enfants de cinéma, les premiers dispositifs nationaux d’éducation aux images.
Voici l’hommage à Geneviève Troussier rédigé par le GNCR :
« D’origine angevine, elle a fait des études de sociologie à la Sorbonne avant d’arriver dans les années 1970 à Hérouville, ville nouvelle alors encore en chantier. Elle y a intégré le service loisirs de la Ville, avant de prendre en 1981 les commandes du Café des images, structure art et essai imaginée par l’équipe municipale comme un “centre culturel cinématographique”. Figure de proue de l’exploitation art et essai, elle a fait des trois salles de ce cinéma, emblème de l’architecture avant-gardiste de la ville, un vrai lieu de vie et de culture. Grâce à un réseau exceptionnel, tissé au fil des années dans le milieu du cinéma, elle a permis au public hérouvillais de rencontrer des géants du 7e art. Elle a également initié une vraie politique d’éducation à l’image avec des dispositifs comme le ciné-kid, un Ciné-club pour les 8-12 ans, des stages d’analyse de films pour tous…
Cet engagement et cette exigence au service du cinéma et de la cinéphilie, elle ne l’a pas limité à son territoire mais, avec l’esprit de “tête chercheuse” qui la caractérisait, elle a pris son bâton de pèlerin et n’a pas cessé de mener son combat acharné en faveur de la transmission et de “l’art d’aimer le cinéma” cher à Jean Douchet. En s’entourant des meilleurs soldats. Qu’on pense à Eugène Andréanszky, Edith Perrin, Carole Desbarats, Catherine Baillache, une poignée de passionné·e·s qui ont révolutionné l’esprit des années 1990, pionniers et pionnières d’une reconquête : avec, d’abord, la création du GNCR (Groupement National des Cinémas de Recherche) né du désir de se regrouper pour soutenir des films novateurs et singuliers, dans le prolongement de l’ACOR (Association des Cinémas de l’Ouest pour la Recherche). Puis celle des Enfants de cinéma qui a mené, pendant 30 ans, une réflexion approfondie sur le cinéma, les images et le jeune public. C’est elle qui, missionnée par le Centre National du Cinéma, a mis en œuvre le dispositif historique « École au cinéma, précurseur de Ma classe au cinéma, dispositif d’éducation aux images en temps scolaire le plus massif, qui, aujourd’hui, s’étend de la maternelle au lycée. Ayant le cinéma en religion, Geneviève Troussier fut un pilier de l’ACOR, du GNCR et des Enfants de cinéma, trois associations et autant de cathédrales qu’elle a longtemps présidées, comme elle fut présidente de la Maison de l’image, qui avait pour mission de faire vivre et promouvoir le cinéma d’auteur en région avec un fort dispositif d’aide à la création, mais aussi un pôle très dynamique d’éducation à l’image. Cette maison-là, elle l’a quittée quand elle a fusionné avec Normandie Images pour devenir le pôle de la Normandie réunifiée. Elle a également laissé les clefs du Café des Images en 2013, d’abord à Yannick Reix, puis à Elise Mignot. Mais elle est restée jusqu’au bout fidèle aux Enfants de cinéma, jusqu’à l’annonce de la dissolution de l’association en 2024. Elle a alors eu ces mots d’au revoir « Enfants de cinéma, beaucoup le sont sans le savoir, ou le sont devenus, ou le deviendront, et cela a été l’enjeu passionné qu’aura porté, 30 années durant, notre association, Les enfants de cinéma. » Un enjeu qu’elle aura porté également passionnément pendant 40 années. C’est à notre tour de lui dire au revoir.
Nous nous souviendrons d’elle pour tout ce qu’elle à apporter, tout comme nous garderons en mémoire son éternelle chevelure noire et son éternelle salle à fleurs. »


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