CNC : Les pratiques cinématographiques des Français en 2025

Les spectateurs récupérant leur ticket au Pathé Wepler ©Boxoffice Pro

Alors que le Congrès de la Fédération nationale des cinémas français se termine, le CNC livre les résultats de son enquête sur le public (de plus de 15 ans), notamment en comparant les pratiques avec celles d’avant-Covid.

Le cinéma demeure une pratique collective, notamment chez les jeunes

En 2025, plus des trois quarts des spectateurs (76,5 %) étaient accompagnés lors de leur dernière séance. On note toutefois que les pratiques évoluent par rapport à l’avant-Covid : la sortie cinéma en solitaire réalise un record depuis 2016, avec une évolution de +2 points par rapport à 2024. Les jeunes, eux, continuent d’aller au cinéma en bande – seuls 16 % des 15-19 déclarent y aller seuls. On remarquera que la sortie en couple, toujours majoritaire (32,7 %), est à nouveau en recul, avec une différence de -5,6 points par rapport à l’avant-crise. Mais la pratique familiale, en croissance par rapport à l’avant Covid (+5 points), tend à la rattraper (29,3 %). 

L’attractivité des nouveautés

La grande majorité des spectateurs (84,9 %) se déplace en salle dans les quinze premiers jours suivant la sortie du film, un chiffre supérieur de +5,2 points par rapport à 2019. Et près du quart des personnes interrogées y vont les cinq premiers jours après la sortie (un record depuis 2016), en particulier les assidus (38,8 %, +14 points par rapport à 2019) et les jeunes (30,4 %, +8,3 points). 

Un nombre également record de répondants (75,4 %) considère que les films restent suffisamment longtemps à l’affiche, les moins satisfaits demeurant les seniors et les assidus.

La proximité, un critère de plus en plus important dans le choix du cinéma

Parmi les critères influençant le choix de la salle, 75,7 % des spectateurs citent la proximité (+3,3 % par rapport à 2024), proportion la plus élevée depuis au moins 2019. Ce qui a peu changé, c’est que 93,3 % des spectateurs déclarent se rendre au cinéma en moins de 30 minutes, et la durée moyenne d’un trajet se fixe à 15 minutes.
À la seconde position, un quart des répondants citent le confort et un quart la facilité d’accès. À noter que ce critère est avancé par 34,9 % des seniors. Étonnamment, le critère de la richesse de l’offre atteint son plus bas niveau depuis 2016, et n’influence que 20,4 % des répondants.

Un attachement au cinéma français… et aux animations proposées

Comme en 2024, 93,3 % des spectateurs sont satisfaits des films français, et particulièrement attirés par les comédies. Près des trois quarts des spectateurs privilégient la VF pour les films étrangers (74,5 % contre 71,1 % en 2019), et notamment les occasionnels et les adolescents.

En 2025, 35,3 % des spectateurs ont participé à au moins une animation (dont retransmission de spectacle vivant), contre 25,3 % en 2019. Chez les assidus, cette part monte à 52,1 %, et à 41,6 % chez les jeunes « pour qui ces animations constituent un réel levier de fidélisation, plus que de conquête » remarque l’étude. Ces deux catégories ont par ailleurs des pratiques culturelles plus diversifiées (théâtre, médiathèques, concerts, musées…). 

Un poids croissant des réseaux sociaux 

Internet demeure le second moyen d’information sur les films –, derrière la bande-annonce en salles (57,6 %) –, et touche 42,1 % de spectateurs, comme en 2024 (soit +17,5 points par rapport à 2019). Cependant, “seulement” 52,9 % des 15-24 ans s’informe principalement via Internet, dont 18,8 % via les réseaux sociaux – contre 9,3 % en général –, bien que 84,8 % soient exposés à leurs publications. La télévision demeure le troisième prescripteur (32,7 %), citée à 38 % par les 50 ans et plus. 

À noter que le rôle prescripteur des critiques de médias atteint son plus bas niveau depuis 2016, soit 16,8 % de répondants (-6,8 points par rapport à 2019). Autre baisse notable, le bouche-à-oreille, cité par 21,3 % des spectateurs (mais 26,9 % des jeunes) a perdu 16,6 points depuis 2016. 

La démocratisation des réservations

En 2025, 35,3 % des spectateurs achètent leur billet à l’avance, en hausse de 3,7 points par rapport à 2024, et de 10 points par rapport à l’avant-crise. Cependant, l’étude pointe que cette réservation ne découle pas d’une anticipation de la sortie, puisque 50,9 % des réservations sont réalisées le jour même (contre 40,3 % en 2024 mais… 67,4 % en 2019).

©CNC

L’influence du Printemps et de la Fête du cinéma

  • 37,2 % des répondants disent être allés en salles pendant le Printemps du Cinéma (50,6 % des assidus et 41,2 % des 15-24 ans).
    28,8 % y sont allés pour la Fête du Cinéma (51,2 % des assidus et 39,3 % des 15-24 ans)
  • 51,9 % du public du Printemps du Cinéma et 57 % de celui de la Fête du cinéma ont vu au moins un film qu’ils ne seraient pas allés voir autrement. 
  • Les principaux canaux d’information sur ces opérations demeurent les bandes-annonces en salles (60 % pour le Printemps et 60,8 % pour La Fête du Cinéma), puis les affiches dans les cinémas (36,4 % du public pour le Printemps et 40,9 % pour la Fête)  
  • Plus de la moitié des 15-24 ont vu au moins une promotion de la Fête du Cinéma sur les réseaux sociaux, contre 35,5 % en général. 
Les spectateurs récupérant leur ticket au Pathé Wepler ©Boxoffice Pro

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