Capricci en liquidation

Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma de Jean-Luc Godard, distribué par Capricci

La société de distribution a été mise en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Nantes le 3 décembre.

Un mois après son placement en redressement judiciaire, Capricci Films a donc été placée en liquidation, comme le confirme le tribunal de commerce de Nantes. La structure de distribution, fondée à Nantes en 1999 par Thierry et Farid Lounas – également producteurs et co-fondateurs magazine So Film – aura sorti en salles plus d’une centaine de longs métrages en 25 ans, dont Mange tes morts de Jean-Charles Hue, Vincent doit mourir de Stephan Castang ou La Nuée de Just Philippot qu’elle avait également produits. La structure a ainsi contribué à la découverte d’auteurs singuliers comme Albert Serra, mais aussi de Hong Sang-soo, Wang Bing, ou encore Philippe Garrel ou Abel Ferrara. Le distributeur était aussi très actif dans les rééditions, de Dreyer à Cronenberg en passant par Godard, y compris à travers des rétrospectives consacrées à  Mizoguchi, Pialat ou encore Chantal Akerman en 2024. La dernière, sortie le 17 septembre dernier, était la trilogie Gregg Araki “Teenage Apocalypse”.

La procédure de liquidation de la société intervient dans le contexte houleux de témoignages dans la presse accusant Thierry Lounas de harcèlement moral et sexiste au sein de ses équipes. Sans qu’il y ait forcément de lien direct avec la triste fin de Capricci, cette situation a fait réagir le GNCR, qui exprime son soutien aux victimes présumées et sa « solidarité à tou·te·s les salarié·e·s dans cette lourde et difficile période. Cette dernière annonce marque également la fin d’un label cinéphile dont la singularité a été portée, jour après jour, par des équipes passionnées. Leur travail au service des œuvres a constitué, durant de longues années, notre premier lien avec ces structures ».

Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma de Jean-Luc Godard, distribué par Capricci

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