Après un exercice 2024 de haute facture, les films tricolores ont connu une année plus contrastée dans les salles.
Un p’tit truc en plus et Le Comte de Monte-Cristo vous manquent et tout est dépeuplé. Le raccourci se révèle facile mais pour beaucoup d’observateurs, c’est l’une des principales raisons justifiant le cru compliqué vécu par les cinémas français, en déficit d’une vingtaine de millions d’entrées par rapport à l’année précédente. Soit le cumul des deux films précités. Alors que 2024 avait été fructueuse (44,76 % de part de marché, meilleur niveau depuis 2014), la production tricolore a, avec 37,7 %, enregistré sa plus faible part de marché post-Covid.
Aucun titre français n’a tutoyé les 10 millions de spectateurs, ni les 5 millions, l’an passé, et nombreuses ont été les promesses qui n’ont pas transformé l’essai comme escompté. Ainsi, le cinquième volet des Tuche, God Save the Tuche a séduit 3 millions de curieux, soit le plus gros succès français de l’année, mais reste inférieur aux opus 2 et 3, qui écoulaient respectivement 4,6 et 5,7 millions de tickets. Après les plus de 2 millions d’entrées générées par Novembre et Bac Nord, le nouveau polar de Cédric Jimenez s’est contenté de 1,4 million d’entrées, tandis que Kaamelott – Deuxième volet (partie 1) a tout juste atteint le million de billets, loin des 2,7 millions vendus par le premier film, en plein pass sanitaire.
Parmi les comédies, certaines ont su, un temps, drainer du public en salles, comme Y a pas de réseau (705 000 entrées) pendant l’été, C’était mieux demain (890 000) et T’as pas changé (725 000) à l’automne et Chasse gardée 2 (745 000) en fin d’année, mais sans maximiser leur potentiel. D’autres n’ont jamais vraiment décollé, tels Le Jour J (325 000 tickets vendus), Mercato (240 000), Le Million (220 000), Certains l’aiment chauve (210 000) et autres Le Grand Déplacement (130 000). Quelque unes ont tout de même réussi à séduire : Un ours dans le Jura (1,6 M), La Venue de l’avenir (915 000) et La Femme la plus riche du monde en tête (900 000 billets) et, à leur échelle, A bicyclette ! (550 000) ou encore On ira (510 000).
Les (co)productions françaises passées par Cannes – en 2025 ou avant – ont, une nouvelle fois, brillé en salles, à l’instar de Sirāt (plus de 710 000 entrées), Dossier 137 (660 000), Partir un jour (660 000), Vie privée (610 000), Valeur sentimentale (425 000), La Petite Dernière (400 000) et Un simple accident (670 000), deuxième meilleure performance post-Covid pour une Palme d’or derrière Anatomie d’une chute (1,9 M). Témoins de l’économie de prototypes qu’est le cinéma, notamment français, plusieurs œuvres ont créé la surprise, surpassant largement les prévisions. S’imposent dans ce registre les performances de Zion au printemps et de Sacré cœur à l’automne, avec près de 500 000 entrées chacun, Muganga – Celui qui soigne avec quelque 300 000 tickets vendus ou encore Fanon et ses 250 000 billets.
Les regards sont maintenant tournés vers 2026 qui s’annonce être un exercice bien plus dense, avec des vacances d’hiver rythmées par Les Légendaires et Gourou le 28 janvier, Marsupilami de Philippe Lacheau le 4 février ou encore LOL 2.0 de Lisa Azuelos le 11 février. Sont également attendues les deux parties de La Bataille de Gaulle les 10 juin et 1er juillet, qui tomberont à temps pour fêter le cinéma et l’été, le nouveau Toledano-Nakache, Juste une illusion, le 16 octobre, Les Misérables de Fred Cavayé le 9 décembre. Le tout sans oublier une production art et essai, de L’Affaire Bojarski (14 janvier) à Moulin (28 octobre), qui apportera à la fréquentation une diversité et son lot de succès qui fait tout le charme et l’unicité du marché français.
Le top 20 des films français au box-office 2025 :



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