Alba Films annonce 13 sorties dans l’année

L'équipe d'Alba pour son Digital Day sur la plateforme Beem, organisé en partenariat avec Boxoffice Pro

Films de genre français, docus engagés, comédies british et nouveautés : Alba Films a dévoilé un line-up ambitieux lors d’une convention, en ligne mais non moins conviviale.

« Nous ne voulons pas nous enfermer dans une case et notre ligne est très éclectique », ont souligné les cofondateurs Delphine et Nicolas Rihet lors d’un Digital Day le 25 mars, suivi par de nombreux exploitants, parmi lesquels ont témoigné de leur expérience Laurence Meunier du Majestic de Compiègne ou encore David Baudry, programmateur de CGR Cinémas. Le line-up du distributeur reflète en effet une diversité à laquelle il ne nous avait pas à ce point habitués. À  commencer par des nouveautés : c’est Alba qui distribuera L’Ennemi, le nouveau film du Belge Stephan Streker (le réalisateur de Noces), avec Jérémie Renier, Alma Jodorowsky, Emmanuelle Bercot et Félix Maritaud, en compétition au dernier festival d’Angoulême. « C’est un film puissant sur la culpabilité et la passion amoureuse, qui montre surtout une vraie patte de mise en scène » selon Nicolas Rihet, qui envisage une sortie à la fin de l’année. Pas encore daté précisément non plus, Delphine et Carole insoumuses, sur la rencontre entre la comédienne Delphine Seyrig et la vidéaste Carole Roussopoulos, qui ont marqué le féminisme des années 70. Le film est soutenu par le GNCR.

Mais le distributeur veut d’abord  « proposer des films dès la réouverture », et premièrement relancer le film d’animation 100 % loup, brisé dans son élan après sa très courte sortie le 28 octobre lors de laquelle il avait néanmoins dépassé les 60 000 entrées. 
Suivra, dès le 26 mai, le thriller danois Shorta (« Flic » en langue arabe), sélectionné à la Semaine de la critique de la Mostra de Venise et qui « dans la veine des Misérables, montre le monde des flics et de la banlieue qui s’entrechoquent au Danemark ». La semaine suivante et dans une toute autre veine, place au manga Ride you wave, de Masaaki Yuasa, une comédie romantique onirique et poétique.

Films de genre made in France

Mais le programme 2021 d’Alba s’inscrit particulièrement dans le renouvellement du film de genre par les cinéastes français. Ainsi Méandre de Mathieu Turi avec Gaia Weiss, qui après son passage à Sitges, fait actuellement une carrière internationale et sortira en France le 16 juin. Pour Nicolas Rihet, « cette histoire de fille enfermée dans un tube rappelle le concept puissant de films comme Cube ». Et pour son réalisateur, « il est d’autant plus important, après le Covid, de faire un film « de salle », qui seule permet d’immerger le spectateur »Le film bénéficiera d’un partenariat avec OCS, Les Inrocks ou encore madmoiZelle.
On attendait aussi, à la veille de Noël 2020, la sortie du film d’horreur Le Calendrier. D’énormes investissements pour le distributeur, 700 000 vues sur la bande annonce pour cette histoire d’un calendrier de l’Avent maléfique, et, au dernier moment, la non-ouverture des salles. « Mais il n’était pas question de montrer ce film ailleurs qu’au cinéma. Nous avons donc décidé d’attendre un an pour le sortir en décembre 2021 », explique le directeur d’Alba, quand le réalisateur Patrick Ridremont, de son côté, « remercie les exploitants pour leur patience ».

Et cet engouement pour le film de genre ne s’arrête pas là puisqu’Alba prévoit, pour 2022, de distribuer Mastemah, tourné au fin fond de l’Aubrac sur un scénario terrifiant, mais aussi « un film de science-fiction à dimension écologique » Vesper Seeds, de la Lituanienne Kristina Buozyte et du Français Bruno Samper, réalisateurs du remarqué Vanishing Waves (2013). L’année prochaine encore, Alba sortira Seule, un thriller d’espionnage romantique avec Jeanne Balibar, premier film de Jérôme Dassier, qui a notamment collaboré avec Barbet Schroeder ou les frères Larrieu.

Des films engagés sur le « tumulte du monde »

Pour en revenir à 2021, la suite du programme est plus en prise avec le réel. Le Traducteur signé par les franco-syriens Rana Kazkaz et Anas Khalaf, sortira le 15 septembre. Delphine Rihet le décrit comme « un film coup de poing intense, qui revient sur les premières manifestations en Syrie de 2011 », et dont les réalisateurs insistent à leur tour sur l’importance que leur film soit découvert en salle, soulignant « son sujet universel dans lequel le public français pourra se reconnaître ».
Le 17 novembre, No Fathers In Kashmir nous plongera dans le climat de tension politique et religieuse au Cachemire à travers l’histoire de deux ados. « Un autre film ouvert sur le tumulte du monde, qui s’inscrit dans l’actualité brûlante » dont le distributeur tient à témoigner. Tout comme il veut partager le combat poignant d’une femme seule contre le système, avec le documentaire de Sabrina Van Tassel L’État du Texas contre Melissa, prévu en salle le 29 septembre. « Un film conçu comme un polar, sur la première femme hispanique condamnée à mort au Texas », souligne la cinéaste.

Fisherman’s Friends © Alba Films

Les distributeurs n’en oublient pas moins le divertissement, avec un film comme Mon Ninja et moi 2 le 15 décembre, mais aussi pour le 25 août la comédie britannique Sometimes Always Never de Carl Hunter, avec Bill Nighy et Sam Riley, « un petit bijou wes-andersonien » selon Delphine Rihet. 
Enfin, ce Digital Day d’Alba a permis de découvrir Fisherman’s Friends, autre comédie chantante anglaise dans la veine de Full Monty, sur l’histoire vraie de marins pêcheurs devenus stars du hit parade. Prévu le 7 juillet, « c’est le plus gros investissement d’Alba à ce jour », indiquent les distributeurs qui annoncent avoir déjà acquis la suite du film, dont le tournage vient de commencer. 

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