Entre un dialogue exploitants-distributeurs et une rencontre avec le CNC, la 3e journée du Congrès a confirmé, sans occulter les tensions, le besoin d’afficher l’unité de la filière cinéma, pour défendre sa diversité et ce qui fait société.
« Nous devons nous parler et nous écouter, nous devons faire société », introduisait le président de la Fédération nationale des cinémas français ce mercredi lors de la rencontre avec les pouvoirs publics, suivi par le président du CNC pour lequel « défendre la salle, c’est défendre ce qui fait encore société, ce qui permet de faire nation ». Et dans un contexte d’échéances électorales où le modèle même du CNC est remis en cause par certains partis, la filière cinéma doit plus que jamais se montrer unie.
Certes, il s’agit d’abord d’apaiser les tensions entre distributeurs et exploitants – et entre exploitants eux mêmes –, ce qui était l’objet d’une table ronde organisée ce 23 septembre au matin, réunissant un panel représentatif des salles et des éditeurs de films, aux côtés de la médiateure du cinéma. Sans tout dénouer, les échanges ont montré la capacité à un dialogue assez apaisé, visant à « trouver une nouvelle alliance entre distributeurs et exploitants », selon les mots de Laurence Franceschini.
Pour Gaëtan Bruel, qui a longuement fait l’éloge de la diversité des films et des salles en France, « on ne peut défendre la diversité si on ne se respecte et on ne se reconnaît pas entre nous ». Là où toute la filière s’entend en revanche, c’est sur la défense d’un modèle qui repose sur ses propres taxes. Pour Richard Patry, « le CNC est l’élément le plus structurant de notre filière : il est stupéfiant que soit remis en cause un dispositif qui marche et place la France au premier rang dans le monde. Nous devons nous battre collectivement pour que toutes les taxes affectées restent au CNC. » Si le président du CNC, lui, se doit de rester neutre auprès des groupes politiques, « le plus important, c’est que la filière soit le premier défenseur de notre modèle en l’incarnant. Personne ne conteste le système de la TSA au sein de la filière, c’est donc le moment de le faire savoir », a ainsi souligné Gaëtan Bruel.
Les salles sont prêtes à communiquer et à faire œuvre de pédagogie auprès de leur public, aux côtés des producteurs et distributeurs. La FNCF travaille ainsi sur un livre blanc à disposition des exploitants, sur des sujets à discuter avec leurs élus. La Fédération a aussi posé quatre mêmes questions à tous les candidats à la présidentielle, dont elle mettra en ligne les réponses. De leur côté, les cinéastes et producteurs de l’ARP, de l’UPC et de la SRF tournent un court-métrage sur le modèle du CNC, qui pourra être diffusé dans les salles.
Bien entendu, de nombreux sujets d’actualité ont été débattu avec les représentants du CNC, à commencer par l’éducation aux images. Alors que le sujet n’a jamais été aussi central, depuis le rapport Geffray et jusqu’au récent Sommet Lumière, on a appris le gel des 17 millions attendus pour le pass Culture. Et malgré l’engagement du CNC – 250 000 euros supplémentaires pour les coordinations, les partenariats renforcés avec les régions ou encore le fond de concours aux DRAC de 2,7 M€ –, Richard Patry déplore que « côté éducation nationale, le compte n’y est pas ».
Sur la réforme du classement art essai, des inquiétudes ont été exprimées sur les critères sélectifs ou encore l’écrêtement de l’aide, qui pourrait être partagé de façon plus équitable par toutes les salles classées. Gaëtan Bruel a rappelé que l’objectif de la réforme était de mieux reconnaître le travail de salles prenant le plus de risques et que, si le système de classement reste perfectible, il reste une aide sélective. « L’aide art et essai peut être un instrument pour répondre à toutes les difficultés financières de la salle », pas plus qu’il ne se base sur la taille de l’entreprise, mais sur le travail qui est fait.
Enfin sur la production et la mutualisation de la data, très présente cette année dans tous les échanges du Congrès, le président du CNC sait qu’il est « urgent d’avoir un vrai débat, au sein de groupe de travail dédié à la rentrée ».

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