Le comité de concertation mis en place par le CNC se penche sur la diffusion des films sous visas exceptionnels, qui doit rester… exceptionnelle.
Après les avant-premières massives et les bonnes pratiques de diffusion des films, le comité de concertation réunissant distributeurs et exploitants a publié ce 10 juillet une troisième série de préconisations, cette fois sur les visas exceptionnels.
Pour rappel, le visa exceptionnel est une disposition particulière du Code du cinéma et de l’image animée, délivré :
- aux captations de spectacles vivants ou manifestations culturelles pour un nombre illimité de séances (et pour une durée maximale de cinq ans à l’exception des séances scolaires) ;
- à toute œuvre pour un maximum de 500 séances sur un maximum de deux jours d’une même semaine cinématographique :
- ou à toute œuvre pour un maximum de 30 séances, sans limitation de durée, (jusqu’à 100 séances pour les documentaires).
Éviter les perturbations de programmation
Si le CNC souligne la contribution de ces œuvres exploitées sous visa exceptionnel, « au renouvellement des publics » et, dans le cas des captations de spectacles vivants, « à la diffusion culturelle auprès du plus grand nombre », leur développement peut aussi « perturber la diffusion des films en exploitation (lors de déprogrammations tardives notamment) » et « nuire à la carrière des films en salles, particulièrement des films les plus fragiles ».
En effet, les séances sous visa exceptionnel n’ont représenté que 0,35 % des séances et 1,09 % des entrées en 2025, mais 15 % de la totalité des titres proposés dans les salles, avec une diffusion souvent concentrée sur les jours de forte fréquentation. L’enjeu pour le comité de concertation est donc d’éviter que leur diffusion « ne vienne perturber la bonne exposition de l’ensemble des films, par leur caractère massif et parfois simultané » et qu’elle « ne soit préjudiciable aux distributeurs qui ont investi en amont dans des sorties d’œuvres cinématographiques planifiées de longue date ».
Un jour interdit et un meilleur équilibre entre salles
Le comité recommande que les séances sous visa exceptionnel consacrées aux captations de spectacles vivants ou relevant du régime des 500 séances sur deux jours ne soient plus organisées le samedi, « à l’exception des programmes diffusés en direct ». Autre préconisation : ces séances devraient être annoncées six à huit semaines à l’avance, ou au plus tard avant l’ouverture de leur commercialisation, afin d’assurer « la bonne information du public et des professionnels ». Le comité invite également les distributeurs de ces contenus, « qui demeurent maîtres de leurs plans de sorties », à rechercher « un équilibre géographique de leur diffusion en n’excluant pas systématiquement certaines typologies de cinémas ».
Autre point notable, le CNC appelle « de ses vœux la création d’un régime de sanction administrative » permettant de répondre « plus effectivement et rapidement, et de manière plus proportionnée » aux éventuels manquements, notamment par une extension des compétences de la Commission du contrôle de la réglementation. Le bilan qu’il dressera dans les prochains mois permettra de déterminer « si des actions plus contraignantes doivent être envisagées sur ce sujet ».
Retrouvez l’intégralité de la recommandation sur le site du CNC.


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