Les partenaires du Cinemas Club, nouveau nouveau point de ralliement des professionnels de l’exploitation, au cœur du Marché du Film, partagent leur vision du secteur.
Rencontre avec Lucas Prince Kloeckner,
responsable commercial Sud chez KLS, fabricant de fauteuils de cinéma
Comment percevez-vous l’évolution du marché sur votre segment ?
Depuis début 2026, nous observons une évolution nette du marché vers une logique de montée en gamme, centrée sur le confort et l’expérience spectateur. Sur le segment du siège de cinéma, la dynamique n’est plus du tout celle des années 2000/2010, marquées par une course au volume liée au développement des multiplexes. Aujourd’hui, les exploitants privilégient davantage la qualité à la quantité, avec une volonté affirmée de créer de la plus-value.
Cette transformation s’explique aussi par des réalités d’exploitation : le taux de remplissage moyen des salles reste relativement modéré notamment ces dernières années, rendant moins pertinent le maintien de grandes capacités de plus de 400 places. L’enjeu devient alors d’optimiser chaque fauteuil, en proposant une expérience différenciante.
Chez KLS VIP, cela se traduit par le développement de modèles plus larges, plus ergonomiques, intégrant des standards de confort élevés, mais aussi une attention accrue au design. L’esthétique joue un rôle clé, notamment auprès des jeunes publics, pour qui l’impact visuel et l’ambiance globale participent pleinement à l’expérience (lieux « Instagrammable »). En résumé, le marché s’oriente clairement vers une offre plus premium, où confort et identité visuelle deviennent des leviers majeurs d’attractivité.
Que représente pour vous la dimension internationale du Festival de Cannes – et du Cinemas Club ?
Le Festival de Cannes constitue un temps fort incontournable pour l’ensemble de l’industrie cinématographique. Sa dimension internationale en fait un véritable carrefour d’échanges, où se rencontrent exploitants, distributeurs et fournisseurs venus du monde entier. Pour nous, c’est une opportunité précieuse d’ouvrir le dialogue avec des acteurs de marchés étrangers, de confronter nos approches et de nous nourrir des innovations, qu’elles soient technologiques ou liées aux usages, développées dans d’autres pays.
Cette richesse culturelle et professionnelle est essentielle pour anticiper les évolutions du secteur et adapter nos offres aux attentes des exploitants, dans un contexte où l’expérience spectateur est devenue centrale.
Dans ce cadre, le Cinemas Club joue un rôle particulièrement structurant. Là où le Festival peut parfois être contraint par des agendas très denses, il offre un espace propice à des échanges plus qualitatifs et accessibles. Il facilite les rencontres, favorise les discussions de fond et permet de créer des liens durables dans un environnement plus fluide. C’est un véritable point d’ancrage au sein de l’effervescence cannoise, qui renforce la portée des interactions professionnelles.
Quelles sont les nouveautés que vous présentez cette année ?
Dans la continuité des évolutions observées sur le marché, nous souhaitons présenter aux exploitants des solutions pleinement orientées vers le confort et la différenciation. La salle Lérins du Cinemas Club illustre parfaitement cette dynamique, avec l’intégration de canapés plus larges et plus généreux que les fauteuils traditionnels. Ce type d’installation, encore récent en France, s’inscrit progressivement dans l’offre premium des salles. Des réalisations comme Frontignan ou le Lincoln en sont de bons exemples, avec des retours très encourageants, tant sur le confort perçu que sur l’identité visuelle apportée.
Ce modèle nous paraît particulièrement pertinent pour des salles à basse capacité, où l’expérience proposée devient un levier clé d’attractivité. Il permet de redonner de la valeur à ces espaces, parfois moins mis en avant, en proposant une expérience plus qualitative et différenciante.
Par ailleurs, depuis la reprise de Kleslo et la création de KLS VIP, nous avons également pris le virage des fauteuils recliners. Si le marché français aborde encore cette évolution avec mesure, elle est déjà largement adoptée dans d’autres territoires, notamment aux États-Unis, où ces standards sont devenus incontournables. Historiquement, ces innovations traversent l’Atlantique avec quelques années de décalage, et nous sommes déjà prêts à accompagner cette transition le moment venu, avec des solutions maîtrisées et adaptées.
Enfin, nous continuons bien entendu à développer nos gammes de fauteuils relevables et clubs, afin de proposer des alternatives équilibrées. L’objectif reste d’offrir aux exploitants une palette de solutions cohérentes, alliant confort, design et maîtrise des investissements.
Quel est votre meilleur souvenir – racontable – du Festival de Cannes ?
Il est vrai que, de par mon jeune âge, j’ai encore un peu moins de vécu que certains sur le Festival de Cannes, puisque ce n’est que mon deuxième avec KLS VIP. Pourtant, j’ai l’impression d’avoir grandi avec cet événement. Dans ma famille, et notamment avec mon grand-père et mon père, Alain et Ludovic Kloeckner, le Festival a toujours été un moment clé de l’année. Enfant, cela signifiait surtout deux choses : rester à la maison avec ma sœur, gardé par ma mère pendant deux semaines… et constater, non sans une certaine frustration, que la piscine et le jacuzzi de mon grand-père devenaient soudainement inaccessibles de part son absence !
Plus récemment, un souvenir me revient, un peu plus embarrassant mais racontable ! Il y a quelques années, à l’époque où le bateau des exploitants était encore présent pendant le Festival (un projet soutenu par plusieurs fournisseurs, dont Kleslo), j’étais étudiant à Nice et passais régulièrement à Cannes. Un soir, en me promenant sur la Croisette avec une copine, je me suis laissé emporter par l’ambiance et, avec beaucoup d’assurance, je lui ai désigné le bateau en question en lui expliquant que c’était celui de ma famille plus précisément de mon grand-père et que nous pourrions y passer un week-end cet été.
Sur le moment, la démonstration était plutôt convaincante… mais avec le recul, j’ai surtout eu beaucoup de chance qu’elle ne prenne jamais cette invitation au sérieux ! Disons que cela reste un souvenir amusant, qui illustre bien la magie et parfois les petits excès d’imagination que peut susciter le Festival de Cannes.


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