Lors de l’assemblée générale de l’Association française des cinémas art et essai, ce lundi à Cannes, le président du CNC a appelé à la solidarité au sein de la filière.
« La diffusion des œuvres les plus belles, auprès d’un public le plus large, est un enjeu politique au sens le plus noble du terme », et elle est au cœur de la mission du CNC, comme l’a souligné son président en intervenant, ce matin à Cannes, lors de l’assemblée générale de l’AFCAE. Gaëtan Bruel a rappelé le contexte de la fréquentation, réjouissante sur ces premiers mois de 2026, mais dont le retard ces dernières années peut accentuer les tensions, et le contexte politique. « On sort d’une année avec deux amendements demandant la suppression du CNC » et « je vous invite à être à la fois mobilisés et sereins ».
Face aux attaques « outrancières » dont le Centre a fait l’objet, son président sait que les exploitants peuvent faire œuvre de pédagogie auprès de leur public et « parler aux citoyens ». Mais il invite au dialogue et à la solidarité au sein de la filière : « À l’approche d’échéance politiques majeures, nous avons besoin de faire front commun, pas de nourrir des tensions dont nous sortirons tous perdants. »
En effet, « les conflits dans certaines zones à concurrence ont atteint une ampleur préoccupante qui nuit à l’ensemble de la filière ». L’objet du comité de concertation distributeurs-exploitants est le lieu pour en parler, et si sa deuxième recommandation « a pu décevoir », le rappel des principes de programmation fournit la base d’un travail plus ambitieux. Le président du CNC reconnaît toutefois que le dialogue ne suffit pas toujours, comme le montrent les récentes révélations du Monde. « Qu’elle ait produit des effets ou non, c’est contraire à l’intérêt général et aux principes fondamentaux qui régissent notre filière », a souligné Gaëtan Bruel, qui a pour rappel immédiatement saisi la Médiateure du cinéma – ce qu’aucune salle n’avait fait à ce sujet. Dès le 7 mai, Laurence Franceschini a prononcé une injonction à l’encontre de Megarama, et le président du CNC assure que « nous irons ensemble aussi loin que nécessaire pour que ces pratiques cessent ».
Pour autant, l’étalage dans la presse est négatif. « Au moment où notre modèle est attaqué quotidiennement, n’attisons pas les tensions dans les médias publics ». Le président du CNC rappelle que les salles municipales ne volent pas d’entrées aux gros circuits, et que si les salles art et essai travaillent à former les jeunes spectateurs qui vont ensuite dans les multiplexes, il y voit « la solidarité et la complémentarité de la filière ». Le véritable enjeu pour Gaëtan Bruel est, alors, « de retrouver l’unité de la filière cinématographique. Nous devons faire preuve de solidarité pour l’intérêt général et l’accès à la culture de tous, et nous avons des cadres appropriés pour trouver des solutions ».
Le président du CNC a également salué les « résultats positifs » de la réforme art et essai, qui n’a exclu aucun cinéma, et dont Lionel Bertinet a dressé les contours. Le directeur du cinéma du CNC a ainsi annoncé que 1 357 cinémas sont classés à l’issue des commissions régionales 2026. Le montant des aides proposées par ces commissions s’élève à 20,82 M€, abaissé à 19,59 M€ après un ajustement de 8,4 % du Centre, « afin de garder un budget suffisant pour la commission d’appel d’automne ». Le montant est donc supérieur de 10 000 € aux aides de 2025, qui avaient connu un ajustement budgétaire de 5,5 %. Une situation qui interroge Guillaume Bachy au regard des prochaines années, alors que de plus en plus de cinémas sont classés, mais que l’enveloppe allouée à l’art et essai n’évolue pas.
De son côté, Lionel Bertinet a précisé les prochains calendriers de dépôt de dossier pour le classement art et essai. Le formulaire pour 2027 sera ouvert du 21 septembre au 30 novembre, pour une reconduction du classement 2026 – sauf cas particuliers sur la période de référence du 2 juillet 2025 au 30 juin 2026. Concernant le classement 2028, pour la période du 2 juillet 2026 au 29 juin 2027, les questionnaires ouvriront dès le 25 mai 2026 au lendemain du Festival de Cannes, pour une transmission des demandes entre le 6 septembre et le 8 novembre 2027. Les exploitants, qui réclamaient plus de temps, auront donc 17 mois pour remplir leur dossier.
Enfin, sur le terrain des collectivités, le président du CNC a rappelé son projet de partenariat renforcé avec les Régions les plus engagées, notamment dans la diffusion et l’éducation aux images. On attend de bonnes nouvelles, qui seront annoncées dans la journée.
Plus d’informations dans le Boxoffice Pro du 27 mai 2026.
Cécile Vargoz et Jules Dreyfus


Partager cet article