Trente ans après sa sortie, le drame culte de Mike Figgis revient dans les salles le 20 mai prochain, sous bannière Dulac Distribution. Pour l’accompagner et séduire une nouvelle génération, le distributeur mise sur la romance et l’événementialisation.
La diffusion du répertoire n’est pas nouvelle chez La Maison Dulac. De Lola Montès de Max Ophuls à Lola de Jacques Demy, en passant par Le Roi et l’Oiseau ou les films de Jean-Pierre Melville, « Sophie Dulac et Michel Zana avaient déjà initié tout un travail de rééditions en salles, complètement dans l’ADN de Dulac », rappelle le directeur de la programmation Eric Jolivalt. Après Un homme et une femme de Claude Lelouch proposé aux salles en mai 2019, Leaving Las Vegas marque donc le retour de Dulac Distribution sur le terrain du patrimoine, avec l’ambition d’ajouter un ou deux titres à sa dizaine d’inédits annuels.
Pour faire (re)découvrir le film de Mike Figgis, l’équipe marketing a choisi de laisser de côté sa noirceur suicidaire au profit de sa puissance romanesque. « Nous avons modifié le synopsis, qui révélait la fin du film à l’époque, pour nous focaliser davantage sur cette histoire d’amour passionnelle et capitaliser sur la figure de Nicolas Cage, dans le rôle qui lui a fait remporter l’unique Oscar de sa vie », détaille la directrice marketing Sara Bleger. Pour accompagner les salles, Dulac Distribution a d’ailleurs prévu des masques à l’effigie de l’acteur, des stickers du couple, et des formats vidéos ludiques pensés pour les réseaux sociaux, « comme un « Où est Charlie ? »… version Las Vegas ». Le distributeur a par ailleurs pris la décision d’ajouter un carton d’avertissement sur les scènes de VHSS que comporte le film, « qui peuvent notamment choquer le public jeune d’aujourd’hui. Il nous semblait important de prévenir les spectateurs », estime Sara Bleger.
Pour sa ressortie, Leaving Las Vegas va s’appuyer sur la forte dynamique événementielle lancée dans les salles du réseau Dulac, mais conçue pour inspirer l’ensemble des exploitants. La projection du 27 avril, au Reflet Médicis, a ainsi accueilli un concours de déguisements de rôles de Nicolas Cage (après le concours de sosies Timothée Chalamet en février à l’occasion des projections en 70 mm de Marty Supreme à l’Arlequin). Plus tôt, pour l’avant-première du 17 avril, l’Arlequin avait été transformé en casino avec de véritables tables de jeu dans le hall et une soirée cocktails – dont le mocktail “Nicolas Sage” – qui attendait les spectateurs à la sortie du débat avec Mike Figgis.
Autant d’événements qui, comme le souligne Eric Jolivalt, permettent au réalisateur de « revenir dans les radars cinéphiles », et à la Maison Dulac de faire concorder « ses talents en matière d’exploitation et de distribution ». Le distributeur prévoit une combinaison d’une trentaine de copies au démarrage, pour un travail de fond qui portera ses fruits sur la durée. « Le cinéma d’Ibos, dans les Hautes-Pyrénées, a déjà prévu de le programmer une séance par semaine tout l’été, car c’est le film de chevet de son directeur », se réjouit en outre Eric Jolivalt. Pour son prochain rendez-vous patrimoine, Dulac Distribution s’associera à UGC pour la ressortie des Nuits fauves de Cyril Collard, datée au 2 décembre, « avec la possibilité d’organiser des séances dès la Journée mondiale de lutte contre le Sida du 1er décembre », et la conviction que « ce film qui a marqué toute une génération saura recouvrer sa puissance formelle auprès des jeunes d’aujourd’hui ».


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