Alors que la fréquentation 2026 affichait d’excellents résultats, le troisième mois de l’année marque une nette inflexion.
12,89 millions (M) d’entrées ont été enregistrées dans les cinémas en mars 2026, d’après les estimations du CNC. La fréquentation descend à son deuxième plus bas niveau post-Covid après 2025 (12,72 M), ce qui contraste grandement avec la dynamique de janvier et février. Précisément, mars recule de 28,1 % par rapport à février, soit la baisse la plus importante observée à ce stade de l’année depuis 2006 – hors 2020 –, quand les entrées avaient chuté de 34,4 % pour atterrir à 14,98 M. Pour l’heure, 2026 cumule toutefois 46,69 M de billets, soit le deuxième meilleur total post-Covid, après les 48,61 M de 2023. Cela reste cependant 22,8 % en-dessous de la moyenne 2017-2019 (60,5 M d’entrées). L’année glissante (avril 2025 à mars 2026) pointe quant à elle à 162 M d’entrées, contre 178,48 M sur la période avril 2024-mars 2025.

Au total, 65 longs métrages inédits sont sortis en mars ; 8 américains et 36 français, contre respectivement 7 et 37 le même mois de 2025. Ces nouveautés n’ont pas suscité l’engouement des deux premiers mois de l’année : sur leur semaine d’ouverture, les titres du top 10 affichent une moyenne de 19 entrées par séance (e/s), contre 30 e/s en février et 21 e/s en janvier. Seuls Projet Dernière Chance et Les Rayons et les Ombres ont dépassé les 25 e/s sur leur première semaine, grâce notamment au coup de boost du Printemps du Cinéma qui, avec 2 M de spectateurs, marque toutefois un recul par rapport à 2025.
Contrairement aux années précédentes, mars a manqué d’un titre américain à plus de 2 M d’entrées. C’était le cas en 2024 avec Dune : Deuxième partie, en 2023 avec Creed III, en 2022 avec The Batman, en 2019 avec Captain Marvel, voire en 2017 avec Logan. Ici, Jumpers dépasse tout juste le million, et Projet Dernière Chance ne semble pas être parti pour atteindre ce cap. L’offre étasunienne, comme illustré lors du bilan des vacances d’hiver, n’a pas encore fourni de films majeures comparables à Zootopie 2, Avatar 3 ou La Femme de ménage fin 2025. Certaines sorties ont néanmoins connu un beau succès comme Scream 7, ainsi que la continuation de Marty Supreme. La production française, quoique moins colorée, reste teintée de solides performances comme Chers parents, La Maison des femmes et Alter Ego, sans oublier le Marsupilami qui écoule plus d’un million de tickets sur le mois.
Avril est généralement une période où la fréquentation redémarre, grâce entre autres aux vacances de printemps. Une dynamique absente en 2024 et 2025, qui ont chacun enregistré moins de 12 M d’entrées. 2023 demeure le meilleur résultat post-Covid avec 18,61 M de spectateurs, soit un résultat supérieur à la moyenne 2017-2019 de 18,5 M d’entrées.
Il va sans dire que l’offre d’avril 2026 est, sur le papier, l’une des plus denses de 2026, comme l’évoquait Sylvain Bethenod de Vertigo Research en début d’année. Il y aura plusieurs suites majeures : Super Mario Galaxy, suite du leader du box-office français en 2023 avec 7,3 M d’entrées, Cocorico 2, après un premier volet à près de 2 M d’entrées, et Le Diable s’habille en Prada, 20 ans après le premier film qui a dépassé les 2 M de spectateurs. Éric Toledano et Olivier Nakache signent leur retour avec Juste une illusion, une semaine avant Michael d’Antoine Fuqua. On notera, parmi les propositions tricolores, Compostelle de Yann Samuell, Mauvaise pioche de Gérard Jugnot, L’Enfant du désert de Gilles de Maistre, Une fille en or de Jean-Luc Gaget et La Poupée de Sophie Beaulieu. Sans oublier The Drama de Kristoffer Borgli, Plus fort que moi de Kirk Jones, Yellow Letters d’İlker Çatak, Romería de Carla Simón, La Corde au cou de Gus Van Sant…


Partager cet article