CST/Inclusiv’ : un parcours en 4 modules

Le cinéma ABC de Toulouse a accueilli la formation CST, organisée dans la région © CST

Mieux accueillir les publics en situation de handicap est d’abord un enjeu humain et sociétal, c’est aussi une obligation légale depuis 2015. Parmi les formations proposées par les associations, celle de la CST s’adresse particulièrement aux personnels et médiateurs des cinémas.

Lancée en 2023, en partenariat avec Inclusiv’ et soutenue par Retour d’Image et Ciné Sens, la formation de la CST se décline en 4 modules – Technique, Programmation, Communication, Accueil et Médiation –, qui peuvent être suivis dans leur ensemble ou séparément. Elle gagne du terrain avec, en 2025, 9 sessions pour 70 professionnels formés, principalement à Paris dans les locaux de la CST, mais aussi en régions. Ainsi dans celle de Toulouse, où « les équipes d’Inclusiv et de Retour d’Images sont descendues quatre fois », souligne Mathieu Guetta, référent exploitation à la CST et impliqué dans la pédagogie des 4 modules. Un « vrai succès », pour une quarantaine de professionnels formés, accueillis aux cinémas ABC (photo) et Véo Muret.  

Une journée a aussi été organisée au Café des Images à Hérouville-Saint-Clair, à sa demande. « Le module programmation ayant déjà été suivi par les responsables, nous avons synthétisé les aspects techniques, accueil et communication inclusive sur une journée, pour la totalité des personnels, y compris ceux du bar, ce qui témoigne d’une dynamique complète au sein de l’équipe. »

Clarifier les aspects techniques

Des équipes auxquelles il manque souvent des « idées claires », selon Mathieu Guetta, sur la partie technique. « Les opérateurs des salles mélangent souvent les différentes solutions, d’autant que les termes indiqués sur les DCP ne sont pas ceux utilisés dans le langage courant : OCAP (Open Caption), pour les sous-titrages sourds et malentendants (SME) qui s’affichent à l’écran, et CCAP (Closed Caption), pour les sous-titres SME sur des appareils individuels. VI (Visual Impaired) désigne l’audiodescription sur le DCP, et HI (Hearing Impaired) le renfort sonore. » La formation détaille aussi l’ensemble des solutions techniques disponibles aujourd’hui sur le marché français, alors que l’on est dans une période de transition. « Beaucoup des solutions sur lesquelles les exploitants avaient misé, qui reposaient sur les ondes HF, sont aujourd’hui progressivement abandonnées, à cause de l’obsolescence du matériel mais aussi de l’abandon des ondes radio. La tendance est de les remplacer par des systèmes qui fonctionnent soit en Wi-Fi, soit à l’avenir avec de l’Auracast, un bluetooth qui n’est plus un one to one, mais un émetteur vers plusieurs récepteurs. Dans ce cas, les spectateurs utilisent leur smartphone ou une application pour capter le signal. »

Car on voit aussi arriver des applications autonomes, sur des plateformes où le public peut charger sa version accessible avant d’aller au cinéma, qui va se synchroniser automatiquement au démarrage de la projection. C’est le cas de Greta (chez Megarama, Pathé, UGC…), de CinéAccess (chez CGR), mais aussi de La Bavarde et de Movie Reading pour la VAST (Version originale audio sous-titrée). « Ainsi, de plus en plus, la salle est propriétaire de son émetteur et le spectateur vient avec son propre récepteur. Beaucoup d’exploitants doivent racheter du matériel et sont un petit peu perdus », d’où l’intérêt de cette session technique. Elle aborde aussi l’accessibilité pour les PMR, avec un architecte de l’ADRC qui rappelle les dispositions nécessaires et l’obligation légale de tenir un registre d’accessibilité.

Programmer et communiquer, avec les distributeurs

Le module programmation accueille aussi les distributeurs, pour aider à préparer en amont une séance accessible. La chaîne de fabrication des différentes versions, le rôle des producteurs, des éditeurs et des exploitants, et les outils (Cinedi, les sites des associations…). « L’équipe de Condor est venue pour Sorda, ce qui a nourri une réflexion en profondeur sur la façon de communiquer en amont sur les versions accessibles, notamment en VO. Et surtout, « le dialogue entre distributeur et exploitant a été extrêmement fructueux ».

La partie communication de la formation est aussi essentielle en ce qu’elle apprend à communiquer de façon accessible, en faisant remonter les informations sur sa newsletter et son site et, « par exemple, les rendre compréhensibles par une liseuse pour personnes malvoyantes ». Quant au module Accueil et Médiation, « il est important de rappeler qu’il est obligatoire pour les professionnels des établissements accueillant plus de 200 personnes ». 

Mathieu Guetta souligne que les 4 modules de formation sont parfois suivis par la même personne, dans le cas d’un mono écran, ou parfois par un même cinéma mais à travers quatre interlocuteurs différents, en fonction du poste occupé. Certes, il n’est pas toujours simple pour les salles de se déplacer ou de consacrer du temps à se former, sachant que les exploitants « ont la tête dans le guidon sur de multiples sujets », reconnaît le référent de la CST. « Mais il faut tendre vers l’exemplarité, et la formation donne aussi l’occasion d’échanger et de partager son expérience ». D’autant plus que, hormis les sessions datées à Paris jusqu’en décembre 2026, la formation peut se déplacer à domicile : une ou deux journées sont en préparation entre Montpellier et Perpignan, pour rassembler plusieurs salles du territoire.

Le cinéma ABC de Toulouse a accueilli la formation CST, organisée dans la région © CST

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