CDACi : feu vert pour un cinéma Apollo à Sedan

© Aquilone Studio

Le projet a reçu, ce 11 mars, l’aval de la Commission d’aménagement cinématographique des Ardennes.

L’Apollo porté par la famille Thirriot, destiné à remplacer leur historique Turenne (3 salles), prendra place sur le site, désormais rasé, d’un ancien collège. Situé à l’une des entrées de la ville, le nouveau cinéma entend capter un bassin de spectateurs élargi grâce à sa proximité à l’axe autoroutier reliant la Belgique à Charleville-Mézières. En somme, un cinéma « ouvert sur le pays sedanais, voire à la Belgique dont la frontière n’est qu’à 20 km, mais également en lien direct avec le centre-ville », explique François Thirriot. De fait, l’Apollo est à juste 1,8 km de la gare et bénéficiera d’une desserte « efficace » en termes de mobilités, entre les transports publics, la voie verte et son parking gratuit.

Conçu par le cabinet parisien Aquilone Studio dirigé par Romain Delatre, le bâtiment adoptera une structure métallique et intégrera plusieurs dispositifs environnementaux : panneaux photovoltaïques en toiture, récupération des eaux de pluie et parking perméable, avec bornes de recharge électrique. À l’intérieur, dans la continuité du travail mené à terme dans son Métropolis de Charleville-Mézières l’année dernière, l’exploitant proposera 130 cm d’espacement entre les rangées et des fauteuils de 65 cm de large, « pour un grand confort, mais raisonnable », précise François Thirriot. « L’objectif est de rester dans des prix abordables, ce qui est une vraie question aujourd’hui, d’autant plus que nous sommes seuls sur la zone. »

Classé art et essai depuis deux ans, le Turenne a déjà amorcé une évolution éditoriale que le nouvel établissement doit amplifier. « Avec cinq écrans, nous pourrons proposer une diversité plus aboutie, et également viser les labels Jeune public et Patrimoine », explique François Thirriot. Entre le Métropolis de Charleville-Mézière, situé à moins de 20 km, et l’Apollo de Sedan, « où les comédies françaises fonctionnent particulièrement bien », la programmation sera complémentaire « et égalitaire » sur la répartition des films porteurs. 

Le projet représente un investissement prévisionnel d’environ 4,5 millions d’euros, qui bénéficie déjà du soutien de la Ville et de la Communauté d’agglomération, en attendant ceux du Département, de la Région et l’aide sélective du CNC en cours d’instruction. Après les 55 000 en moyenne que réalisait le Turenne ces dernières années (« sur ses trois salles, dont une petite de 47 places, et ses 5 jours d’ouverture hebdomadaire »), l’étude de marché réalisée par le cabinet Ciné Conseil, estime le potentiel de l’Apollo à 150 000 entrées annuelles. Son ouverture marquera la fin de l’exploitation du Turenne, vendu à la municipalité, qui le destine à une reconversion en casino, tout en conservant la façade historique.

Sous réserve des différents délais administratifs, François Thirriot et son fils Julien Thirriot visent un début de chantier pour le début d’été, et une ouverture de l’Apollo en fin d’année 2026. 

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